Classée par la justice, l’affaire Julien Bayou est loin d’être refermée par les politiques. Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio ce mardi 11 mars 2025, la députée EELV Sandrine Rousseau a estimé qu’il n’y avait pas eu de « chasse à l’homme » au sein de son parti contre son ancien chef, comme il n’y avait pas eu de « complicité de sorcières à l’intérieur du parti ».
Sandrine Rousseau réfute toute « vengeance politique »
En 2022, la parlementaire féministe avait à l’origine publiquement protesté contre l’absence de réaction de son parti face aux signalements de femmes visant Julien Bayou pour harcèlement moral et abus de faiblesse. Ce dernier avait quitté le parti écologiste à la suite de cette affaire et n’avait pas pu se représenter aux législatives en 2024. En janvier 2025, la procédure pour harcèlement moral et abus de faiblesse le visant, ouverte après une plainte de son ex-compagne, également militante du parti, a été classée sans suite pour « absence d’infraction ».
La fin d’un long calvaire a réagi dans un premier temps l’ex-député de Paris, avant de prévenir lors d’un point presse, fin février : « À chaque nouveau harcèlement et (..) à chaque nouvelle négation de mon innocence, – et je compte sur quelques écologistes pour franchir la ligne jaune à mon égard —, ce dossier est nourri et finira par des condamnations. » Une pique notamment à Sandrine Rousseau, qui avait remis en cause les conclusions des deux enquêtes internes.
Au micro de Jean-Jacques Bourdin, la députée est restée campée sur ses positions. « Il y a eu des articles, plusieurs femmes se sont exprimées », qui « ont toutes décrit des comportements qui n’étaient pas respectueux des femmes à l’intérieur du parti », a-t-elle rappelé, assurant également qu’il n’y avait pas de « vengeance politique ».
« Si des femmes arrivent à l’intérieur du parti et que, par exemple, certaines ont subi des violences dans leur enfance ou des violences conjugales […] et qu’elles sont de nouveau confrontées à des comportements qui ravivent chez elles – même s’ils ne tombent pas sous le coup de la loi – des traumatismes », elles auront « le réflexe de protection » de quitter le parti, a-t-elle détaillé.
« Moi, je veux que notre parti soit un espace où elles se sentent bien et où leur voix est importante », a argumenté Sandrine Rousseau.
Alors que Julien Bayou a déploré avoir « tout perdu » dans cette affaire, notamment sa carrière, la députée a expliqué n’avoir « rien brisé du tout, ça suffit » et fermement opposé qu’elle « ne demanderait pas pardon ». À la question faut-il réhabiliter Julien Bayou, elle a toutefois concédé que « cela fai [sait] partie des discussions que nous devons avoir à l’intérieur de notre parti ».
avec AFP
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