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« On s’est dit les choses dans les yeux à la mi-temps »



Titulaire pour la première fois dans ce Tournoi des 6 Nations 2025 à l’occasion du choc décisif contre l’Écosse, Maxime Lucu a parfaitement géré la succession d’Antoine Dupont, gravement blessé. Le demi de mêlée de Bordeaux, qui s’est envoyé comme un beau diable en défense, a notamment évoqué les mots qui avaient résonné dans le vestiaire des Bleus à la mi-temps, mais aussi la valeur de ce trophée à ses yeux.

Gérer l’après-Dublin et succéder à Dupont

« J’ai décidé de vite passer à autre chose après Dublin (et son excellente entrée en jeu après la blessure de Dupont, NDLR) car je savais que ce serait un tout autre match. J’ai digéré, car il n’y avait rien de banal de gagner en Irlande, mais le danger aurait été de se focaliser que sur ça. Et puis, l’Écosse, offensivement, sait être dangereuse, et nous en étions conscients. Je suis vite passé à autre chose, car l’objectif premier, c’était de gagner un titre ».

L’action d’entrée où Ntamack perce et ne le sert pas

« J’appelle Romain, mais ensuite je lui dis de la garder car je sens quelqu’un revenir très vite dans mon dos. Je lui dis aussi de faire si possible un offload, et c’est ce qu’il parvient à faire. S’il me la donnait, je pense que j’aurais été plaqué et le soutien trop en retard. C’était juste de l’intelligence car j’ai moins de cannes que les ailiers, il fallait juste être patient. C’est dommage derrière de faire un en-avant (Flament, NDLR) car je pense que si on conserve le ballon, il y a clairement le feu pour l’Écosse à l’extérieur ».

Sa défense agressive et son 11/11 aux plaquages

« C’était une consigne. L’Écosse est l’équipe qui garde le plus le ballon, et tape le moins. Sur les extérieurs, ils sont performants, avec de gros athlètes, donc on se devait de fermer fort dès le départ. Par moments, cela a été bien fait ; d’autres moins bien. Oui, la défense est un atout que j’ai dans mon jeu, certes pas forcément le plus beau, mais j’essaie de donner de cette capacité-là, et notamment sur ces deux matchs qui étaient importants. J’ai essayé de combler, des fois c’était à la limite, mais je travaille beaucoup ce rôle ».

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La nervosité des Bleus en première période

« À la mi-temps, on s’est posé. Et c’est là où ce groupe est incroyable : on s’est calmé, on s’est dit les choses dans les yeux et d’amener un peu de colère, nous savions que nous étions en dedans et qu’il y avait cette pression du résultat. Nous n’arrivions pas à nous lâcher. Il fallait juste remettre certaines choses dans l’ordre, et cet essai de Louis Bielle-Biarrey nous fait beaucoup de bien. L’entrée du banc, ça a eu un apport incroyable ».

Le carton jaune de Mauvaka

« Nous sortions de 20 minutes où les Écossais mettaient énormément de pression dans les rucks, étant quelques fois à la limite de la tricherie. Je pense qu’il aurait pu écoper d’un jaune supplémentaire dans ce début de match. Là, sur le coup, Grégory Alldritt récupère une pénalité, leur n°9 vient chercher le ballon… Ce fut une accumulation de gestes, pas forcément réprimandés par l’arbitre, et je pense que nous avons voulu nous rebeller. Mais pas de cette façon-là, cela n’est pas à faire. Cela nous a montré qu’il fallait rester froids ».

La valeur de ce trophée

« Cela représente énormément pour moi. J’ai 32 ans, j’avance dans ma carrière. Je n’ai pas gagné beaucoup de titres, hormis le Grand Chelem de 2022. Ce n’est pas anodin de rajouter un trophée dans l’armoire. Je suis très heureux ».

Clément MAZELLA, envoyé spécial au Stade de France



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