« On aurait aimé être les premiers. » C’est ainsi que des surveillants pénitentiaires de Condé-sur-Sarthe ont accueilli la réponse du Garde des Sceaux à son choix du site pilote pour accueillir les cent plus gros narcotrafiquants.
Il l’a donnée jeudi 6 mars sur le plateau du JT de 20 h de France 2. « J’ai décidé de frapper fort et ce sera finalement deux sites : Vendin-le-Vieil, dès le mois de juillet, puis Condé-sur-Sarthe, dès le 15 octobre », a déclaré Gérald Darmanin.
Pas les mêmes travaux dans chacune des deux centrales sécuritaires
La prison sécuritaire de l’Orne est donc bel et bien retenue dans le choix du ministre de la Justice mais connaîtra un léger différé dans sa mise en service.
On va attendre notre tour mais ce n’est pas plus mal pour ouvrir correctement parce qu’à deux mois d’intervalle, on aura déjà un peu de recul sur leurs difficultés.
Avant cela, chacun des deux sites va connaître des travaux « pour rendre totalement hermétiques les deux prisons », a aussi annoncé le Garde des Sceaux. Montant mis à disposition de chacune des deux centrales sécuritaires : 4 M€.
« Ce ne sont pas les mêmes travaux à réaliser à Vendin et à Condé. Celle du Pas-de-Calais est totalement sécurisée et ceinte à l’extérieur mais n’a pas encore de portique à ondes millimétriques que nous avions obtenu, nous, après la prise d’otages de 2019. Globalement, ce sont deux prisons identiques, les différences se limitent à des détails qu’il va falloir corriger sur chaque site », poursuit l’agent pénitentiaire syndiqué FO.
« Il manque déjà 20 agents à Condé en ce moment »
Mais il se fait plus inquiet sur les moyens humains même si le Garde des Sceaux a d’ores et déjà annoncé des renforts et un temps de formation.
Il nous manque déjà vingt agents pénitentiaires à l’organigramme avec l’effectif de détenus présents à Condé en ce moment.
Il espère donc une remise à flot avant l’arrivée de renforts pour la prison des narcotrafiquants. « Les moyens humains à l’intérieur, c’est important, mais il en faudra aussi à l’extérieur », rappelle le syndiqué non sans pointer du doigt « la construction de la gendarmerie pas très loin » : « C’est l’occasion de renforcer aussi leurs effectifs car ils pourront aussi participer à la protection de nos collègues ».
« Ne plus mélanger le voleur et le grand banditisme »
Cela dit, le représentant de FO Justice se dit satisfait de voir poindre une classification des établissements. « On la demande depuis si longtemps afin de ne pas mélanger le grand banditisme avec les petits voleurs parce qu’en prison, un petit délinquant peut rapidement devenir un dealer en développant son réseau. »
L’isolement et le régime de détention sont également d’autres points que le secrétaire local FO Justice du centre pénitentiaire de Condé espèrent voir aborder avant la mise en service de ces deux sites dédiés aux narcotrafiquants.
Une quinzaine de policiers espérés
Du côté de la Police, à Alençon, le directeur départemental Renato Cavarelli a adressé ses souhaits à ses supérieurs « dès l’annonce du choix des prisons ». Dans l’idéal, « une quinzaine de policiers supplémentaires » permettraient de faire face après l’accueil des narcotrafiquants à la prison de Condé.
« Il me faut renforcer le GSP qui assure notamment les escortes, mais aussi les motards, l’unité d’enquête et la Bac », détaille le commissaire Cavarelli. Notamment parce qu’il existe « un protocole particulier pour les détenus particulièrement signalés qui mobilise un nombre d’agents minimum ».
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