Le nom d’Antrain vient du latin Interamnes, « entre les rivières ». Les récentes crues et inondations ont aidé à s’en souvenir, avec les débordements enregistrés dans la commune, aujourd’hui commune déléguée de Val-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Le cœur historique d’Antrain est en effet cerné par deux cours d’eau, le Couesnon et son affluent la Loisance. La confluence se fait au nord du bourg, direction la baie du Mont-Saint-Michel. Le samedi 25 janvier, rien ne s’est passé comme d’habitude.
Un débit record sur la Loisance
Lors de crues habituelles, des centaines d’hectares de prairies sont inondées en amont et en aval d’Antrain, sans conséquences importantes.
Le samedi 25 janvier, en revanche, situation exceptionnelle. Les fortes pluies des jours précédents ont saturé les cours d’eau et le quartier de la Gare, traversé par la Loisance, a été touché par deux inondations de maison, et des débordements dans des jardins.
Une situation exceptionnelle illustrée par le record de débit d’eau battu en amont d’Antrain, au Moulin-Neuf. Le syndicat du Couesnon a relevé un débit de 13, 7 m3/seconde, du jamais vu depuis le début des mesures, en 1968.
Meubles surélevés près du Couesnon
Il était alors 9 h 25. Une heure à laquelle les élus de Val-Couesnon étaient en alerte avec les sapeurs pompiers, dans le quartier de la Gare. Barrage de la rue de Pontorson, proposition d’aide et de relogement aux habitants des maisons touchées, mobilisation de matériel pour parer à la montée des eaux…
D’autres secteurs de la commune ont nécessité des mesures particulières.
À Tremblay, la route du Pont à vis a été fermée : elle était couverte d’eau.
Au Vieux-Pont, au bord du Couesnon entre Antrain et la Fontenelle, les élus ont élevé le mobilier d’une dame âgée de 92 ans, par précaution.
Des propositions d’aide ont aussi été faites aux habitants du lieu-dit La Motte. Une habitation isolée en plein milieu du marais de la Folie, rendue inaccessible par la route jusqu’au lendemain.
« Des rondes ont été réalisées dans ce secteur pendant ces deux jours, avec aussi des coups de téléphone pour vérifier si tout allait bien » décrit Michel Viallard, conseiller municipal délégué à la sécurité.
Finalement, sur la Loisance, l’eau a commencé à redescendre en milieu de journée du samedi. « On était bien content de le constater vers midi » témoigne le maire, Emmanuel Houdus.
« Sensibiliser les habitants aux alertes »
Bilan de l’épisode ?
On était prêts. Même si cette situation a été très exceptionnelle, cela nous renforce cependant dans notre organisation. La communication va encore être améliorée. Les alertes qui nous arrivent de la préfecture pourront par exemple être adressées directement aux riverains des rivières, sous forme de SMS.
Autre constat : la solidarité entre voisins et habitants a joué. « Des proches des habitants des deux maisons inondées le sont accueillis le temps du sinistre. Un entrepreneur local nous aussi proposé une moto pompe… »
Il faudra en revanche « sensibiliser les habitants aux alertes », car quelques incivilités ont été relevées pendant l’épisode. «
Au Pont à vis, par exemple, des panneaux d’interdiction de passage ont disparu ou déplacés. On a dû les remplacer. La rue de Pontorson mais certains n’en ont pas tenu compte…
Depuis plus de quarante ans ?
Selon divers témoignages, il faudrait remonter aux années 1981 ou 1982 pour enregistrer une telle montée de la Loisance.
Des Valaisiens nous ont dit aussi qu’il faut six heures de délai au Couesnon pour réagir lorsque La Loisance est en crue ou en décrue. On pourra s’en souvenir.
Les élus saluent aussi « la sagesse du passé » : à Tremblay comme à Antrain on trouve très peu de constructions très près des rivières, et l’urbanisation a évité les zones à risque.
« Nous n’avons d’ailleurs pas connaissance d’un classement de zones inondables sur la commune. Plusieurs centaines d’hectares sont pourtant régulièrement inondées » évoquent les élus. Mais comme en général tout se passe bien…
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