« Je crois que j’ai besoin d’en parler ». Dix jours se sont écoulés depuis l’agression dont il a été victime, mais Heddy garde des séquelles physiques et psychologiques.
Le 7 février 2025, le jeune homme de 26 ans pense se rendre à un rencard dans les rues de Nice (Alpes-Maritimes). Organisé via une application de rencontres principalement utilisées par les personnes homosexuelles, ce rendez-vous s’avère être un guet-apens.
Un homme va l’attirer dans une impasse puis va s’en prendre physiquement à lui. Heddy témoigne auprès d’actu Nice.
« J’ai perdu connaissance »
Après un court échange sur Grindr, l’application de rencontre, Heddy s’est rendu avenue Flores pour ce qu’il espérait être un rencard. « J’ai suivi l’homme qui m’avait donné rendez-vous dans une impasse en pensant monter chez lui », raconte le jeune homme arrivé à Nice en octobre 2024.
C’est à cet instant que sa soirée va se transformer en cauchemar : « Il m’a demandé si j’avais de l’argent, je n’ai pas trop compris. Il m’a violemment pris par le col et a renouvelé sa demande. J’ai répété que je n’avais rien. »
Heddy poursuit le récit très précis de cette scène qui a duré quelques secondes. « Il a commencé à m’étrangler et un complice est arrivé. Il m’a demandé mon portable, j’ai refusé… et j’ai perdu connaissance », récite le Niçois, encore très marqué.
Je suis resté calme et digne, je n’ai pas crié. Il n’y avait personne de toute façon.
Des séquelles physiques importantes
Après quelques secondes ou quelques minutes, Heddy ne sait plus, il parvient à reprendre ses esprits. Ses agresseurs sont partis avec son téléphone et l’ont laissé inconscient au sol.
Le jeune homme se réfugie dans un commerce à proximité avant d’être déposé aux urgences. Le bilan médical est conséquent : « J’ai un traumatisme crânien, une lèvre explosée et des douleurs terribles au coccyx », liste le Niçois en arrêt maladie.
Les traumatismes sont également psychologiques. « J’ai consulté une psychologue trois jours après mon agression. Je sais que c’est grave, mais je suis en vie, sourit le jeune homme avant de poursuivre : le soir, je ne marche plus seul dans la rue. Je ne pourrais plus retourner seul à un rendez-vous ».
« C’est lâche de faire ça et j’aimerais leur dire en face »
Malgré son traumatisme, Heddy a accepté de témoigner. « Je n’ai pas peur. J’ai été agressé, mais j’ai encore plus envie de me montrer ».
C’est fourbe de le faire via une application de rencontres. C’est lâche de faire ça et j’aimerais le leur dire en face.
Le jeune homme est un militant actif auprès de SOS Homophobie depuis des années. Engagé pour faire bouger les choses, Heddy dresse un triste constat : « On en est encore là en 2025. »
Une enquête est en cours
Dès le lendemain de son agression, Heddy a déposé plainte pour des faits de vol aggravé commis le 7 février 2025.
« Une enquête est en cours et permettra notamment de déterminer l’éventuel caractère homophobe de cette agression », indique le parquet de Nice à notre rédaction.
Dans ce genre d’agression, le caractère « homophobe » n’est pas reconnu systématiquement. Des associations comme le Centre LBGT QIA + se battent en ce sens. « On a des avocats qui accompagnent les victimes si elles le souhaitent », explique Erwann Le Hô, coordinateur du centre à Nice.
Le militant associatif rappelle que plusieurs faits similaires se sont produits dans la ville en 2024.
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