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« Nous n’avions pas été prévenus »

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L’affaire remonte au 8 décembre 2024, mais on en reparle car Izae, l’artiste interdit de chanter à la cathédrale Notre-Dame de la Treille de Lille (Nord), a trouvé un nouveau lieu : le Couvent à Roubaix. Son concert aura lieu samedi 15 mars, et à cette occasion, il a rappelé la polémique suite à son éviction du programme de la cathédrale fin 2024. Thomas Sanchez, le responsable culturel de l’édifice religieux lillois, veut réagir.

L’artiste Izae a-t-il vraiment été interdit de chanter à la cathédrale de Lille ?

C’est une affaire de non-dits, de polémique sur fond artistique lié au religieux. L’artiste Izae a-t-il été vraiment interdit de chanter à la cathédrale de la Treille à Lille en décembre 2024 ? Oui et non. D’un côté, les responsables du lieu de culte ont effectivement demandé à ce que l’artiste ne se produise pas ; de l’autre, ils disent avoir été « piégés ». On vous explique.

La polémique est liée à un concert qui avait lieu le 8 décembre 2024. Elle date donc de quelques mois, mais elle ressort car l’artiste en question, se produisant à Roubaix samedi 15 mars, ressort cette affaire qu’il a vécue comme « une censure ».

En juillet 2024, Thomas Sanchez, responsable culturel de la cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille, reçoit un appel d’une société de production qui cherche un lieu pour le chanteur Thierry Amiel. « Le producteur me dit qu’il est en difficulté pour trouver un lieu. Le concert était d’abord prévu au Couvent de Roubaix, mais finalement, le lieu n’a pas validé. On s’est donc retourné vers nous car Thierry Amiel cherchait un lieu intimiste avec une architecture sacrée ».

Thomas Sanchez entend cet appel, même si l’univers de Thierry Amiel est un peu éloigné des concerts habituels. « C’est de la variété française, cela ne pose pas de problème, même si j’ai rappelé à la production que la cathédrale n’est pas un lieu ‘intimiste’ vu sa capacité d’accueil ! »

Il ajoute : « Je voulais aider un artiste en difficulté de salle. J’ai même dû changer mes habitudes car je ne propose jamais un dimanche soir comme date de concert, c’est trop compliqué à gérer. Mais là, vu qu’on accueille souvent des concerts, et que c’était l’Avent, tout était pris, il ne restait donc que le dimanche soir ».

Thomas Sanchez est connu pour sa grande ouverture aux artistes, il gère aussi le Centre d’art sacré sous la cathédrale, et il y a déjà accueilli des danseurs par exemple !

Une convention est donc établie. « La production devait la signer, en donnant les titres joués notamment. Mais cela a traîné des mois… En septembre, le grand spectacle immersif Luminiscence arrivait pour plusieurs mois à la cathédrale, c’était ça ma priorité. J’ai laissé courir mais cela devenait urgent car je devais en référer au recteur de la cathédrale, le père Bruno Mary ».

Le producteur contacte enfin le responsable culturel, et lui annonce qu’il y aura une première partie, « mais sans me dire qui c’est ». La convention n’est toujours pas signée.

La cathédrale, pas une salle de concerts comme les autres

Thomas Sanchez fait alors une rapide recherche sur internet et est surpris : la billetterie est ouverte alors que l’accord officiel entre les deux parties n’est pas signé ! « Et là, je vois le nom de la personne en avant-première : Izae ».

Il se renseigne sur cet artiste et découvre son univers et son militantisme LGBT.

Là, je me rends compte qu’une frange des catholiques sera choquée. Je sais que c’est une minorité, mais la cathédrale n’est pas une salle de concert habituelle. C’est un lieu de rassemblement et pas de division. On n’accueillera pas non plus de musique métal ou du hard-rock…

De plus, il estime aussi que c’est « une question de confiance qui n’a pas été respectée » : « Vu qu’ils ne m’ont pas averti avant, comment savoir si au niveau de la tenue, des paroles, le lieu allait être respecté ? »

Mis devant le fait accompli

Il se sent aussi un peu le dindon de la farce, « pris en otage et mis devant le fait accompli » alors qu’il n’avait jamais été question de la présence d’un autre artiste. « J’avais vraiment fait des efforts pour accueillir ce concert, et voilà, ils n’ont pas été ‘réglo’… J’ai été naïf. »

Le responsable culturel reste quand même stoïque : il contacte donc la production et annonce que le concert de Thierry Amiel reste validé, mais pas la présence d’Izae. « Ils ont compris, enfin, c’est ce qu’ils m’ont dit. J’ai dit que cette décision n’était pas contre Izae, que le lieu n’était pas adapté, c’est tout… »

Il avoue « que c’était une décision difficile à prendre » au vu de tout le travail qu’il effectue depuis 10 ans avec les artistes.

Il dit cependant « rester ouvert à accueillir des artistes variés, même si ma hiérarchie sera sans doute plus regardante à l’avenir pour éviter les polémiques ».



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