Ils avaient rendez-vous sur la pelouse des rouge et noir. Mais qu’importent les couleurs du club qui les recevait pour leur deuxième « déloc’ » de la saison – entendez par là « délocalisation d’entraînement » -, les joueurs du Castres olympique (CO) se sont une fois de plus prêtés au jeu en foulant l’herbe d’un autre terrain que le leur, ce mercredi 5 février 2025. Après avoir investi le stade du Rey, à moins de cinq kilomètres de leur antre habituel, en novembre, c’est désormais sur le terrain d’honneur du stade municipal de Revel que les rugbymen du club tarnais ont perfectionné leur jeu. Le tout, sous les yeux ébahis des jeunes pousses locales du Rugby club revélois (RCR).

« L’idée, à travers cette initiative portée par la Région Occitanie, c’était de créer un événement sportif convivial et familial au sein de nos infrastructures, de faire en sorte que notre stade vive. Et ça marche », sourit Laurent Mialhe. Le responsable du développement sportif au sein de la Ville de Revel n’est pas peu fier de voir la foule se presser autour des bleu et blanc. La plupart ayant d’ailleurs sorti, pour l’occasion, casquette, bonnet, doudoune, écharpe, drapeaux aux couleurs de leur équipe de rugby favorite. « Il y a un côté intergénérationnel. On voit ici des publics de tous âges : des enfants, des parents, des personnes âgées… », constate-t-il.

Mêler sport professionnel et sport amateur
Surtout, ce genre d’événement se veut l’occasion rêvée de faire se rencontrer joueurs professionnels et amateurs. « On ne peut que se réjouir de voir les uns se mêler aux autres », commente Jérôme Garcia. Et l’adjoint au maire de Revel chargé des sports ne pouvait pas être plus juste dans ses propos. Après leur entraînement, les Olympiens se sont volontiers prêtés à un exercice pas toujours évident : le coaching des jeunes pousses. « Ils le font de manière sincère et engagée », commente Matthias Rolland, directeur du Castres olympique.

« Après tout, c’est dans l’histoire et dans l’ADN de ce club », renchérit Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie délégué à l’éducation, l’orientation, la jeunesse et les sports. « Au CO, on n’est jamais très loin de la réalité, appuie Matthias Rolland. Il ne faut pas oublier que la plupart de nos joueurs sont issus de clubs amateurs, c’est donc un juste retour des choses que d’aller à leur rencontre. Puis cela renforce et entretient cette image que nous avons de club de proximité. »
Des moments de partage forts avec les jeunes
Au programme donc de cet après-midi : passes, mêlées, plaquages… Des exercices que la plupart des enfants de l’école de rugby revéloise pratiquaient pour la première fois sous l’œil attentif de rugbymen professionnels. Des géants, comparés aux petits U6 – et des catégories supérieures, jusqu’au U14 – qui n’ont pas démérité en s’attaquant vaillamment à leurs aînés castrais. Suscitant parfois, chez ces derniers, de vives exclamations et surtout de beaux moments de rire et de partage.


De quoi, pourquoi pas, susciter des vocations chez certains ? « Les clubs professionnels sont la vitrine du rugby. Si ce genre d’opération nous permet de fédérer au niveau amateur, d’attirer de nouvelles recrues, ce ne peut être que positif », estime Romain Vila, vice-président du RCR. « Ce partenariat arrive dans un moment où l’on parle beaucoup d’héritage sportif : transmettre et familiariser, cela en fait partie », abonde Kamel Chibli.

Renforcer les liens entre les deux clubs
L’occasion, aussi, d’entretenir ce lien fort qui lie les deux clubs et plus largement les deux communes. « Nous avons l’habitude de travailler avec le CO. L’an passé déjà, nos 600 écoliers revélois étaient partis les voir s’entraîner à Castres », rappelle Laurent Mialhe. On se souvient aussi du partenariat qui avait permis à l’USR, le club de football local, de recevoir le PSG sur la pelouse du stade Pierre-Fabre à l’occasion des 32es de finale de la Coupe de France.
« Nous entretenons un lien fort avec Revel et l’idée, à travers ces conventions qui peuvent nous lier, c’est aussi de permettre à des clubs amateurs de se développer, de les accompagner. Car plus ils seront forts, plus nous le serons aussi », conclut le directeur du CO.
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