L’audience solennelle de rentrée du tribunal de Nîmes (Gard) s’est tenue vendredi 24 janvier 2025 en présence de très nombreuses personnalités du monde judiciaire et politique dont Xavier Bonhomme, Procureur général de Nîmes (Gard) et Abdelkrim Grini, procureur de la République d’Alès (Gard).
Julien Plantier, actuel premier adjoint à la ville de Nîmes et candidat fraîchement déclaré aux prochaines municipales de 2026, a assisté à l’audience en représentant Jean-Paul Fournier.
À cette occasion, Cécile Gensac, procureure de la République de Nîmes a fait un état des lieux très précis de la situation de la Justice dans ce département. Elle en a profité pour dresser ses priorités pour l’année 2025. Elle a insisté sur le manque de moyens.
Manque de moyens
Une chose est sûre. À Nîmes, les magistrats ne chôment pas et ne manquent clairement pas de travail. « 36 000 procédures se sont déroulées et sont enregistrées ici en 2024 contre 32 000 en 2023. Cela représente une hausse de 12,5 % », entame la magistrate. Il en est de même pour les gardes à vue. Il y en a eu 3887 en 2024, soit une hausse de 3,5 % en comparaison avec l’année précédente.
Bien décidée à faire progresser la justice, la parquetière émet l’idée que les très petits délits puissent être traités dès le lendemain.
De façon globale, sur notre territoire, 2023 a été une année tragique et traumatisme notamment avec la mort du petit Fayed. 2024 a été une année légèrement un peu plus calme.
Mais, des moyens, eux, manquent. Normalement quatre nouveaux magistrats doivent arriver dans la cité des Antonins. Des greffiers supplémentaires sont aussi attendus. Ces nouveaux auxiliaires de justice constituent une très bonne nouvelle pour le tribunal gardois.
Un autre problème devrait se poser rapidement. Où les mettre ? Les locaux de l’actuel site judiciaire nîmois ne sont pas extensibles à l’infini.
Surpopulation
L’étroitesse des locaux semble être un sujet récurrent dans le monde judiciaire. Régulièrement évoquée dans les médias, la surpopulation carcérale est un sujet très complexe dans la cité des Antonins.
« En dessous de 6 mois de prison, la loi impose d’aménager la peine. Entre 6 et 12 mois, c’est une proposition d’aménagement qui doit être faite à la personne. »
« La maison d’arrêt de Nîmes est bien évidemment concernée par cela. Je n’hésite pas à parler d’engorgement carcéral la concernant », estime la parquetière, précisant au passage que le site pénitentiaire gardois « atteint parfois 250 voire 270 % de surpopulation ».
Du bleu sur le terrain
Dans les faits, le site gardois peut accueillir 200 détenus dont 20 en régime de semi-liberté. En réalité, la situation est bien plus problématique. Sollicités par Actu.fr, les responsables gardois du syndicat Ufap Unsa Justice, majoritaire au sein de la prison nîmoise, annoncent qu’ « à ce jour, 477 personnes sont détenues sur place ».
La capitale du Gard fait régulièrement la une de l’actualité pour différentes affaires liées aux trafics de stupéfiants. La représentante du parquet s’en félicite. « 2025 démarre fort. Mais nous avons bon espoir, d’inverser la tendance », estime Cécile Gensac.
Au cours des 12 derniers mois, des biens ont été saisis pour un montant total avoisinant les 7 millions d’euros dont plusieurs véhicules. « Ceux-ci ont été remis à nos forces de l’ordre », précise la parquetière.
Interrogée par plusieurs médias sur la thématique sensible des délits routiers, Cécile Gensac s’est montrée intransigeante. « Certains comportements routiers constatés dans notre département sont irresponsables. La seule chose qui marche, c’est la présence de bleu (policiers et gendarmes, ndlr) sur les routes. Pour ça, il faut des moyens », affirme Cécile Gensac.
Les moyens manquants encore et toujours. Cela semble être une interminable ritournelle pour la justice dans le nord de l’ex Languedoc.
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