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Nice. Une fillette de 3 ans meurt dans un incendie, des témoins racontent la tragédie


L’ambiance est lourde, les habitants assommés. Dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 février 2025, un violent incendie a détruit un appartement en pleine nuit, vers 1h du matin, au Nord de Nice (Alpes-Maritimes). Une fillette de 3 ans est morte.

Ce lundi matin, un peu plus de 24 heures après les faits, le quartier Las Planas reste sous le choc. Des témoins racontent la scène tragique et assurent que le père de la victime « a tout fait » pour sauver son enfant des flammes, dont il avait la garde.

« J’ai commencé à hurler, j’ai tapé chez tout le monde »

Les faits se sont produits aux alentours de 1h du matin, ce dimanche 9 février 2025. Ecrame, une jeune riveraine, qui rentre chez elle après une soirée au restaurant, gare son véhicule sur le parking de la résidence. La suite, elle nous la raconte, encore choquée :

J’ai senti le feu en sortant de ma voiture. Il n’y avait pas un chat dehors, tout le monde dormait. Je me suis dit que c’était pas normal, j’ai fait le tour puis je vois l’appartement en feu. J’ai commencé à hurler. Je suis montée au 4e étage j’ai tapé chez tout le monde, il y avait de la fumée partout.

Ecrame
Témoin de l’incendie

Tout de suite, elle prévient les pompiers. « Je criais ‘il y a le feu’, je ne savais pas quoi faire, j’ai appelé la police. Puis tout le monde a appelé, quand ils ont vu que je hurlais ils ont commencé à stresser », décrit Ecrame.

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En quelques minutes, les flammes sont visibles de l’extérieur depuis les fenêtres. « Cela a pris très très vite, c’était un truc de fou. Une minute pour nous ça a été une éternité. » Une fillette de 3 ans, Keylissa, est restée coincée à l’intérieur. Elle est décédée. Ses parents, indemnes, ont été pris en charge.

Les flammes ont entièrement détruit l’appartement. (©Manon Reinhardt / actu Nice)
5 autres victimes ont été prises en charge par les pompiers dans un état léger. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

Un matelas placé au sol dans la panique

« La maman était dévastée, elle s’est jetée par terre. Il n’y a pas de mots, je ne le souhaite à personne », confie Sarah, également habitante dans l’immeuble en face. « Quand j’entends dire qu’ils n’étaient pas là, c’est complètement faux, ça me fait super mal au cœur. » La petite fille était gardée par son père au moment de l’incendie. La famille a emménagé ici en juin 2024.

On a vu le papa qui essayait de descendre de la fenêtre depuis chez la voisine, il est sorti pour remonter, un autre voisin a essayé de l’aider à défoncer la porte, il a tout fait pour sauver son enfant mais c’était trop tard.

Sarah
Témoin de l’incendie

Dans une vidéo diffusée par Ici Azur, on aperçoit un homme suspendu au balcon, les pieds dans le vide. Sarah a tenté de placer un matelas au sol pour amortir de potentielles chutes. Mais l’appartement en feu est situé bien trop haut, au 6e étage.

« Quand j’ai vu les flammes, je me suis dit que certains allaient se défenestrer. On a tiré le matelas mais on a compris que les voisins avaient réussi à sortir et qu’ils n’avaient pas accès au balcon donc on l’a vite enlevé car il y avait des jets de flammes », se souvient-elle.

Des gerbes de fleurs ont été déposées devant l’entrée de l’immeuble où le drame s’est déroulé. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

« Les pompiers ont risqué leur vie »

Selon des témoignages recueillis par Nice-Matin, le temps d’intervention des sapeurs-pompiers a été remis en question. Des accusations que Sarah balaye : « Les pompiers ont risqué leur vie, ils ont eu beaucoup de mal à accéder à l’immeuble. Ils sont quand même rentrés par l’intérieur et l’extérieur ».

En effet, l’accès à la tour s’avère difficile pour de tels engins. « Ils ne passaient pas avec le camion car c’est trop étroit », rapporte une voisine. Elle dit ne plus réussir à dormir depuis la tragédie. D’autres entendent « les cris en permanence ». Une cellule psychologique a été mise en place dans les locaux de Côte d’Azur Habitat.

Les appartements du 6e, 7e et 8e sont inutilisables. Yvette* fait partie des personnes relogées. « Je ne veux pas monter pour l’instant », avoue la retraitée.

J’ai été réveillée par le bruit. Je me suis levée et j’ai vu les gyrophares, je me suis demandé ce qu’il se passait. Puis j’ai vu les flammes sortir de la fenêtre ! J’ai été relogée dans un hôtel Ibis.

Yvette
Voisine de la victime

Un branchement électrique en cause

Le maire de Nice, Christian Estrosi, et son premier adjoint, Anthony Borré, étaient sur place ce lundi matin. Initialement, une réunion de quartier était organisée afin de recueillir les doléances. Mais cette consultation a malheureusement laissé place au deuil.

Dans un communiqué, le parquet de Nice indique que « des premières constatations effectuées par un expert ce jour, il apparaît que l’incendie est vraisemblablement d’origine accidentelle ».

Il s’agirait « d’un accident dû sans doute à un branchement d’un appareil électrique dans de mauvaises conditions », a précisé Christian Estrosi. Une enquête est en cours, elle a été confiée à la police judiciaire de Nice.

* Son prénom a été modifié



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