Home Faits Divers neuf mois de prison avec sursis pour le prévenu

neuf mois de prison avec sursis pour le prévenu

15
0



« À l’époque, je n’avais pas les moyens », confie le prévenu, à la barre du tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) le mardi 18 mars 2025. Entre décembre 2023 et janvier 2024, ce dernier s’est introduit à trois reprises, en pleine nuit, dans une boucherie du centre-ville, y dérobant une quantité importante de nourriture. Le commerçant dépose plainte dès le 23 décembre. C’est la caméra installée dans sa boutique, qui permettra aux enquêteurs d’identifier cet homme, défavorablement connu des services, après son dernier passage le 9 janvier où la porte d’entrée et du laboratoire sont retrouvées fracturées. Sur les images, on peut l’apercevoir pénétrer dans le frigo et ensuite dans le commerce, prendre le nécessaire et refermer les portes. Au terme d’une surveillance, les policiers vont l’interpeller.

« La porte était ouverte »

À l’audience, crâne rasé et barbe longue, l’homme qui comparait sous escorte, admet s’être introduit dans la boucherie pour se procurer de la nourriture. Selon lui, « la porte était ouverte », même s’il reconnaît l’avoir forcée lors de son ultime larcin. À l’époque, cet employé de la restauration est sans emploi.

Lors de la perquisition menée dans son appartement, les enquêteurs retrouvent de la crème, du beurre, du fromage, de la viande mais aussi du gigot d’agneau, du tourteau, de la dinde, de la pintade, des truffes… se servant notamment dans les sacs de commande des clients pour les fêtes. « On n’est pas sur des éléments de première nécessité », souligne le président, insistant sur les quantités. « De quoi tenir plusieurs semaines ».

« J’ai fait vite, je n’ai pas regardé ce que je faisais », indique le prévenu, dont le tee-shirt noir laisse apparaître les tatouages. Il réfute néanmoins l’inventaire des vols établi par la victime, assurant que toutes les marchandises dérobées ont été retrouvées chez lui. « Je pense que sur le moment j’ai choisi la facilité. Je voulais me débrouiller seul. »

Déjà plus d’un an de détention

« Pas besoin de long discours pour établir la culpabilité de monsieur », estime le substitut de la procureure. Quand il se présente au tribunal, l’homme a déjà effectué plus d’un an de détention. C’est la première fois que le prévenu de 27 ans est incarcéré malgré les 11 mentions à son casier judiciaire.

Trafic et usages de stupéfiants, infractions routières, violence par conjoint… Tous ses sursis ont été révoqués après ces vols. Il doit encore purger sa peine jusqu’au 18 novembre. Il n’a pas revu ses deux fils depuis plus d’un an en raison de relation compliqués avec la mère, et veut « rattraper le temps perdu » et reprendre un travail après sa détention.

« Quand j’entends son discours aujourd’hui, j’ai le sentiment que la donne a un peu changé, que monsieur a envie de se ressaisir et d’entrer dans le droit chemin », soutient le représentant du ministère public. D’où son envie de « tenter un pari ». Il requiert six mois de prison intégralement assortis d’un sursis probatoire mis en place à sa sortie de détention, ce qui veut dire qu’il ne retournera pas en prison. Il requiert toutefois une obligation de travail, et d’indemniser la victime. « S’il échoue, il sait à quoi s’attendre », prévient le substitut.

Neuf mois de prison avec sursis

Seule la nature des produits volés en l’espace de trois semaines a continué d’alimenter les débats. « Monsieur est venu à partir du 16 décembre. Lors des perquisitions, il avait déjà consommé le foie gras, le champagne, comme le madère, retrouvé entamé. Mon client n’a aucun intérêt à en rajouter », souligne l’avocat de la victime.

Mettant aussi en avant « sa volonté de se reconstruire », la défense demande au tribunal d’ajuster le sursis à une peine « plus proportionnée », tout en réduisant le préjudice à 1 223,95 euros, limitant l’indemnisation aux seuls produits que son client reconnaît.

Suivant en partie les réquisitions, et en considérant son « évolution positive », le tribunal condamne l’homme à neuf mois de prison, entièrement assortis d’un sursis probatoire de 24 mois. Conformément aux demandes de la partie civile, il devra indemniser la victime à hauteur de 1 738,02 euros pour le vol de denrées, ainsi que 500,67 euros pour la franchise d’assurance liée au préjudice matériel et 250 euros pour le préjudice moral.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here