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mystères autour de la disparition d’un homme de 95 ans

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Où est passé Jean Paul ? Cette question, toute sa famille se la pose, et bien au-delà parmi les habitants de Beaumont-le-Roger (Eure).

Ce retraité âgé de 95 ans n’a plus été aperçu depuis une semaine. Son visage, affiché sur la vitrine de plusieurs commerces, a fait le tour des réseaux sociaux.

« La dame chargée de lui apporter ses repas m’a appelée mercredi 29 janvier vers midi, elle ne pouvait pas rentrer. Tout était fermé, la barrière et les volets », raconte l’une de ses deux filles, Chantal Lecoq, à notre journal.

Arrivée sur les lieux, impasse de la Risle, et après avoir arpenté chaque pièce de la demeure, celle-ci a aussitôt contacté la gendarmerie pour signaler sa disparition.

Hélicoptère et brigade fluviale

Des recherches ont été engagées par les militaires de la communauté de brigades de Brionne et le peloton de surveillance et d’intervention de Bernay avec l’appui d’une équipe de maîtres-chiens d’Évreux et d’un hélicoptère de la gendarmerie venu de Vélizy-Villacoublay (Yvelines).

La brigade fluviale de Rouen a aussi été mobilisée. « Son jardin est entouré d’eau, explique Chantal Lecoq. D’un côté, il y a un canal, de l’autre la rivière. Il y a une clôture tout autour, mais il y a une ouverture vers le canal. Est-il tombé ? »

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Mais pourquoi serait-il allé à cet endroit en pleine nuit ? Le bracelet de téléassistance du nonagénaire a bipé pour la dernière fois à 1 h 45 ce mercredi 29 janvier. « La lumière extérieure de la maison était allumée, mais elle n’éclaire pas le canal, précise sa fille. Et sa lampe est restée chez lui. »

Le portefeuille est toujours là, lui aussi, glissé dans le manteau. Contrairement au trousseau de clefs, introuvable. Jean Paul serait parti vêtu d’un pyjama, de couleur bleu ciel, avec des bottes de couleur marron. « Il a aussi emporté son blazer », s’étonne Chantal Lecoq.

« Nous n’avons aucun indice »

Les investigations se poursuivent, indique le commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Bernay, Frédéric Pierre, sollicité ce lundi 3 février en fin de journée.

Tous les jours, des militaires sont sur le dossier. Et tous les éléments sont exploités. Nous consultons les images de vidéoprotection de la commune, nous avons fait du porte-à-porte, nous avons parcouru les bois… Mais pour l’instant, nous n’avons aucun indice. 

Frédéric Pierre

Les plongeurs ont également sondé le canal en remontant vers Beaumontel. « Ils n’ont rien trouvé », souffle Chantal Lecoq, dans l’attente que la Risle, dont l’eau était trouble et le niveau élevé ces derniers jours, soit elle aussi explorée. Un chien de Saint-Hubert pourrait aussi être mis à contribution.

La boulangerie Le Fournil de Franck a affiché sur sa porte l’avis de disparition de Jean Paul. ©Coralie Maux-Renard

« Beaucoup de gens me demandent des nouvelles », confie l’édile de Beaumont-le-Roger, Jean-Pierre Le Roux, lui aussi très inquiet. Veuf depuis un certain temps, Jean Paul vit seul. Décrit comme alerte, même s’il peut lui arriver d’avoir des troubles de la mémoire, il a l’habitude de sortir « faire ses courses », commente Jean-Pierre Le Roux, en évoquant cet habitant « archi connu ».

Beaumont, « c’est son univers »

Ancien agriculteur, le retraité a été maire d’Écardenville-la-Campagne durant 31 ans, jusqu’en 2008. « Il a fait beaucoup de choses pour le village, il a aussi été responsable de syndicat scolaire », témoigne Didier Lecoq, son successeur.

Les deux hommes sont liés familialement. « Nous avons mangé ensemble il y a quinze jours. Il est en pleine forme, et il lui arrive encore de conduire sa voiture », ajoute-t-il. Beaumont-le-Roger, cette commune où il est né, « c’est son univers, confirme sa fille Chantal. Il connaît plein de monde et il est toujours prêt à rendre service ».

Père de deux filles, Jean Paul a aussi huit petits-enfants et dix-huit arrière-petits-enfants. Sa famille, qui a elle-même arpenté de nombreux chemins, a lancé un appel sur Facebook en demandant aux gens d’ouvrir l’œil, « dans les recoins, les fossés, les cours d’eau ».

Des affiches dans les commerces

À quelques centaines de mètres de la maison se trouvent la grande place et les premiers commerces du centre-bourg. Sur la vitrine de la boulangerie Le Fournil de Franck, le gérant a scotché l’avis de recherche.

« C’est un monsieur qui venait acheter son pain ici, déclare Aurélie Auzoux, vendeuse. Nous l’avons toujours connu souriant, à dire bonjour et au revoir, avec jamais un mot plus haut que l’autre. » L’équipe a donc été très surprise lorsque sa petite-fille est venue les avertir de sa disparition.

« Le premier réflexe a été de demander une affiche et de prendre le numéro de téléphone si nous l’apercevions, poursuit la vendeuse. Certains clients en parlent et espèrent qu’il sera retrouvé vivant », annonce Aurélie Auzoux.

« Est-il chez quelqu’un ? »

Faute de piste sérieuse, la famille en vient à imaginer tous les scénarios possibles, y compris l’intervention d’une tierce personne. « Est-il chez quelqu’un ? se demande Chantal Lecoq. N’ayant pas la clef de la barrière, j’ai dû l’enjamber pour entrer dans la propriété la semaine dernière. Si j’ai réussi, quelqu’un d’autre a pu y parvenir aussi. »

« Mais pourquoi aurait-il été emmené alors que rien n’a été volé et que tout a été laissé en plan ? » ajoute-t-elle aussitôt. Jean Paul n’était pas suicidaire, affirme sa fille.

Il était même très fier de se dire qu’il allait peut-être atteindre les 100 ans. 

Chantal Lecoq

« On ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Peut-être qu’un jour nous aurons une explication », conclut-elle, avec l’espoir que le mystère prenne fin rapidement.

Anthony Bonnet et Coralie Maux-Renard



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