À un peu plus d’un an du premier tour, les velléités se bousculent à gauche pour les élections municipales 2026 à Toulouse, où de nouvelles candidatures potentielles sortent du bois à la pelle… Des rebondissements qui suscitent à la fois intérêt et inquiétude du côté d’Archipel Citoyen, dont la liste emmenée par l’écologiste Antoine Maurice avait réuni 48,02 % des voix au second tour, en 2020.
Une coopérative comme « solution au besoin d’union » de la gauche
Devenu un parti politique en 2023, Archipel Citoyen a lancé à l’automne dernier une coopérative, dans l’idée « d’inviter les citoyens et les associations à rejoindre la dynamique », explique Arnaud Rivière, qui est, avec Lola Bénégui, l’un des deux porte-parole du mouvement. Avec l’ambition de gérer la ville, cette coopérative a déjà organisé deux réunions publiques, et regroupe « environ 600 personnes intéressées par le concept ».
Pour Arnaud Rivière, alors que la liste des prétendants à la tête d’une potentielle équipe de la gauche fédérée n’en finit plus de s’allonger, cela ne fait aucun doute : cette coopérative, « c’est la solution au besoin d’union présenté par les partis politiques et par le Printemps Toulousain ».
Les deux premières réunions publiques nous ont permis de travailler sur le programme, mais aussi sur les enseignements des campagnes précédentes, avec la participation de Salah Amokrane et des anciens Motivés, des insoumis, des écologistes, et de tirés au sort.
Prochaine étape de ladite coopérative : une nouvelle réunion, le 22 mars, qui sera consacrée « au processus de constitution de la liste et au programme démocratique ».
« L’enjeu n’est pas sur la tête de liste », dit Arnaud Rivière
Parallèlement, Archipel Citoyen a lancé « une démarche traditionnelle de négociations » avec les autres partis pour « préparer le premier tour ». Des discussions qui, d’après son porte-parole, portent « beaucoup trop sur la tête de liste et les pourcentages » à attribuer à chaque formation », plutôt que « sur le fond ».
Jusqu’ici, chacun est dans sa ligne d’eau en essayant de prendre l’ascendant sur les autres. On le déplore. Pour nous, l’enjeu n’est pas sur la tête de liste, mais sur la manière d’établir la gouvernance et d’avoir un pouvoir équilibré au sein de l’exécutif.
S’il admet volontiers que le choix de « la tête de liste, ça peut être crispant », le porte-parole d’Archipel Citoyen estime que le problème n’est donc ni le programme, ni le casting, mais bien la répartition des rôles. Arnaud Rivière avance : « On sait qu’on sera d’accord à 80 ou 90 % sur le programme. L’enjeu, c’est la manière de gouverner et d’associer la société civile à la démarche ».
« Nous n’avons pas reçu de proposition satisfaisante »
« On discute avec les principales formations politiques à gauche, celles qui feront entre 8 et 12 % si elles se lancent seules », sourit-il. Ces échanges ont commencé par les Écologistes et « vont se poursuivre dans les jours qui viennent avec le PS et LFI. Aujourd’hui, il n’y a pas d’accord ».
Contrairement à ce qu’a pu dire Régis Godec, Archipel Citoyen ne vient pas en appui des écologistes. Nous n’avons pas reçu de proposition satisfaisante à ce jour.
« On ne se fera pas asseoir au fond du bus »
Archipel Citoyen va également rencontrer d’autres partis comme Génération. s et Place publique, et Arnaud Rivière lance un « appel aux plus petites formations (Parti pirate, Parti animaliste, Nouvelle donne, Équinoxe…)» avait lesquelles il y aurait « un coup à jouer ».
Nous pensons qu’on peut tous être autour de la table. Mais ça ne se passera pas comme en 2020, on prendra la place qu’on juge avoir, on ne se fera pas asseoir au fond du bus.
Avec LFI ? « On poursuit les échanges, mais c’est compliqué »
Quid de la France insoumise ? François Piquemal étant déjà parti en campagne sur son nom, Archipel citoyen peut-il encore s’entendre avec le député, ou est-il condamné à simplement se rallier à lui ? « On poursuit les échanges, mais c’est toujours compliqué de discuter autour d’une tête de liste en premier. C’est source de crispation des débats ». Et de regretter : « On se heurte aux stratégies nationales ».
« Une fois qu’on a l’équipe, il faut choisir son capitaine »
Une liste commune est « absolument nécessaire, si on ne veut pas une dispersion des voix qui profite à la majorité actuelle », prévient Arnaud Rivière. Alors plutôt que s’écharper sur le choix du n°1, Archipel Citoyen préfère se pencher sur « la manière de travailler ensemble », mais aussi d’ores et déjà sur « la répartition des postes entre Ville et Métropole et au sein des différences instances ».
Chez Archipel Citoyen, on ne fait pas de la tête de liste une condition préalable, on considère que cela doit venir après. C’est une fois qu’on a une équipe qu’il faut choisir son capitaine.
L’union n’est donc « pas une cause perdue » pour Arnaud Rivière. « La gauche est capable de gagner la ville et de porter un regard différent, à condition que chacun y mette du sien. La proposition de coopérative est sur la table, nous invitons nos partenaires à la rejoindre ». Et de réitérer : « Le but n’est pas que chacun reste dans son couloir de nage ». Au pays du prodige Léon Marchand, la gauche parviendra-t-elle à se mettre en natation synchronisée, pour ne pas se saborder ?
Quelle est la ligne politique du parti Archipel Citoyen ?
Collectif pour les élections municipales 2020, devenu parti politique pour celles de 2026, Archipel Citoyen se définit comme un « mouvement municipaliste », rappelle Arnaud Rivière. « Sa vocation est d’organiser les discussions avec les citoyens, pour trouver des solutions plus efficaces d’un point de vue écologique, social et démocratique ». Il poursuit : « Notre but est d’ouvrir au maximum l’institution à la société civile, pour coconstruire avec les citoyens la ville de demain ».
À l’heure actuelle, le parti compte selon son porte-parole « environ 80 adhérents à jour de cotisation ». Parmi eux figurent trois conseillers municipaux d’opposition : Aymeric Deheurles, Caroline Honvault et Maxime Le Texier.
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