Après le football, le tennis est le sport qui génère le plus de paris en ligne dans le monde. Et celui qui suscite peut-être le plus de haine.
Éliminé jeudi 13 mars 2025 au 2e tour du Challenger de Cherbourg, le Français Arthur Bouquier est bien placé pour en parler. La semaine dernière, au tournoi de Thionville (Moselle), les organisateurs l’ont affublé d’un garde du corps pour garantir sa sécurité après les menaces reçues de la part d’un parieur qui avait misé une grosse somme sur sa victoire.
« Je te traquerai toi ou ta famille juste pour te faire du mal »
Voici le message qu’il a reçu, quelques minutes avant de rentrer sur le court.
J’espère que tu feras l’effort de gagner en deux sets parce que j’ai misé 2 000 euros sur toi. Je te jure, si tu perds, je ne te le pardonnerai pas. Je te traquerai toi ou ta famille juste pour te faire du mal, quitte à aller en prison. Si je perds ces 2 000 euros, je serai à la rue, donc rien n’aura de sens pour moi, autant finir mes jours en prison. Je te jure que je te ferai la peau. Je suis sur le court où tu joues. Prends garde, ce ne sont pas des menaces en l’air. Bonne chance.
Perturbé pendant tout le match, il s’est tout de même imposé en deux manches et son harceleur l’a laissé tranquille. Mais l’affaire, très médiatisée, a laissé des traces auprès du joueur de 24 ans.
« Ça m’a un peu plus tendu que les autres fois où j’ai reçu des messages d’insultes après des matches. Là, c’est la première fois que quelqu’un me dit qu’il est sur place et qu’il m’attend si jamais je perds. Le fait qu’il dise qu’il était en tribunes, qu’il était habillé en noir… Tout ça m’a fait un peu peur. J’ai tout de suite prévenu le tournoi », confie le Jurassien, épargné par les menaces cette semaine à Cherbourg…
Des tricheurs virés de Jaurès
Aux quatre coins du complexe Jaurès, théâtre cette semaine du Challenger de Cherbourg, des affiches rappellent aux spectateurs l’interdiction de transmettre des données à des fins de paris sportifs. Il y a quelques années, les organisateurs avaient repéré puis expulsé du gymnase un « court-sider », le nom donné à ces personnes qui sont présentes au bord du terrain pour divulguer en « live » des informations à des parieurs à l’autre bout du monde, profitant des lenteurs d’actualisation des sites pour miser à coup sûr sur le vainqueur d’un point. D’après nos confrères d’Ouest-France, deux autres personnes suspectes ont été invitées à quitter les gradins lors de cette édition.
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