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Maxime Renault arrête sa carrière, un des plus beaux palmarès du cyclisme normand

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C’est l’un des plus beaux palmarès de l’histoire du cyclisme manchois. À 35 ans, Maxime Renault a décidé de raccrocher le vélo à l’issue d’une riche carrière ponctuée de trois saisons dans les rangs professionnels. L’occasion pour lui d’ouvrir sa boîte à souvenirs…

Alors que vous sortez d’une belle saison 2024, pourquoi avez-vous mis un terme à votre carrière ?

En signant l’an passé au VC Avranches, j’avais dit que ça pouvait potentiellement être ma dernière saison. En effet, ça s’est plutôt bien passé, avec notamment une victoire en Élite (Ndlr : au Souvenir Louison Bobet). Mais je ressentais un peu de lassitude à faire toujours les mêmes courses. Et, surtout, j’en ai eu marre des chutes à répétition. J’en ai tellement pris durant ma carrière… J’ai encore chuté au mois d’août, j’ai eu mal aux côtes. C’était la goutte de trop ! J’aime encore le vélo, mais je ne veux plus prendre le risque de ramasser des pelles. À 35 ans, tu réfléchis autrement. D’autant que j’ai eu un deuxième enfant il y a trois mois…

« J’en ai eu marre des chutes à répétition »

Êtes-vous en paix avec votre décision ?

Oui, je suis sûr de moi. J’avoue que c’est un peu dur de voir les autres partir en stage. Et ce sera dur aussi quand les courses vont reprendre, qu’on verra les résultats sur Internet ou dans les journaux. Je faisais du vélo depuis plus de 20 ans, donc ça risque de me manquer. Mais je ne reviendrai pas pour autant sur ma décision.

Contrairement à d’autres, vous avez su arrêter avant de faire la fameuse « année de trop »…

Oui, j’ai fini sur une bonne note avec deux victoires, une 2e place en Coupe de France… J’étais vraiment heureux de gagner une deuxième fois le Souvenir Louison Bobet. Après deux années compliquées, je me suis prouvé à moi-même que j’étais encore capable de réaliser de belles choses en Élite.

Vous évoquiez vos deux années compliquées au Team Bricquebec Cotentin. Comment expliquez-vous avoir retrouvé la forme au VC Avranches ?

J’étais bien au Team Bricquebec, mais c’était différent. À Avranches, j’avais beaucoup moins de pression. C’est un environnement plus familial qui me correspond davantage. Ça me mettait dans de bonnes conditions pour aller sur les courses. En tout cas, j’ai toujours dit à Serge Morazin (Ndlr : le président du VC Avranches) que j’allais finir ma carrière chez lui après l’avoir débuté en espoir 1. J’ai tenu parole. C’était symbolique à mes yeux.

Une reconversion dans le trail

« Je ne peux pas rester à ne rien faire, il faut que je me dépense ! » Après avoir passé toute sa vie à enchaîner des semaines à 20 heures de vélo, Maxime Renault ne concevait pas troquer le sport pour le canapé. Après « plus de 15 ans sans footing », le Sourdevalais a décidé de chausser ses baskets cet automne. « Ça prend moins de temps. Mes chevilles n’aiment pas trop, mais moi j’aime bien ! », sourit-il. L’ancien pro a montré qu’il avait la caisse en terminant 7e dimanche dernier du Trail des Loups de Moyon, après avoir bouclé les 14 km à près de 15 km/h de moyenne. « Je vais en faire d’autres prochainement », prévient-il, bien décidé à voir son nom continuer à alimenter les pages sportives des journaux…

Avez-vous conscience d’avoir l’un des plus beaux palmarès du cyclisme normand ?

Je ne suis pas un coureur qui gagnait des courses en quantité, mais c’est vrai qu’il y avait toujours la qualité. Je suis heureux d’avoir gagné de nombreuses classiques bretonnes, une étape du Tour de Bretagne avec les pros, la finale de la Coupe de France N1 devant Valentin Madouas… Je suis content de moi, ça aurait été compliqué de faire mieux !

Si vous deviez retenir votre plus belle victoire ?

Mon meilleur souvenir, c’est ma victoire à Montpinchon, en 2017. Lever les bras en haut du Mur, devant une foule incroyable, c’était vraiment le moment le plus émouvant de ma carrière. C’est la course que j’allais voir avec mon père quand j’étais jeune… Émotionnellement, c’était fort.

Avez-vous des regrets ?

Oui, j’ai quelques belles victoires dans la Manche, comme Montpinchon, la Gislard ou les Remparts, mais j’aurais aimé gagner sur le Tour de la Manche (4e en 2018) ou les 3 Jours de Cherbourg (3e en 2017, 2e d’étape en 2021…). Il m’en a toujours manqué un peu.

« Dans le milieu professionnel, on se fait vite oublier… »

Quel regard portez-vous sur vos trois saisons chez les professionnels (2014-2016) ?

C’est mitigé. J’ai connu une belle deuxième saison, avec beaucoup de places d’honneur et une 7e place au classement final de la Coupe de France. Malheureusement, je n’ai pas pu confirmer la troisième année car j’ai été blessé. Et, dans ce milieu, on se fait vite oublier… Du coup, j’ai un peu d’amertume. J’aurais aimé qu’on me fasse davantage confiance. Je n’ai pas la prétention de dire que j’aurais été un champion, mais je pense que j’aurais été capable de quelques coups d’éclat. J’aurais aimé faire au moins deux ou trois saisons de plus chez les pros pour prouver ma valeur.

Retourner chez les amateurs vous a permis de vous constituer cet épais palmarès…

Oui, il faut voir le positif. Je me dis que c’est peut-être mieux d’avoir été en première ligne chez les amateurs que figurant chez les pros… De toute façon, même chez les amateurs, j’ai toujours été très pro dans mon approche du vélo. J’avais eu du mal au début de ma carrière à faire des efforts sur la diététique. Mais j’ai vite compris que c’était indispensable pour être performant au haut niveau. Surtout en vieillissant ! Chez les pros comme chez les amateurs, tous les détails comptent.



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