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Mathieu Raynal reconnaît 4 erreurs d’appréciation des arbitres



La sécurité et se prémunir du jeu déloyal durant les matchs de Top 14 et de Pro D2 : voilà la priorité des arbitres français. « On peut véritablement mieux faire. Il y a une forme d’insatisfaction », souligne Romain Poite qui co-manage les arbitres français aux côtés de Mathieu Raynal au sein de la cellule de haute performance de l’arbitrage pilotée par la Ligue nationale de rugby et de la Fédération française de rugby. Le second cité a ciblé des erreurs d’appréciation des arbitres sur du jeu déloyal « ayant crée des polémiques ». Explications. 

Arbitrage : erreurs d’appréciation et polémiques évitables

Depuis le début de la saison 2024-2025, Mathieu Raynal reconnaît qu’il y a eu quatre erreurs d’appréciation sur des actes de jeu déloyal. « Elles ont créé des polémiques et de l’émotion chez le spectateur et on le comprend », précise l’ancien arbitre international. Parmi les situations de jeu visées, il y a le déblayage de Tolu Latu sur le jeune Toulousain Simon Laroque, celui de Bastien Vergnes-Taillefer sur Judicaël Cancoriet ou encore la prise crocodile de David Ribbans. 

Ces exemples désignent une seule et même phase de jeu : le ruck. « Ces erreurs qui ont été faites sur la sécurité concernent toujours le même type de joueur. C’est un joueur vulnérable qui est en train de gratter un ballon. Il n’est pas prêt à la collision et ne s’attend pas à ce qui va lui arriver », explique avec pédagogie et insistance le Catalan. Mathieu Raynal qui sur les exemples cités apporte ces détails : 

La décision prise n’était pas la bonne. On a traité cela avec trop de légèreté. Il faut qu’on élève notre niveau d’exigence là-dessus. On a un devoir là-dessus d’être à 100%. Dès qu’on est en-dessous, on s’expose trop et c’est problématique pour notre sport. Quand on voit ces images-là, on a besoin d’avoir une réponse forte. La sécurité doit être la préoccupation première de l’arbitrage.

Mathieu Raynal
Manager des arbitres du secteur professionnel

Un axe d’amélioration de la cellule de l’arbitrage français

Ce point d’amélioration est au cœur de l’activité de la cellule de haute performance de l’arbitrage français dirigée par Romain Poite et Mathieu Raynal, mise en place durant l’été 2024. Tous les matchs de Top 14 et Pro D2 sont passés au crible de cette cellule qui analyse la prestation de chaque corps arbitral. Les équipes des deux anciens arbitres français internationaux décortiquent les décisions prises par les officiels grâce à un logiciel baptisé Perf’Arbitre. 

Cette plateforme permet d’avoir accès à la vidéo de chaque rencontre. Dans les 36 heures après un match, les quatre arbitres qui ont officié doivent analyser toutes leurs décisions. « Ils qualifient leurs pénalités précises ou non-précises, leurs non-décisions puis posent des questions sur des situations de jeu », explique Mathieu Raynal en montrant la colonne de gauche sur l’écran de la plateforme.

En suivant, un superviseur de la cellule de performance effectue son évaluation de l’arbitrage du match à travers cinq qualifications : non-décision, arbitrage, bonne décision, erreur et décision avec un impact important (High impact décision, HDI)

Arbitres français : 90% de bonnes décisions

« 90% des décisions de nos arbitres sont bonnes. En revanche, on demande à nos arbitres d’être allergiques aux HDI. C’est la décision qui va avoir un impact sur le score ou sur une équipe. Carton jaune donné alors qu’il ne devait pas être donné, un essai validé alors qu’il aurait dû être refusé », détaille l’ancien arbitre catalan. 

L’objectif est de rendre les arbitres performants d’un week-end à l’autre. « Cet outil nous permet de challenger les individus en permanence. Tout le temps, on se remet en question. On peut avoir fait un bon match et avoir quatre erreurs de décision. Ça va être le motif de travail. Rien n’est laissé au hasard. Tout doit être travaillé pour se sublimer et tendre vers la perfection même si on sait qu’elle ne peut pas être atteinte », admet Romain Poite.

Tous les arbitres ont ensuite accès aux rapports de tous les matchs et à leurs statistiques pour continuer à progresser dans leur activité. Ce qui devrait rassurer les plus exigeants des amateurs de rugby.

Par Nicolas Dendri à Paris.



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