Home Sud Marseille. Un psychiatre jugé pour des viols sur trois patientes : « J’étais...

Marseille. Un psychiatre jugé pour des viols sur trois patientes : « J’étais tétanisée »

4
0



Un psychiatre-hospitalier à Marseille est jugé pour des viols sur trois patientes auxquelles il était d’abord apparu comme « un sauveur » avant d’en faire ses « esclaves sexuelles », ont expliqué jeudi les trois femmes devant la justice.

À la barre, il continue de nier les faits, malgré des preuves accablantes.

Des patientes vulnérables

L’une avait consulté Marc Adida pour des obsessions suicidaires, une autre pour des automutilations qu’elle s’imposait depuis l’enfance, une troisième pour des troubles schizophréniques. Et toutes avaient été vite mises en confiance par leur thérapeute.

« Il me trouve des qualités, j’étais flattée qu’il s’intéresse à moi, il était devenu indispensable », témoigne une première victime, qui a dénoncé deux viols commis en 2015.

En remplaçant un diagnostic de schizophrénie par celui de bipolarité, « le Dr Adida m’a beaucoup rassurée », raconte une autre victime, âgée de 28 ans, aujourd’hui en invalidité à 80 % et dans l’impossibilité de travailler.

Vidéos :

Des viols en série

Mais, très rapidement, il n’y a plus rien de thérapeutique et juste des rapports sexuels.
À la quatrième séance, « il commence à me déshabiller », raconte la plus jeune des femmes parties civiles, une étudiante à l’époque âgée de 19 ans : « J’étais tétanisée, sortie de mon corps. Quand il en était à la culotte, j’ai dit ‘Non, arrêtez !’. Mais il a continué, je suis ressortie de mon corps ».

Paradoxalement, cet état de sidération la pousse à retourner voir le Dr Adida. « Dans ma tête, c’est un psychiatre, il y avait espoir qu’il m’aide », explique-t-elle à la barre à Aix-en-Provence jeudi.

Les posologies de médicaments prescrites lui « brouillent la tête » : « son emprise faisait que je n’arrivais à en parler à personne ». Jusqu’à ce 8 mai 2020, quand, sur le portail internet de la police nationale contre les violences sexistes et sexuelles, l’étudiante dénonce les viols par son psychiatre et demande s’il y a « une procédure particulière pour les docteurs ? »

Le psychiatre nie les faits

Toutes racontent les dérives maniaques de leur agresseur, diagnostiqué bipolaire.
Dix ans après les faits, une des patientes décrit son ancien psychiatre comme « un mégalo qui se sent surpuissant et s’est servi de son métier pour dominer : Il voulait changer la psychiatrie, il se sent unique comme Trump ».

Face à tous ces témoignages, Marc Adida, 52 ans, a une nouvelle fois nié toute responsabilité. Confronté aux SMS et courriels adressés aux victimes, dont certains sont accablants, il évoque alors une manipulation via « des applications toutes simples ».
Le réquisitoire était prévu pour vendredi matin et le verdict attendu dans l’après-midi.

Avec l’AFP



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here