Elle devait durer deux ans, elle n’a tenu que quelques mois. Lancée dans deux établissements de Paca, l’un dans les Bouches-du-Rhône, l’autre à Nice, l’expérimentation de l’uniforme au lycée est abandonnée.
À l’« arrêt », selon le président de la région Renaud Muselier (Renaissance), qui l’a annoncé à La Provence il y a quelques jours, elle serait en fait « suspendue », d’après la collectivité, contactée ce mardi 4 mars par actu Marseille.
Quelles sont dans tous les cas les raisons de ce stop brutal ?
Une question de budget
L’appel de Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait été entendu en Paca. En début d’année 2024, la région s’était portée candidate la première : « Les lycées Les Palmiers à Nice et Jean d’Ormesson à Châteaurenard sont volontaires pour expérimenter la tenue unique ».
Renaud Muselier, le président de la collectivité, estimait qu’elle « permet d’atténuer la différenciation sociale entre les élèves et un environnement plus apaisé ».
Le test avait donc commencé à la rentrée, en septembre. Patatras, il a été stoppé net au début de l’année. Une question… de budget.
Des arbitrages de l’État
Cette expérimentation devait être financée à parts égales entre l’État et la région. Le premier ayant décidé de se désengager, dans le cadre d’arbitrages budgétaires, le second n’a pas pu suivre.
Et selon la région, ce revirement ne serait que « la conséquence directe de la motion de censure déposée par le RN » qui avait fait tomber le gouvernement Barnier, tance-t-elle, répondant à un communiqué des cadres locaux du parti d’extrême-droite.
Le Rassemblement National, toujours prompt à critiquer sans jamais proposer ou financer quoi que ce soit, a voté contre des mesures cruciales comme le plan «Agir pour ne pas subir» contre le harcèlement scolaire, ou notre politique de valorisation de l’identité régionale.
Les députés Franck Allisio et Catherine Rimbert regrettaient : « plutôt que de se battre, Renaud Muselier préfère renoncer ».
Un investissement de 500.000 euros pour rien ?
Le patron de Paca « a choisi de ne pas faire peser cette incertitude sur le pouvoir d’achat des parents d’élèves », explique la collectivité à actu Marseille ce mardi 4 mars.
D’autant plus qu’avec cette mesure, il espérait permettre aux « familles » de ne pas « débourser 1 € pour habiller leurs enfants les jours au lycée ».
La collectivité (comme l’État a priori) a donc dépensé 500.000 euros, à date, pour une mesure qui ne se concrétisera pas, au moins dans l’immédiat. Elle assure qu’elle continuera « à porter cette mesure avec sérieux et détermination ».
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