La chute mortelle d’une femme de 56 ans, le jeudi 27 février, dans une tombe laissée ouverte au cimetière Saint-Pierre, dans le cinquième arrondissement de Marseille, suscite colère et incompréhension.
Sur place ce lundi, Bernadette, une habituée des lieux, assure à actu Marseille qu’elle avait elle-même signalé le danger « il y a plus d’un an et demi ». Rien n’a été fait.
« Elle était là tous les après-midi »
Bernadette arrange les fleurs sur le caveau familial. Elle est sous le choc. La nouvelle est arrivée jusqu’à elle ce lundi matin : une femme de 56 ans qu’elle croisait régulièrement dans le carré 50 du cimetière Saint-Pierre est morte en venant se recueillir sur la tombe de sa fille. « Elle était là tous les après-midi depuis qu’elle l’a perdue de manière très subite », explique la septuagénaire, des larmes dans les yeux.
« C’est elle qui a tout décoré ici. Il y a des guirlandes de colliers un peu partout, des inscriptions, des petits galets peints. Elle a fait des hommages à sa fille et à d’autres enfants également partis un peu partout », raconte-t-elle encore.
Le jeudi 27 février, lors d’une de ses visites, la victime a basculé dans des circonstances encore inconnues dans une tombe d’une allée voisine laissée ouverte. Une chute d’une hauteur de 3m fatale. Les marins-pompiers n’ont pu que constater le décès.
« On m’a répondu que ce n’était pas du ressort du cimetière »
Le danger avait pourtant été signalé aux autorités funéraires, au moins par Bernadette. « Ça fait au moins un an et demi, peut être deux, que c’est comme ça, que la dalle s’est cassée puis qu’elle a totalement disparue, précise la retraitée. J’ai alerté mais rien n’a été fait. »
Comme il m’arrive de venir avec ma petite-fille et que ça m’inquiétait, je suis allé au bureau d’accueil pour que quelque chose soit fait. On m’a répondu que ce n’était pas du ressort du cimetière puisqu’il s’agissait d’une concession qui a été vendue. Mais ça peut rester comme ça des années si le propriétaire ne se manifeste pas.
Depuis les faits, trois morceaux de rubalise barrent (très) symboliquement l’accès au caveau dans lequel la victime a perdu la vie. À quelques mètres de là, dans la même allée, juste en face, un autre tombeau est également grand ouvert depuis des mois. Aucune protection n’est installée. Le risque d’y chuter d’une hauteur de 3m est exactement le même.

« Il vaut mieux bien regarder où on marche »
Sur place, ce lundi, les agents du cimetière ont eu la consigne de ne pas répondre à la presse. Un d’eux n’avait pas encore appris la nouvelle. Il est complètement soufflé : « Les cimetières sont dangereux mais je ne savais pas qu’ils l’étaient à ce point-là ».
« C’est vrai qu’ici, il vaut mieux bien regarder où on marche et faire très attention. Beaucoup de concessions sont totalement à l’abandon », explique également à actu Marseille une employée d’une entreprise de pompes funèbres, située tout à côté.

Un commerçant en lien avec le cimetière « s’étonne que rien n’ait été fait », alors que la section concernée est « l’une des plus fréquentées, avec le carré musulman juste à côté ». Il se ravise. « Remarque, moi aussi, j’ai déjà signalé un problème avec des pavés qui se détachent dans le parking. Des personnes âgées sont tombées. Deux ans après, RAS. »
La Ville de Marseille dit ne pas être responsable
« Je ne comprends pas pourquoi on n’a pas mis au moins un petit bout de grillage au nom de la sécurité, appuie encore Bernadette. Tout ça ne serait pas arrivé. »
Quelque chose aurait-il donc pu ou dû être fait ? Sollicitée par actu Marseille, la Ville, gestionnaire des lieux, explique en substance ne pas être responsable. Par voie de communiqué de presse, elle « rappelle que la fermeture et la sécurisation des concessions relèvent en premier lieu de la responsabilité de leurs propriétaires ».
La direction funéraire rappelle les opérateurs et les propriétaires défaillants à leurs obligations en matière de sécurité, lors des ouvertures de concessions préalables aux inhumations comme en cas d’absence de dispositif de fermeture des concessions.
Elle ajoute qu’elle se réserve donc « la possibilité de porter plainte contre X » dans le cadre de cette affaire, pour laquelle elle « apportera tout son concours » à la justice.
Une enquête est ouverte. Une autopsie du corps de la victime a été ordonnée.
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