jnews.fr

Marine Le Pen lance une ode au nucléaire et à l’EPR de Flamanville



« Prouesse technologique », « chef-d’œuvre d’innovation », « cathédrale de notre souveraineté énergétique ». Les mots de Marine Le Pen à la sortie de sa visite de l’EPR de Flamanville (Manche), mardi 11 mars 2025, sont dithyrambiques.

La patronne du Rassemblement national (extrême droite) profitait de sa venue pour rappeler son soutien à l’énergie nucléaire, primordiale, selon elle, tant « pour la transition énergétique que la compétitivité industrielle ».

Elle veut la construction de cinq paires d’EPR

Il est loin le discours du lendemain de l’accident de Fukushima, le 9 février 2017, il y a 14 ans jour pour jour, qui qualifiait le nucléaire de « dangereux ». « Est-ce qu’on a le droit de dire que le nucléaire est une énergie décarbonée, abondante, et à bas prix tout en disant qu’il y avait des risques, qu’il y en a sûrement encore parce que c’est une technologie dangereuse », se défendait-elle.

« La voiture aussi est dangereuse. Alors, il faut en permanence travailler à chercher les moyens de sécuriser cette technologie. Et c’est exactement ce que fait l’EPR de Flamanville. On n’abandonne pas une technologie parce qu’elle représente un danger. »

Elle en est convaincue, le nucléaire, plus que l’éolien, le solaire ou autres « énergies intermittentes » comme elle les qualifie, est l’avenir. Elle confirme sa volonté de construire cinq paires d’EPR, et cinq de plus d’EPR 2.

Qu’importe si la centrale visitée ce jour était encore à l’arrêt (pour la résolution du défaut d’alignement initial du groupe turboalternateur) ou les milliards supplémentaires de surcoût de production de l’EPR de Flamanville (19,1 milliards au lieu des 3,3 milliards d’euros initiaux).

« Inadmissible »

« Si l’EPR a subi autant de retard et d’augmentation du coût, c’est en premier lieu en raison de l’hésitation des politiques. Parce que c’est un petit peu comme ce que l’on fait subir à nos centrales, les problèmes de corrosion, j’avance, je recule, je me mets à l’arrêt sur le nucléaire. Sans compter les Allemands qui se sont mis dans le projet puis retirés. Tout cela a eu des conséquences. »

Marine Le Pen reprend : « Mais justement, ce qui a été long c’est de retrouver ce savoir-faire. Désormais, ils l’ont. Il ne s’agit pas de se mettre de nouveau à l’arrêt pour perdre à nouveau ce savoir-faire. Il faut bien entendu dupliquer cet EPR pour pouvoir reconstituer définitivement notre capacité technologique. »

Alors « inadmissible », selon elle, de ne pas déjà avoir le financement pour la construction des EPR2 annoncée par le président Emmanuel Macron quand les projets éoliens offshore sont « arrosés de dizaines de milliards de subventions publiques ».

Elle dénonce la PPE envisagée

Incompréhensible les start-up subventionnées sans vision stratégique sur les SMR (les petits réacteurs nucléaires) et aujourd’hui en difficulté sans le soutien des finances publiques. Marine Le Pen a donc profité de ce déplacement à Flamanville pour dénoncer la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2025-2035.

« Nous venons d’apprendre que l’adoption de la PPE s’effectuerait par décret. Cela nous pose un problème majeur. C’est une manière de contourner le Parlement. On parle d’une date début avril 2025. Je demande donc à M. Bayrou de renoncer à l’adoption par décret mais de respecter la démocratie et de faire passer par une loi pour qu’elle puisse être discutée et potentiellement contredite par le Parlement. »

Elle ajoute : « Cette PPE est catastrophique. Elle va coûter plus de 100 milliards d’euros, elle aggrave la politique décroissante d’Emmanuel Macron et étouffe la souveraineté, l’industrie et le pouvoir d’achat ».

Contre la baisse de la consommation d’énergie

Elle dénonce surtout les aides aux énergies renouvelables, les prix du pétrole et du gaz qui ne baissent pas et la volonté de baisse de la consommation d’énergie « de 1 500 TWh à 1 380 TWh ».

« Quand la consommation électrique est en hausse, c’est la richesse produite qui augmente. Quand la consommation électrique baisse, nous sommes dans une situation de décroissance et notamment de décroissance industrielle ». Alors, Marine Le Pen le crie : « Longue vie à l’EPR de Flamanville et longue vie au parc nucléaire français ».



Source link
Quitter la version mobile