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Manu Reynaud et Clothilde Ollier, deux exclus encombrants pour Les Écologistes

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Il eut été étonnant que les propos tenus par Manu Reynaud durant sa conférence de presse mercredi ne fassent pas réagir Les Écologistes à Montpellier dont il conteste son exclusion en justice. Hasard du calendrier, Clothilde Ollier espérait également sa réintégration par le bureau régional. Les deux devront encore patienter. Comme toujours, rien n’est simple chez les Verts…

Manu Reynaud conteste en justice

À Montpellier, l’histoire des écologistes en politique, peu importe le nom qu’ils revêtent, est loin d’être un long fleuve tranquille. À un an des municipales, tout se met en place pour perpétuer cette tradition de la guerre intestine où les divisions internes ne masquent pas les unions de façades. Quand il est parfois plus facile pour certains écolos, à l’instar de Manu Reynaud et Clothilde Ollier, de s’entendre avec d’autres partis que le leur, la solution est-elle de les en mettre au ban ? C’est ce que contestent les deux, sans être d’accord l’un avec l’autre. Si vous ne suivez pas, c’est normal, et nous n’avons pas encore évoqué le Parti Socialiste et La France Insoumise.

Après son exclusion en novembre dernier du parti Les Écologistes, Manu Reynaud a décidé de contester la décision devant la justice en engageant une action en référé au tribunal judiciaire de Paris. Une procédure d’urgence permettant aux juges de prendre des mesures provisoires et rapides pour régler un litige sans pour autant le régler définitivement contrairement à un procès au fond, à la procédure beaucoup plus longue.

Avec le Congrès des Écologistes à la fin du mois en ligne de mire, Manu Reynaud espérait ainsi sa réintégration, il devra encore patienter. « La demande d’injonction d’annuler une décision disciplinaire qui suppose, préalablement d’en constater la nullité, a pour conséquence de trancher le fond du litige et ne peut être considérée comme une mesure qui aurait une nature provisoire, telle qu’envisagée par l’article 853 du code de procédure civile. Dès lors, la demande formée par Monsieur Reynaud excède les pouvoirs du juge des référés, juge de l’évidence et du provisoire, et il n’y a pas lieu à référé » ainsi motivé le tribunal.

Renvoyé au fond

Ayant une lecture différente de celle de Manu Reynaud et son avocat Me Maxime Rosier, qui poursuivront la démarche au fond, Les Écologistes ont réagi par un communiqué de presse cosigné par François Thiollet, secrétaire national adjoint, et Julia Mignacca et Saïd Boya, co-secrétaires à Montpellier. « Contrairement à ce qui est affirmé par M. Reynaud et son conseil, le juge ne qualifie dans sa décision à aucun moment l’affaire de “trop grave”, mais a considéré qu’il n’y avait pas lieu à référé, et a condamné M. Reynaud à verser 3 000€ aux Écologistes ». Une somme, demandé au demandeur qui n’a pas obtenu le référé, correspondant au titre des frais irrépétibles ainsi qu’aux dépens en application de l’article 700 du code de procédure civile. De plus, le juge des référés étant allé dans le sens de l’argumentation de la défense, Les Écologistes fustigent les explications adverses : « Laisser penser que cette décision est prise sous influence du contexte politico-judiciaire est, par contre, une accusation grave, l’indépendance de la justice étant un principe fondamental de notre État de droit ».

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Et si lors de sa conférence de presse, entouré de soutien dont des élus écologistes restés fidèles à l’exécutif de Michaël Delafosse, Manu Reynaud a appelé à ne pas fragiliser les majorités de gauche en vue des municipales, les portes-paroles des Écologistes n’ont pas goûté cette analyse et son destinataire. « M. Reynaud attaque systématiquement notre mouvement, nous ne sommes pas certain qu’il s’agisse de la meilleure stratégie pour promouvoir la vision rassembleuse qu’il dit promouvoir pour Montpellier. Et concernant les prochaines élections municipales, ce seront les adhérent.es des Écologistes qui décideront, le temps voulu, de leur stratégie et de leur alliances ». Bref, ambiance habituelle chez les Verts montpelliérains…

Le PS dans le viseur

Une autre exclue des Écologistes espérait sa réintégration ce jeudi à l’occasion du bureau régional. L’histoire entre EELV et Clothilde Ollier avait bien commencé à Murles dont elle était maire jusqu’à l’explosion lors des municipales 2020 à Montpellier où, après avoir d’abord été tête de liste, les épisodes se sont multipliés sur fond de divergence d’orientation politique avec son directeur de campagne qui n’était autre que Manu Reynaud, provoquant ainsi son exclusion par le bureau national, avant que Jean-Yves Dormagen éprouve à travers elle la différence entre l’analyse et la pratique de la politique, jusqu’à finalement rejoindre au second tour une alliance, poussée par Rémi Gaillard, avec Mohed Altrad et Alenka Doulain.

Ayant donc fait sa demande de réintégration chez Les Écologistes depuis son exclusion en février 2020, celle-ci n’a pas été validée. Bien qu’obtenant 51,52% des bulletins en sa faveur quand 60% étaient demandés, Clothilde Ollier dit « se heurter à un blocage absurde orchestré par Jean-Louis Roumégas et les alliés de Manu Reynaud » et dénonce le procédé en rappelant : « Jean-Louis Roumégas avait lui-même mené une liste dissidente après sa défaite au primaires des écologistes lors des dernières municipales, et Manu Reynaud avait fait sauter la liste écologiste donnée gagnante face au PS. Aujourd’hui, les mêmes, main dans la main, poursuivent leur œuvre de division… toujours dans l’intérêt du Parti Socialiste. Ce jeu d’appareils au service du statu quo n’a qu’un objectif : empêcher tout changement politique à Montpellier et préserver un système verrouillé ».

Quelle stratégie aux municipales ?

Conseillère municipale d’opposition au sein du groupe MUPES, aux sensibilités très France Insoumise, Clothilde Ollier réaffirme par ailleurs son soutien chez les Écologistes à Julia Mignacca « dans sa démarche de rassemblement municipaliste avec les forces vives de la ville. Il est temps de tourner la page et de construire un projet pour Montpellier en rupture avec les petits arrangements entre amis ».

Pour rappeler d’où parlent toutes ces personnalités, précisons qu’en janvier dernier les Écologistes de Montpellier ont élu leur comité d’animation en vue de préparer les municipales. Trois motions avec trois visions des alliances cohabitent : « Rassembler » portée par le député Jean-Louis Roumégas et Coralie Mantion, sortie de la majorité montpelliéraine, (47%, 5 sièges) favorables à une candidature seule ; suivie de « Faire ensemble » portée par Marie Massart et Stéphane Jouault, proches de Manu Reynaud, (31%, 3 sièges) décidés à poursuivre le rassemblement avec Michaël Delafosse ; et « Montpellier collectif » portée par Julia Mignacca (21%, 2 sièges) déterminée à pousser vers une alliance avec La France Insoumise sans le PS. Le Congrès fin avril devrait donner une idée de l’orientation prise aux municipales par Les Écologistes. Mais de là à ce que cela suivi par tout le monde au niveau local ? On l’a dit rien n’est jamais simple chez Les Écologistes… et particulièrement à Montpellier.



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