Jamais la ville de Rouen (Seine-Maritime) n’a autant investi. Voici, en substance, ce qu’a déclaré le maire, Nicolas Mayer-Rossignol, lors de la présentation du budget pour l’année 2025, ce lundi 20 janvier. Et cela malgré les coupes budgétaires annoncées (mais dont on ne connaît pas encore les détails) par les gouvernements Barnier et Bayrou. Matthieu de Montchalin, adjoint en charge – notamment – des finances, décrypte pour 76actu les principaux enseignements de ces investissements et assume rallonger le ratio de désendettement. Explication.
Des dépenses multipliées par 2,5 en cinq ans
Oui, c’est vrai, jamais la Ville de Rouen n’avait autant investi. « On a récupéré la ville avec des finances saines, grâce au travail rigoureux d’Yvon Robert et ses équipes », salue Matthieu de Montchalin. Le point de départ, selon lui, des dépenses d’aujourd’hui.
Et de citer une épargne brute qui se maintient autour de 18 millions d’euros et un ratio de désendettement en constante diminution (le nombre d’années théoriques nécessaires pour rembourser la dette). Ce dernier s’est fixé autour de cinq ans, bien loin de la cote d’alerte des 10 ans. Enfin, pour clore le chapitre chiffres, en cinq ans, les dépenses d’investissement ont été multipliées par 2,5. De 22,6 millions en 2020 d’euros à 57,2 millions d’euros cette année.
« Des finances saines qui nous permettent de mettre en place le programme pour lequel le maire a été élu. Ces dépenses, ce sont des choix politiques. Et dans ce contexte, c’est ma fierté de savoir que nous sommes restés ambitieux en restant vigilant avec l’argent des Rouennais », glisse l’élu qui va bientôt terminer son mandat.
Que retenir, dans les (très) grandes lignes des investissements 2025 ?
Comme indiqué dans notre graphique, Matthieu de Montchalin dégage quatre grandes dépenses pour cette année. « Il y a quelque chose de très visible, ce sont les travaux dans les piscines du Boulingrin et de l’Île Lacroix. Et c’est un défi, car on fait des travaux tout en gardant l’équipement ouvert. » Total de la facture pour ces aménagements qui doivent se terminer dans l’année ? 5 millions d’euros. Le tout avec en ligne de mire l’ouverture d’une piscine « avec tout le confort moderne » en 2027 sur les Hauts de Rouen.
Citons aussi les vastes travaux de renouvellement urbains (au sigle barbare de NPNRU pour nouveau programme national de renouvellement urbain). « Ça, c’est 100 millions d’euros en dix ans pour la ville. » En résumé, il va s’agir de vastes travaux d’aménagement sur les Hauts de Rouen. « Dans les habitations, les équipements publics, sur la dalle commerciale… » Au bout du bout, « on va moderniser le quartier ». Les premiers coups de pelle ont lieu cette année, mais il va falloir s’armer de patience, car la livraison de ce gigantesque projet, financé à moitié par l’État et de nombreux acteurs, est prévue au milieu des années 2030. Pour 2025, la ville de Rouen a débloqué 12 millions d’euros.
Le saviez-vous ? Rouen est propriétaire de 700 bâtiments. Un patrimoine colossal qui engendre des frais qui le sont tout autant. Une importante part de l’investissement se retrouve donc dans la rénovation énergétique des bâtiments. Matthieu de Montchalin utilise d’ailleurs un exemple parlant pour montrer l’importance de tels travaux. « Lorsque la rénovation énergétique de la mairie (qui a été lancée sous Yvon Robert) a été terminée, on a économisé 60 % sur la facture d’électricité. » Sur le mandat, Rouen va dépenser 45 millions d’euros en rénovation énergétique. « C’est concret aussi. Car là, ce sont notamment les enfants et le personnel dans les écoles qui en bénéficient. » Pour 2025, c’est 7,5 millions d’euros qui sont versés dans ce but.
Enfin, on peut signaler les projets de renaturation des cours d’école. « On a 54 cours d’école », précise l’adjoint. « On renature environ 10 cours par an. On pourra affirmer qu’on a fait le tour en 2027. » En 2025, cela va représenter une somme de 2,5 millions d’euros.
Le ratio de désendettement va augmenter
« On a continué à faire baisser la dette coûte que coûte pour être prêt à assumer de nouveaux emprunts », explique l’adjoint. Mécaniquement, suite à l’adoption de ce budget primitif, le ratio pour se désendetter va augmenter. Dans le détail, Rouen va passer de 5 à 8 ans. « Huit ans, c’est la moyenne des villes de notre taille [au sens de l’Insee] », précise Matthieu de Montchalin.
« Si on reste à cinq ans, il n’y a pas de nouvelles écoles, pas de nouvelles piscines. Il faut savoir investir pour nos enfants et nos petits-enfants pour maintenir notre attractivité. » Avant de préciser : « Ce sont des choix politiques qu’on assume. On peut discuter des projets dans lesquels on investit, mais les finances sont bonnes. »
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