La campagne des municipales 2026 s’est invitée au conseil municipal de ce jeudi 27 mars à Lyon. Les candidats déclarés, notamment Pierre Oliver (Les Républicains), ont lancé les hostilités et la majorité de gauche n’a pas manqué de leur répondre sur fond de vote du budget 2025 de la Ville. Le premier épisode d’une guerre d’un an pour la mairie.
Pierre Oliver, candidat LR, allume la première mèche
Le message de Georges Képénékian, également candidat à la tête de la mairie en 2026, n’a pas vraiment été entendu ce jeudi matin. En début de conseil, l’ancien maire intérimaire de la Ville a proposé de mettre les ambitions politiques de chacun de côté le temps du vote du budget. Raté.
Dès la prise de parole de Pierre Oliver, le ton bascule : « 59% des Marseillais se disent satisfaits de leur maire quand ils ne sont 42% de Lyonnais. » Il énumère les chiffres du sondage révélé en exclusivité par actu Lyon sur l’action du maire Grégory Doucet pour démontrer le « rejet » de ce dernier.
« Que dire quand nous voyons que la Métropole va supprimer 80 000 euros pour la Fête des Lumières, subvention votée depuis 2015. Quand on voit la taxe de séjour qu’encaisse la Métropole, l’engagement était modeste. Il est passé à nul sans aucune manifestation de votre part », relève l’élu d’opposition et candidat de la droite.
Il souligne, non sans ironie, la « nouvelle appétence » du maire écologiste pour la vidéosurveillance avec l’annonce de nouvelles caméras en janvier. Pierre Oliver joue sur les mots, invective la majorité, et ce, dès sa première intervention. Il met le feu aux poudres.
La députée socialiste Sandrine Runel tire sur la droite et le centre
Sandrine Runel, élue dans la majorité au sein du Parti socialiste, qui n’a pas encore désigné de candidat pour les municipales lyonnaises, s’est amusée des « neuf candidatures qui se sont déclarées disponibles avec, pour finir, celui qu’on attendait plus, Monsieur Pierre Oliver. »

Là encore, dans son discours, l’ironie va bon train dans le ton de la députée du Nouveau front populaire.
Quand j’entends l’ambition affichée et les ruptures de certains qui se résument à moins de travaux, pas de ZFE… j’entends le Premier ministre (NDLR François Bayrou). Je vous invite à faire pression sur vos amis du gouvernement pour qu’ils arrêtent de faire les poches de la ville et qu’ils recrutent plus de policiers nationaux. Lyon mérite un projet et cela exige de la clarté. Ne transformons pas les élections municipales en jeu qui consiste à faire tomber des quilles… vertes.
La candidate Nathalie Perrin-Gilbert attaque Grégory Doucet
La salle s’électrifie un peu plus. Une autre candidate en rajoute une couche. Nathalie Perrin-Gilbert, ex-adjointe à la Culture, évoque les coups de ciseaux de la Métropole sur son ancienne délégation.
« Je pense au musée des Confluences qui perd 1,4 million d’euros, locomotive du territoire, ou aux 15 000 euros supprimés au théâtre des Célestins. Monsieur le Maire, on a besoin d’une Ville qui soit défendue face à la Métropole. » Une attaque directe portée à Grégory Doucet, son ancien patron.
Laurent Bosetti (LFI) règle ses comptes avec Pierre Oliver
Puis les élus de gauche vont se tourner vers Pierre Oliver, dont la candidature et l’annonce des 2000 caméras s’il est élu semblent cristalliser les tensions. Adrien Frioli, non-inscrit, l’accuse de propager des « fake news », puis Laurent Bosetti, adjoint La France insoumise de Grégory Doucet, lui propose de calculer le coût de ses propositions de campagne sur la sécurité.
« Vous allez créer 100 nouveaux postes de policiers municipaux, déployés 2000 caméras. Il faut chiffrer tout ça. Vous allez donc chiffrer 5 millions d’euros supplémentaires pour 100 nouveaux postes et ajouter 4,2 millions d’euros pour les 2000 caméras », estime Laurent Bosetti.
« Rajoutez raisonnablement 1 million d’euros pour les hausses de salaires afin d’être attractifs lors du recrutement. Vous êtes déjà à 10 millions d’euros sans augmenter les impôts… L’argent magique. Et je ne compte même pas l’entretien du parc de caméras.
La copie est à revoir mais je mets ça sur la difficulté de cette semaine avec les nombreuses candidatures à droite. » La bombe est envoyée.

Pierre Oliver : « Vous êtes en train de cramer la caisse »
Sourire en coin, Pierre Oliver a du mal à cacher sa joie en voyant ses adversaires remontés contre lui. « Je ne pensais pas que l’annonce de ma candidature vous mettrait dans cet état », lâche-t-il.
Concernant « l’argent magique », l’élu de droite s’appuie sur le modèle de la région de Laurent Wauquiez, « région la mieux gérée de France » financièrement. « La réalité, c’est que vous êtes en train de cramer la caisse. Vous recrutez des penseurs dans des bureaux et démultipliez les subventions aux associations militantes. C’est ce que nous dénonçons. »
Grégory Doucet : « Il n’y a pas de mauvaise gestion »
Face à ces attaques, le maire de Lyon a plutôt laissé répondre ses adjoints. Même si, par la force des choses, Grégory Doucet a dû rentrer timidement dans l’arène : « Il n’y a pas de mauvaise gestion, pas de postes cachés avec des agents publics qui seraient dans des bureaux en train de se tourner les pouces, c’est insupportable d’entendre ça », rétorque Grégory Doucet en visant les allégations de Pierre Oliver. « C’est une méconnaissance de l’administration de notre ville. »
Le premier édile n’ira pas plus loin. Le maire de Lyon réaffirmera seulement que les finances de la Ville sont « saines, bien gérées » et pour cela pas besoin du titre de « Ville la mieux gérée de France » pour s’en vanter. L’élu écologiste mettant en avant les 83 millions d’euros de désendettement de la commune depuis le début de son mandat.
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