Pour sa première saison en pro, Mathis Castro-Ferreira a fait fort. Très fort même. 15 matchs, 9 essais, un doublé Top 14/Champions Cup : à 20 ans, c’est jouissif. Là, le Haut-Pyrénéen dispute l’exercice de la confirmation, souvent le plus dur. Mais pas de quoi effrayer ce vrai mordu de ballon ovale, arrivé à Toulouse à 14 ans et placé dans une famille d’accueil, et qui a été affublé du surnom de « Croqueur » par son pote Clément Vergé. Actu Rugby l’a rencontré : voici 7 choses à savoir sur Mathis Castro-Ferreira.
Il a fait de la lutte
Chez les Castro-Ferreira, on a le rugby dans le sang. Arrière-grand-père, grand-père, papa, cousin, cousine, oncle… Tous ont tâté le ballon ovale. Mathis a découvert la discipline très, tôt, à l’âge de 4 ans, au sein du club de rugby de Maubourguet (Hautes-Pyrénées).
Mais en parallèle, il a aussi fait un autre sport : la lutte. « J’étais un gamin qui bougeait beaucoup à la maison. Mes parents ont pensé à un sport de combat, et qui pourrait m’aider pour le rugby. Cela m’a permis d’avoir des réflexes », raconte Mathis.
La lutte, il la pratique du primaire au collège, et arrête lorsqu’il a fallu rejoindre le Stade Toulousain, à 14 ans. De ce sport, Mathis en garde encore aujourd’hui bien des techniques, très utiles dans le rugby. « Pour le jeu au sol, pour être bas sur les appuis. La lutte, elle te permet aussi d’être dur au contact », avoue le 3e ligne de 21 ans.
Une famille fan du Stade Toulousain
Mathis le reconnaît à l’envi : depuis son plus jeune âge, il est fan du Stade Toulousain. « Comme toute la famille », spécifie-t-il. C’est lors d’un stage d’été organisé à Garaison qu’il tape dans l’œil du club Rouge et Noir. « Ils m’ont approché pour savoir si j’étais prêt à prendre une double licence en Minimes ». À 14 ans, Mathis débarque donc à Toulouse, et se concentrera à 100% au Stade Toulousain lors de son passage en Cadets.
Signer pour le club dont on est un fan absolu, c’est le rêve qui devient réalité. « L’histoire, les joueurs passés et actuels : tu sais que c’est rare de rentrer dans ce club-là. Tout le monde en rêve. Quand on te contacte une fois, tu sais que cela n’arrive pas une seconde. Tu ne peux pas dire non. D’autant plus quand tu viens d’un petit club comme le mien. Le téléphone a sonné, j’ai dit oui », se remémore l’intéressé.
Il n’a rien oublié de la réaction de sa famille. « Ils avaient tous les étoiles plein les yeux ». Et Mathis de rajouter : « Ils en ont encore plus aujourd’hui. Pour arriver en pro, le chemin est long, et ils ont conscience du travail fourni ».
Famille d’accueil
Du travail fourni, mais aussi par quoi Mathis est passé. Quand il débarque à Toulouse à 14 ans, il ne peut pas se permettre de faire des allers-retours jusqu’à Maubourguet tous les jours. Il est donc placé dans une famille d’accueil. « Je ne vais pas mentir : cela n’a pas été simple. Heureusement, la famille d’accueil dans laquelle j’étais avait un fils qui jouait en Minimes à Toulouse. Cela a facilité la chose », lâche Mathis.
Ce sujet, il en parle, même si on sent dans le son de sa voix que cela l’a marqué. « De voir le garçon chez qui je vivais passer de bons moments, faire des câlins à ses parents alors que les miens étaient à 2h de route, c’était dur. Je n’ai pas eu de regrets, mais j’avoue avoir eu des petits coups de mou. Il y a eu des moments où j’ai eu besoin de mes parents, mais ils n’étaient pas présents physiquement à l’instant T. Je me suis accroché ».
En Cadets, le rythme est le suivi : 3 week-ends de match, puis une coupure d’une semaine. De quoi permettre à Mathis de retrouver les siens. « Je rentrais chez moi une fois par mois. Ce week-end là, je restais à la maison et je profitais au maximum de mes proches ».
Cette famille d’accueil, Mathis a toujours des contacts avec elle. « On s’entend très bien, je la remercie encore. Sans elle, peut-être que l’opportunité de jouer à Toulouse n’aurait pas pu se faire ».
Il aimait… Luke McAlister
Fan du Stade Toulousain, Mathis affichait toujours dans sa chambre le poster des Rouge et Noir de la saison en cours. « Et puis, il y avait les photos prises avec des joueurs, comme Dusautoir, Picamoles. J’avais aussi des posters des All Blacks », précise-t-il.
Un joueur préféré ? « Je ne sais pas pourquoi, j’ai beaucoup aimé Luke McAlister ». Cela détonne, d’autant plus que Mathis a toujours joué 3e ligne, lui le grand passionné du rugby. « Le week-end, je ne ratais pas un match. Je matais même le Super Rugby ou le Four Nations tôt le matin. Je suis un vrai mordu. Il fallait que mes parents aient beIN Sports pour que je puisse tout regarder. Je ne ratais pas un match : il y avait souvent mon père à côté de moi ».
Un premier match pro sur un terrain… bouillant
International U18, puis U20 (champion du monde U20), Mathis Castro-Ferreira a disputé son premier professionnel un après-midi de septembre 2023. « À Oyonnax (victoire 21-27, NDLR), je m’en rappelle très bien. C’était sur un synthétique qui était BOUI-LLANT ».
Cette première feuille de match en pro, il en a été informé par David Mélé et Jerome Kaino, ses coachs chez les Espoirs. « J’ai pris une grande inspiration, et je me suis dit « ça y est, c’est le grand jour. On m’avait calmé, car je stressais un peu ».
Un stress qui s’est propagé jusqu’au jour du match. « Oui, j’ai eu beaucoup du stress. Ça y est, je mettais un pied dans le monde pro, je découvrais ce que c’était. Cela a un autre parfum. Il y a un enjeu de résultat, de performance individuelle et collective. Je m’étais mis du stress car je m’étais dit que je ne savais pas si j’y regoûterai un jour ». Avant de conclure : « Ce fut quand même un moment magique ».
La suite ? Quelques matchs, puis un retour en Espoirs. Avant de s’affirmer durant la période des doublons du Tournoi des 6 Nations. En tout, 15 matchs, pour 9 essais. Solide.
Si en septembre 2023, on m’avait dit que j’allais faire une saison comme ça, jamais je n’y aurais cru. J’aurais signé de suite s’il y avait un papier. Avec un an de recul, je trouve qu’il y a eu une bonne saison de ma part, même si je dois améliorer des choses, et ça va me permettre de construire pour la suite.
Surnom : « Croqueur »
Si un temps il fut appelé « Beethoven », Mathis, qui porte un tatouage sur l’avant-bras en la mémoire de son arrière-grand-père décédé, a hérité du surnom de « Croqueur ». « Cela vient de Clément Vergé, puis ça s’est répandu chez les U20. En Espoirs, j’étais meilleur marqueur d’essais un temps. On se mettait quelques pièces avec les ailiers. Et quand je marquais, Clément Vergé venait me voir, me mettait une petite tape derrière la tête, et me disait : « eh Croqueur, un de plus… ».
Marquer, Mathis aime ça. « Oui, je ne vais pas mentir, j’aime ça. Après, ce ne sont pas non plus des actions de 80m, c’est souvent proche des lignes. Après, si je ne marque pas mais que je fais un très bon match, ça me va aussi. L’essai, c’est un plus. Mais d’abord, je me concentre à la tâche ». Auteur de 9 essais l’an passé, Mathis reste sur deux réalisations lors de ses deux dernières sorties, contre Bayonne et Vannes en Top 14.
Une passion pour le padel
Petit, Mathis voulait faire kiné. Au lycée, il a étudié la finance. « L’après, il faut y penser », dit-il. « Cela m’arrive d’en parler avec des partenaires lors des après matchs ». Et s’il n’avait pas été rugbyman ? « Je pense que je serais toujours dans ma petite campagne, tranquillement. Et comme ma famille est issue du monde agricole, probablement agriculteur ».
Le rugby, c’est tout pour Mathis. Mais dernièrement, il s’est trouvé une passion. « J’ai bien accroché au padel. Lors des journées OFF, on se fait des matchs pour se distraire avec certains coéquipiers à Toulouse ». Ils n’ont pas besoin d’aller bien loin pour cela : le complexe d’Ernest-Wallon dispose de terrains de qualité.
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