A La Roche-sur-Yon, la gauche a-t-elle tiré des leçons de son échec aux Municipales de 2020 ? A première vue, oui.
Samedi 29 mars, près de 160 personnes se sont retrouvées à la maison de quartier de Saint-André-d’Ornay pour sceller les bases de l’Union de la gauche. Un nouveau collectif de citoyens, militants, élus… unis en vue de ravir la mairie à la droite lors des Municipales de 2026.
La démarche, lancée il y a près de deux ans, se veut inédite. « La façon dont on va construire la campagne électorale va être un signe de ce que nous serons plus tard en tant qu’élu », a indiqué le conseiller municipal d’opposition Nicolas Hélary, lors d’un point presse.
« Les erreurs d’il y a six ans «
La gauche yonnaise ne veut pas « recommencer les erreurs d’il y a six ans ». Lorsque les divisions internes avaient conduit à la présentation de trois listes de gauche au premier tour des Municipales 2020. Une stratégie qui s’était soldée, malgré l’union improvisée à la hâte au second tour, par une défaite à 688 voix près.
Cette fois-ci, la grande famille et ses différentes chapelles veulent présenter un front uni. « Faire l’union des gauches, ce n’est pas une option, c’est une nécessité absolue », a rappelé Martine Chantecaille, conseillère municipale d’opposition. « Nous le devons aux Yonnaises et aux Yonnais qui attendent une liste de gauche commune, dès le premier tour. Ils ne veulent pas revivre 2020 et sa division. »
Un socle commun
Depuis deux ans, la gauche s’emploie donc à fédérer. Ce long « processus de maturation très précieux nous a permis d’apprendre à nous connaître et à nous écouter », a précisé Claire Mauriat, conseillère municipale d’opposition. « La dynamique dépasse largement les élus ou les partis. »
Julien fait partie de « ces citoyen [s] non-encarté [s] », séduit par « le collectif et sa méthode » : « On se retrouve le dernier samedi de chaque mois. On part des idées, on échange, on débat, pour essayer de trouver le meilleur consensus possible. »
Les thématiques du déplacement, du logement et du soin ont servi de terreau aux discussions, avant de définir une charte autour de valeurs : « La démocratie en acte, l’écologie ici et maintenant et une ville où il fait bon vivre. Voilà notre socle commun. »
Des primaires citoyennes
Après la photo de famille du 29 mars, l’Union va lancer « des primaires citoyennes ».
Un appel à candidatures va être lancé dans la première quinzaine d’avril. Suivra une campagne du 15 avril au 17 mai. Puis un premier tour sera organisé le 18 mai, dans une maison de quartier. « Avec éventuellement un deuxième tour le 25 mai », a annoncé Claire Mauriat.
« Tous les résidents de La Roche-sur-Yon de plus de 16 ans » peuvent se présenter, « à condition d’être de gauche ».
A l’issue du scrutin, « le ou la personne élue sera le porte-parole de cet ensemble qui sera désigné collectivement », a insisté Nicolas Hélary. En temps voulu, « on fera campagne sur ce qu’on est, et pas en dénigrant la personne en face. »
« Renvoyer Luc Bouard aux Clouzeaux »
Un appel à la mesure qui n’a pas empêché le Socialiste Jean Burneleau de décocher quelques flèches en direction du maire Luc Bouard, candidat déclaré pour un troisième mandat et adversaire désigné de la gauche : « Les Yonnais constatent le jeu de Monopoly du centre-ville et la catastrophe de l’aménagement. Les commerçants, les employés et un grand nombre d’habitants vont se charger d’empêcher Luc Bouard de continuer ainsi. Notre projet n’est pas de faire barrage à un fleuve, ce n’est même pas un ruisseau, mais proposer autre chose aux Yonnais. Ce sont eux qui choisiront de renvoyer Luc Bouard aux Clouzeaux. »
« Malgré nos divergences… »
L’objectif de la gauche est clair. « Nous voulons revenir aux fondamentaux qui fonctionnaient à l’époque, recréer cette cohésion sociale dans les maisons de quartier, les associations sportives avec les anciens, avoir des liaisons directes avec les gens sur le territoire », a insisté Bertrand Routier. « Nous serons à l’écoute des problèmes, des approches, des préconisations dont nous ferons notre miel. C’est ça la cohésion sociale. »
Reste à savoir si les logiques de partis au niveau national ne vont pas venir gripper la dynamique locale. Les appareils ne devraient pas tarder à donner leurs consignes pour les Municipales 2026.
Ce qui ne semble pas inquiéter Nicolas Hélary. « On est sur des enjeux très concrets au niveau local. Malgré nos divergences, nos valeurs sont similaires : plus de social, plus de solidarité, plus d’écologie. »
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