Home Faits Divers Lot. À Figeac, il terrorise des habitants en criant « Allahu akbar...

Lot. À Figeac, il terrorise des habitants en criant « Allahu akbar » avec menaces de mort

8
0



Frédéric, 41 ans, a été présenté devant le tribunal correctionnel de Cahors, le mardi 1er avril 2025, pour avoir proféré des menaces de mort et pour des tentatives d’évasion. Les faits remontent au 24 et 25 février 2025.

Une nuit de dérapage sous alcool et drogue : « Allahu akbar ! »

Appelé à comparaître dans le cadre de la procédure dite de « Comparution immédiate », Frédéric, interpellé en février dernier, avait obtenu un délai pour préparer sa défense, avec renvoi devant le tribunal à la date du 1er avril. Maintenu en détention dans l’attente du procès, il a donc fait son entrée en salle d’audience, sous escorte policière.

Première série d’infractions : des menaces de mort réitérées, en criant « Allahu akbar (*) – sur le Coran de la Mèque ! »

Deuxième série : deux tentatives de se soustraire aux militaires de la gendarmerie, venus l’interpeller.

La brigade de gendarmerie de Figeac est alertée le 24 février 2025, à 22 h 19, par les habitants d’un immeuble qui ont vu débarquer un homme en état d’ivresse, faisant l’apologie du terrorisme et proférant des menaces de mort, ponctuées par des déclamations « d’Allahu akbar… » Situation peu rassurante pour les personnes importunées de la sorte. Il s’agissait de Frédéric, déambulant dans un état second, et déclarant être à la recherche de quelqu’un…

Vidéos :

Un casier judiciaire accablant et une récidive flagrante : « J’ai compris, mon corps n’accepte plus… »

À leur arrivée sur les lieux, les gendarmes retrouvent Frédéric, titubant sur la chaussée, et vêtu d’une djellaba. Il déclare avoir consommé de l’alcool et fumé un pétard… Déjà connu défavorablement des services de la gendarmerie, pour sa propension à faire l’apologie du terrorisme, il est intercepté pour être conduit à la brigade. Sauf qu’à deux reprises, Frédéric tente de se soustraire aux gendarmes, qui l’ont rattrapé à chaque fois. Conduit à l’hôpital, il réitère ses menaces de mort, au personnel soignant…

La présidente du tribunal demande au prévenu de s’expliquer sur les faits. Frédéric ne conteste pas le constat dressé par les enquêteurs. Il livre sa version :

– « J’avais passé la journée avec ma femme, pour fêter un anniversaire en retard… Il n’y avait pas de problème, c’est juste l’alcool et les médicaments qui n’ont pas fait bon ménage ! C’est vrai, je n’ai plus 20 ans et il faut que je me rende à l’évidence, bière, rhum et haschich (autre non du cannabis), ça ne me réussit pas. J’ai un problème avec mon corps, qui ne suit plus ! ». Puis, Frédéric ajoute qu’il ne se souvient de rien du tout au sujet des faits reprochés, si ce n’est qu’au moment où il a quitté son domicile, son épouse était en train de se faire les ongles… Et comme pour prouver qu’il a bien compris la leçon, il répète : « J’ai compris, mon corps n’accepte plus… Je dois me modérer ! » Pas sûr que cette bonne intention suffise pour passer l’éponge sur les infractions commises d’autant que le casier judiciaire de Frédéric, ne plaide pas en sa faveur.

Le Parquet prône la sévérité et la défense implore la clémence : « C’est sûr, il faut que je me modère ! »

Avec une douzaine de mentions au casier judiciaire, dont l’une pour complicité d’assassinat, qui lui a valu une peine de 17 ans de prison infligée par la cour d’assises du Var, et trois Mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas), pour cause d’apologie du terrorisme, le prévenu fait l’objet d’une certaine attention de la part des forces de l’ordre. Le 1er février 2025, il avait encore écopé d’une peine de 3 mois de prison, commuée en détention à domicile, sous bracelet électronique.

Titulaire d’un CAP de charpentier, il indique au tribunal, vouloir devenir terrassier et se dit motivé pour mener à bien sa réinsertion sociale.

Morgane Raffy, Vice-procureure du Lot, s’appuyant sur la caractérisation des faits, non contestée par Frédéric, requiert condamnation. « La difficulté, s’insurge-t-elle, c’est la personnalité du prévenu, qui se retrouve en situation de récidive légale et qui au lieu de chercher à se réinsérer, consomme des toxiques et commet des faits inquiétants pour la société ». Et elle ajoute, en référence à la kyrielle de condamnations du prévenu, que le temps de l’accompagnement et de la réinsertion est passé ! « . Elle comptabilise 5 infractions commises par Frédéric depuis le début de l’année. Elle requiert à son encontre deux ans de prison, pour les menaces de mort et 3 mois de prison pour les tentatives d’évasion.

« Sans vouloir minimiser la peur ressentie pas les victimes chez qui son client s’est présenté dans l’état qui était le sien et en tenant les propos rapportés, il convient de constater qu’il n’y a pas eu de violence, ni d’arme utilisée » observe Me Céline Branco. L’avocate soutient que Frédéric, au regard de son état d’ébriété n’aurait pas été en mesure de passer à l’acte… Elle observe que son client ne se souvient pas des faits, sans pour autant les nier. Elle fait valoir que depuis sa sortie de détention en septembre 2024, il a entrepris des démarches pour se réinsérer. Et suite aux faits pour lesquels il est jugé ce jour, il a déjà accompli, un mois de détention provisoire. « Il a besoin de soins, car il a enfin pris conscience de ses addictions ! » Elle suggère au tribunal de prononcer une peine assortie d’un sursis probatoire… Et Frédéric ajoute : « C’est sûr, il faut que je me modère ! »

Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré Frédéric, coupable des faits reprochés et en répression, l’a condamné à une peine de 2 mois de prison, pour les tentatives d’évasion et 12 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation de formation ou de travail, pour les menaces de mort. Il lui est par ailleurs interdit d’entrer en contact avec les victimes et il se voit privé de port d’une arme pendant une durée de 5 ans. Il est prononcé son maintien en détention.

Le prévenu dispose d’un délai de 10 jours pour interjeter appel.

(*) « Allahu akbar » ou « Allahou akbar », parfois transcrite « Allah akbar », est une expression arabe, utilisée dans l’islam, qui signifie littéralement « Dieu est plus grand », ou compris absolument, « Dieu est plus grand [que tout] ».



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here