L’ancien chirurgien digestif Joël Le Scouarnec, poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, répond de ses actes devant la cour criminelle départementale du Morbihan depuis le 24 février 2025. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) s’est exprimé le 25 mars.
L’avocate du Conseil s’exprime à l’audience
« Le Conseil national de l’Ordre des médecins exprime aujourd’hui ses plus profonds regrets aux victimes et aux parties civiles parce qu’évidemment il aurait dû assurer un suivi beaucoup plus rigoureux [du dossier de Joël Le Scouarnec]. Il aurait pu à ce moment-là faire appel de la décision d’inscription [de Le Scouarnec au tableau de l’ordre de la Charente-Maritime] voire entamer une procédure disciplinaire », a exprimé Maître Negar Haeri, une des avocates du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), à l’ouverture de l’audience le mardi 25 mars.
Une citation relatée par Hugo Lemonier, auteur de Piégés : Dans le « journal intime » du Dr Le Scouarnec) présent dans la salle d’audience.
Un communiqué de presse
Dans le même temps, dans cette opération de communication menée un jour où aucune association de protection de l’enfance qui avait crié au scandale de la constitution de partie civile de l’ordre, un communiqué de presse a été publié.
Il rappelle que Me Negar Haeri a présenté à la Cour un courrier daté du 10 juillet 2008 alertant sur la situation de Joël Le Scouarnec :
En 2008, lors de la demande de transfert de Joël Le Scouarnec en Charente-Maritime, son dossier a été transmis au CNOM, lequel a alors pris connaissance de sa condamnation de 2005 pour détention d’images pédopornographiques. Conformément à son rôle, le CNOM a alors immédiatement alerté le Conseil départemental de la Charente-Maritime (CDOM 17), de la situation pénale du chirurgien.
Des « échanges défaillants »
« Dans ce courrier, le CNOM met en doute le fait que les conditions de moralité requises pour son inscription soient réunies, mais laisse, cependant, l’appréciation de cette inscription à l’arbitrage du CDOM 17. Or, celle-ci fut entérinée, donnant à Joël Le Scouarnec, la possibilité de poursuivre son exercice professionnel », ajoute la CNOM.
L’entité ajoute :
C’est sur ce point que le CNOM exprime aujourd’hui de profonds regrets : un suivi plus rigoureux de cette appréciation aurait dû être assuré par le CNOM afin de garantir que, dans ces conditions, Joël Le Scouarnec soit empêché d’exercer. Cette situation a mis en évidence des échanges défaillants entre les différentes entités de l’Ordre des médecins, et nous le regrettons très vivement.
Des « réformes majeures » mises en place
« Dans un souci de participation à la manifestation de la vérité », le CNOM a tenu à ce que ce courrier soit produit par le biais de ses avocates Me Negar Haeri et Me Sabrina Goldman.
« Le CNOM exprime de nouveau toute sa solidarité avec l’ensemble des victimes et tient à rappeler que, pour remédier aux dysfonctionnements de communication et pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, il a initié des réformes majeures », est-il précisé à la fin du communiqué.
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