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L’infirmière accusée d’avoir tué son compagnon de deux coups de carabine à Brest reste en détention

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La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Rennes a rejeté, vendredi 28 mars 2025, la demande de mise en liberté d’une infirmière de Châteaulin accusée du meurtre de son compagnon dans le quartier de Recouvrance à Brest (Finistère) en avril 2022.

Pour rappel, le 1er avril 2022, un drame s’était produit dans ce quartier de Brest, où vivaient une infirmière de Châteaulin aujourd’hui âgée de 38 ans, son compagnon de 29 ans et les deux filles du couple. Le père de l’infirmière avait en fait contacté les forces de l’ordre pour les avertir que « son gendre avait tenté de se suicider ». Sa fille venait en effet de l’appeler pour lui indiquer que le père de ses enfants était passé à l’acte à l’issue d’une dispute, avec une carabine.

Arrivés sur place, les policiers avaient constaté « la présence d’un homme allongé avec l’arrière du crâne en sang ». Il avait été transféré à l’hôpital, mais se trouvait déjà en état de mort cérébrale. Son décès était constaté quelques heures plus tard.

La femme avait dans un premier temps expliqué que son compagnon s’était suicidé « après avoir découvert qu’elle discutait avec un autre homme ». Elle avait simplement « tiré le deuxième coup » alors qu’elle le voyait « agoniser »…

La veille, il avait fouillé dans son téléphone et lui avait « demandé de faire ses affaires » après lui avoir « fait signer une reconnaissance de dette de 500 000 euros au cas où elle serait infidèle », a retracé le président de la Chambre de l’instruction, à qui la mère de famille demandait sa remise en liberté jeudi 27 mars 2025.

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Un scénario cohérent selon les experts

Elle avait « voulu le désarmer », mais « le premier coup était parti par accident », avait-elle affirmé. Ensuite, elle était toutefois revenue sur son récit, expliquant que son compagnon était « parti faire une sieste » après avoir couché les enfants. Elle l’avait accompagné et l’homme, ne parvenant pas à dormir, lui avait « demandé d’aller chercher l’arme ». Elle s’était exécutée, mais ne lui avait « finalement pas donné », tirant elle-même.

De nombreuses armes seront par la suite découvertes au domicile du couple, dont celle ayant servi ce soir-là : « ce fusil 22 Long Rifle supposait d’ailleurs d’être chargé entre chaque coup », a fait remarquer le magistrat de la cour d’appel de Rennes.

Une reconstitution avait été organisée le 20 février 2024 par le juge d’instruction de Nantes, où l’affaire a été dépaysée et sera manifestement jugée puisqu’un proche de la victime travaille au tribunal judiciaire de Brest. La femme mise en cause avait alors maintenu ses déclarations, confirmant être « revenue dans la chambre » avec l’arme et avoir « visé la tête » de son compagnon.

La victime était donc « tombée en arrière » et sa compagne avait « posé l’arme sur le lit » pour aller appeler son père. Elle était par la suite revenue dans la pièce et avait « tiré de nouveau » après avoir « rechargé l’arme ». Les experts présents à la reconstitution avaient considéré que le scénario apparaissait « cohérent » avec ses déclarations.

Une « véritable prise de conscience »

Les exploitations des téléphones et du matériel informatique avaient en parallèle révélé que chacun avait des conversations avec d’autres partenaires et que l’homme pouvait « être virulent avec sa compagne », qui était « en arrêt pour dépression entre octobre 2020 et mars 2022 », juste avant les faits.

La mère de famille – pour l’heure jamais condamnée – avait donc été mise en examen et écrouée le 24 mars 2023. Jeudi 27 mars 2025, son avocat est venu solliciter sa remise en liberté. « La situation de ce couple était complexe », a plaidé Me Mégan Lepinay, assuré qu’un « renouvellement des faits » était « très très hypothétique ». Sa cliente a par ailleurs fait montre d’une « véritable prise de conscience » et va « bien mieux ».

Elle pouvait donc, de son point de vue, s’installer à Vair-sur-Loire (Loire-Atlantique), « chez ses parents », où elle avait déjà « pris rendez-vous » pour poursuivre les soins psychologiques. « C’est quelqu’un qui a toujours travaillé, elle était infirmière, a obtenu un CAP boulangerie en détention, a été inscrite en licence d’histoire, travaille », a aussi énuméré Me Mégan Lépinay.

« Je veux juste vous dire que cette envie de sortir n’est pas pour faire du mal aux parties civiles, a dit la principale concernée lors de l’audience. Je suis pleinement consciente de l’acte que j’ai commis, je vais faire une lourde peine et […] je veux pouvoir mettre de l’argent de côté pour pouvoir indemniser les parties civiles. Je ne suis pas quelqu’un de violent mais j’ai commis un acte violent », avait-elle conclu.

Finalement, conformément aux réquisitions du parquet général, la trentenaire a été maintenue en détention.

CB (PressPepper)



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