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l’improbable rendez-vous des « surfeurs les plus détestés de France » à Paris


L’immeuble Tati, les « Marlboro Bled » et… le surf ? Barbès, tintamarresque quartier du 18e arrondissement à Paris, a décidément plus d’un tour dans son sac. Contre toute attente, son boulevard abrite l’un des points de ralliement les plus courus des surfeurs de la capitale.

Le boulevard comme point de départ

Les lève-tôt et les couche-tard du quartier ont sûrement déjà croisé leur route. Une poignée d’individus, avec des planches et des combinaisons sous le bras, qui se sont donnés rendez-vous à l’heure du premier métro, ça ne passe pas vraiment inaperçu. « On menait une vie californienne… Tout tournait autour du surf », sourit Guillaume Rouan, en se remémorant les premières années du Barbès Surf Club.

À l’époque, ce trentenaire originaire du sud-ouest, vient d’échouer à Paris… pour le travail. La mort dans l’âme. « Je venais d’Hossegor et la distance avec l’océan… C’était dur pour moi à cette période », concède-t-il en remontant le fil de son histoire jusqu’à la fin des années 2010.

Les surfeurs du 18e devant la brasserie Barbès. (©Aurelien Bacquet)

Il finira par sortir la tête de l’eau grâce à un groupe Facebook baptisé « Surfers from Paris ». « C’est une page, un peu morte aujourd’hui, mais qui mettait en lien des gens pour faire du covoiturage et aller surfer les vagues », raconte-t-il. C’est comme ça qu’il rencontrera ses deux futurs acolytes. 

Barbès Surf Club

Guillaume Rouan rembobine : « On avait des similitudes. Aurélien et Ryan venaient aussi d’ailleurs et rêvaient de bonnes vagues. On a fait deux trois trips ensemble… ». Surtout, courant 2017, les trois amis lancent un collectif. 

D’abord appelé wrecked (naufragé, en anglais), celui-ci change ensuite de nom. « Personne n’arrivait à prononcer l’ancien, se marre Guillaume Rouan. Et puis on a fait un t-shirt floqué Barbès Surf Club qui a cartonné tout de suite. Il avait, notamment, été sold out en une semaine dans un pop-up store Quiksilver. » 

Barbès – Rochechouart, sur la ligne 2 du métro, à Paris. (©Aurelien Bacquet)

L’ambition ? Parler de la culture surf en Île-de-France et permettre aux surfeurs de la région de se retrouver. « Barbès, c’est là où vivait Aurélien et puis c’est très central », argue Guillaume Rouan.

Mettre en lumière la culture surf à Paris

Au petit matin, les membres du Barbès Surf Club et ceux qui s’y greffent, s’échappent, direction l’océan.

« Depuis Paris, il y a plein de possibilités : la Normandie, le Cotentin, la Bretagne, voire la Vendée… On met en story qu’on part et ceux qui le souhaitent nous rejoignent. On fait ensuite plusieurs heures de route, on fait trois, quatre sessions et on rentre. Évidemment, quand à Biarritz les gens voient arriver pour la journée dix surfeurs en voiture… On est les surfeurs les plus détestés de France », s’amuse le trentenaire. 

Barbès et son cultissime immeuble Tati en toile de fond. (©Aurelien Bacquet)

Une réputation qu’ils assument totalement, avec leur slogan plein de second degré « No locals, kooks only » (pas des locaux, que des surfeurs inexpérimentés). Le collectif a, aussi, produit un documentaire sur la culture surf à Paris, baptisé « A14 », comme… l’autoroute qu’ils empruntent pour aller surfer.

Celui-ci a, notamment, été projeté à Londres, en Floride ou encore à Milan. D’autres projets sont désormais dans les tuyaux. Et si Guillaume et Ryan ont désormais quitter la capitale, le Barbès Surf Club reste bien ancré. « Huit plus tard, on est toujours trois potes », sourit Guillaume Rouan.



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