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Lille. Des restauratrices travaillent sur un tableau monumental devant vos yeux au Palais des Beaux-arts

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Parfois, les contraintes pratiques offrent de belles opportunités. C’est le cas pour la restauration d’un tableau monumental exposé au Palais des Beaux-arts de Lille (Nord), en mars 2025. Sa taille empêchant un transfert en atelier, l’oeuvre est restaurée… devant le public ! L’occasion de pénétrer dans les coulisses d’un travail minutieux.

Une des « révélations » du musée

Ce tableau monumental fait partie des « révélations » mises en avant ce printemps par le musée, dont on va vous parler par étapes sur Lille actu. Plusieurs œuvres ont bénéficié de soins particulier ces derniers mois grâce au mécénat, dans l’enceinte de la bâtisse. Ce dernier est particulier par sa taille, monumentale, qui empêche un transport dans un atelier, où se font les traditionnelles restaurations, comme on a pu le voir récemment aux Musées royaux des Beaux-arts de Belgique.

En effet, Le Sommeil de Pierre Puvis de Chavannes fait 3,80 mètres par 6 mètres. Il s’agit d’un tableau marquant, tant par sa taille que par son sujet. On y voit des paysans en pleine sieste, en pleine période de moisson. « C’est un tableau très spectaculaire, tant par son format que par son sujet », met en avant Delphine Rousseau, conservatrice des collections des XVIIIe et XIXe siècles au PBA. « On est bien loin du tableau classique sur chevalet, et des codes de l’époque. » Le tableau, présenté au salon des artistes de Paris en 1867, va inspirer de nombreux artistes par la suite, notamment par ses couleurs. « Picasso va notamment s’inspirer du travail de Puvis de Chavannes, il le reconnait », appuie la spécialiste. 

Des fissures et lacunes à prendre en compte

Une grande équipe est mobilisée autour de cette restauration. Cinq restauratrices s’occupent de la couche picturale et deux spécialistes de la restauration du cadre, qui surviendra un peu plus tard, les 26 et 27 mars. Deux autres personnes travailleront à l’arrière, sur la toile et le châssis (le 31 mars).

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant sur ce chantier, en plus de la taille hors-norme de l’oeuvre, est qu’elle met au défi les restaurateurs. « Il y a beaucoup de fissures et de lacunes. Nous travaillons à rendre le tableau plus propre, plus agréable », présente Antonella Trovisi, restauratrice mobilisée sur le chantier. Comme « guide », les spécialistes ont un dossier précis sur la toile et une version numérique du tableau pointant les zones sur lesquelles travailler. Des éléments de la précédente restauration, datant de 1990, ont donné des éléments clés aux maîtres d’oeuvre du chantier.

L’oeuvre « Le Sommeil », de Puvis de Chavannes (XIXe siècle), fait 6 mètres de long et 3,80 mètres de haut. Il est difficilement déplaçable. C’est pour quoi les restauratrices travaillent dessus dans la salle d’exposition du musée en mars 2025. ©Amandine Vachez

Tout est minutieusement préparé pour faire au mieux, avec un lot de surprises qui attend bien souvent les restauratrices sur le tard. « Souvent, les tableaux du XIXe siècle sont difficiles à restaurer, car les pigments sont devenus industriels« , pointe Delphine Rousseau. « Par exemple sur ce tableau, le peintre a utilisé de la cire. » Et Antonella d’ajouter : « Pour nous, c’est essentiel de le savoir, pour bien restaurer l’oeuvre. »

Il y a beaucoup de travail de recherche et de tests au préalable, avant de toucher l’oeuvre.

Antonella Trovisi, restauratrice sur l’oeuvre de Puvis de Chavannes.

15 000 euros pour cette restauration

Cette restauration qui se tient sous vos yeux en ce moment (à l’étage du musée), coûte 15 000 euros. Elle est possible grâce à la mobilisation de mécènes. Il s’agit d’un mécénat collaboratif, proposé par le musée depuis plusieurs années. « Chaque année, on fait une oeuvre pour les petits mécènes, qui peuvent donner à partir de 1 200 euros« , présente-t-on du côté du musée. Pour celle-ci, plusieurs entreprises ont participé*. Lors de notre visite le 18 mars, 10 000 euros avaient été récoltés. Les entreprises qui le souhaitent peuvent encore se joindre au mouvement !

*Arsenal Notaires, Catelys, Cleaning Bio, Natixis, Pierre Louis Carlier Architecte et Solucial Avocats. Toute entreprise peut rejoindre le projet dès 1 200 euros. Contact : [email protected].



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