Home Nord Lille. Âgé de 19 ans, il prostituait une adolescente de 14 ans...

Lille. Âgé de 19 ans, il prostituait une adolescente de 14 ans et sa petite amie

14
0



Au tribunal de Lille, mercredi 12 mars 2025, un homme de 19 ans a été jugé pour proxénétisme aggravé. Pendant plusieurs mois, il aurait été le cerveau d’une organisation prostitutionnelle autour de sa petite amie et d’une jeune fille âgée de quatorze ans.

Une ado forcée de se prostituer près de Lille : « Ils allaient me tuer si je ne le faisait pas »

Le 29 septembre 2024, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), la police est appelée par des employés d’un hôtel. Ces derniers signalent des allers-retours d’hommes seuls vers une chambre, déjà occupée par un jeune couple. Ils soupçonnent une activité de prostitution.

Les investigations débutent alors et en décembre 2024 les enquêteurs font le rapprochement avec un autre signalement dans un hôtel à Seclin (Nord). En parallèle, ils découvrent des annonces sur un site internet dédié à la prostitution, dont les cartes bancaires et les lignes téléphoniques sont identiques.

Ces dernières sont mises sur écoute afin de retrouver l’instigateur de cette organisation prostitutionnelle.

Le 18 janvier 2025, Manon*, âgée de quatorze ans, dépose plainte contre un jeune homme de 19 ans pour viols et proxénétisme. Elle dit avoir rencontré la petite amie de ce dernier, trois semaines auparavant sur les réseaux sociaux.

Ayant l’habitude de fuguer, la jeune fille les aurait rejoints pendant une semaine, durant laquelle elle aurait été obligée de se prostituer pour le compte du couple.

Manon* dénonce également des menaces de mort : « Ils allaient me tuer si je ne le faisais pas. Ils m’ont enfermée et tout volé. » Selon elle, le jeune homme est le cerveau de l’organisation : « Il prend tout l’argent, fait les annonces et la sécurité. »

Des faits que le prévenu nie totalement : Manon* lui a dit être âgée de 19 ans et « se prostituait pour elle-même ». Le jeune homme avoue néanmoins avoir participé à l’activité prostitutionnelle de sa petite amie, « pour passer du temps avec elle ».

Cette dernière, « mise à la rue par sa mère », avait déclaré déjà se prostituer avant de rencontrer son petit ami. L’homme de 19 ans reconnaît uniquement avoir « assuré la sécurité de sa femme » en se cachant dans la salle de bain durant les prestations. En relation depuis deux mois, le jeune couple vivait donc de la prostitution mais le prévenu est formel : « Je ne volais pas l’argent, on faisait 50-50. »

« Il n’est pas futé »

Les parents de Manon* se sont constitués parties civiles, dénonçant l’impact psychologique important qu’a subi leur fille : « Elle s’est renfermée sur elle même et son comportement est devenu agressif. Ça a complètement chamboulé nos vies ». Un « enfer » pour lequel ils réclament justice.

Leur avocat adopte une plaidoirie très offensive : “C’est un salopard, un éboueur de jeune fille ! Il a fait ce qu’on peut faire de pire à un enfant ! » Il rappelle également le très jeune âge de la victime, qui selon lui, « a été exploitée comme une vulgaire marchandise ».

« C’est une jeunesse totalement à la dérive et déconnectée de la vie réelle », déclare l’avocat de la défense. Il décrit des « jeunes filles particulièrement perturbées » et « accros aux réseaux sociaux ». Son client, en situation de « vulnérabilité intense », n’est donc aucunement responsable des faits : sa petite amie se prostituait avant de le rencontrer et Manon* est une adolescente « en difficulté ». L’avocat plaide également les « difficultés psychologiques » et la « déficience intellectuelle » de son client.

« Il n’est pas futé futé », lance son avocat. Il demande donc au tribunal de « limiter la période de prison ferme » et de mettre l’accent sur une obligation de soins.

La procureure de la République dénonce un « vrai problème de société qui ne fait que s’aggraver depuis ces dernières années ». Selon elle, le prévenu de 19 ans a tout organisé : « C’est lui le chef ». Elle veut alors le « condamner fermement » pour ces « faits particulièrement graves ». La procureure requiert vingt-quatre mois d’emprisonnement dont douze assortis d’un sursis probatoire.

Le tribunal sera plus sévère : l’homme écope de trois ans de prison ferme et doit indemniser les parents de Manon* à hauteur de 4 000 euros.

*Le prénom a été modifié

Par Zoé Hondt



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here