Mardi 18 février 2025 à Saint-Malo, 23h30. Deux policiers municipaux se trouvent face à deux individus qui s’empoignent allongés sur la route, avec un couteau qui vole au milieu. Les agents essaient de calmer les esprits, mais l’un fait de la résistance.
Quelques jours plus tard, le voilà au tribunal en comparution immédiate. L’air mal en point, il porte un corset. C’est qu’en octobre dernier il a eu un très grave accident : une chute de 10 mètres en faisant des travaux chez des amis.
En forme ?
Pourtant en pleine rue ce 18 février, il avait la forme. Suffisamment pour se battre, maintenir son adversaire au sol en s’asseyant sur lui, et l’étrangler. Pour se débattre comme un diable face aux policiers municipaux aussi. Refus de monter à bord du véhicule de police, et refus d’y rester : il a fini par donner un coup de pied à un brigadier et un coup de tête à la vitre. Résultat : une fenêtre de voiture brisée.
« On ne comprend pas comment en dépit de votre corset vous pouvez avoir une réaction d’une si grande violence ? » lui demande la juge.
La réponse est habituelle au tribunal : « C’est l’alcool, je vais pas vous le cacher. » Mea culpa au programme :
Je vais tout rembourser. Oui, je les ai insultés, ils devaient pas être contents, c’est logique…
« C’est un peu la carte chance au Monopoly »
Pour les policiers municipaux, Me Baron évoque une « chronique de la violence ordinaire, très difficile à supporter au quotidien » pour les agents. Le fameux corset fait un peu jaser : « C’est un peu la carte chance au Monopoly ; ça permet de sortir de prison. Corset ou pas corset, on est au milieu d’une bagarre la nuit à Saint-Malo, on se débat et on insulte. »
Compatible avec la détention
Le procureur de la République n’est lui non plus pas très ému par le prévenu corseté et piteux, avec ses 22 condamnations à 43 ans : « Monsieur connaît très bien l’institution judiciaire… peut-être même trop. Il sait ce qu’il risque donc il tente de mettre en avant ses problèmes de santé. Même s’il était crédible, son état n’est pas incompatible avec une détention. »
Voilà la prison qui se rapproche… 12 mois ferme et un mandat de dépôt sont requis. Alors Me Comte en défense n’a pas la tâche facile :
Il a mauvais caractère, il s’en excuse ; il a progressé : il n’a bu que de la bière pendant que ses amis buvaient de la vodka. Ça peut sembler rien, mais ce n’est pas rien !
Son client est finalement relaxé pour le port d’arme mais condamné à 6 mois de prison avec un bracelet électronique à domicile pour les violences et dégradations.
Il devra indemniser les policiers mais aussi la ville en remboursant les 72 euros de la vitre de la voiture remplacée.
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