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l’État condamné pour « défaillances » après le suicide d’un collégien victime de harcèlement scolaire



L’adolescent s’est donné la mort le 21 novembre 2018. Pendant plus d’un an, il avait été victime d’un grave harcèlement scolaire au sein de son collège de l’Essonne. Il avait pourtant été changé d’établissement dans l’espoir de mettre fin à son supplice. Mais cela n’a pas suffi. Ce vendredi 21 mars, le tribunal administratif de Versailles a condamné l’État pour « défaillances dans la prise en charge de la situation ».

Coups, insultes, humiliations…

À partir de son entrée au collège, en septembre 2017, le jeune garçon a vécu l’enfer : coups et insultes récurrents, pantalon baissé en public à la récréation, bousculade volontaire alors qu’il était déjà en béquilles, entraînant des fractures des coudes, coups sur ses bras blessés, violences et insultes infligées simultanément par une quinzaine d’autres élèves… Ces bourreaux vont jusqu’à le suivre jusqu’à son domicile pour le rouer de coups. Dès l’école primaire, la victime avait été violemment agressée, nécessitant une opération chirurgicale. Les auteurs des violences étaient également scolarisés dans ce collège.

À l’époque, les sévices sont documentés par les enseignants, l’infirmière scolaire et les parents du garçon. Ces derniers sollicitent la direction de l’établissement pour intervenir et déposent en parallèle une main courante à la gendarmerie de Corbeil-Essonnes. Face à un état de santé qui ne cesse de se dégrader à partir de septembre 2017, le garçon se voit prescrire des anxiolytiques. Mais à la fin de l’année, il fait une tentative de suicide.

En avril 2018, il est finalement changé de collège mais les séquelles psychologiques sont très importantes. En mai, il indique dans une fiche d’examen infirmier être triste, inquiet, avoir des soucis « souvent », avoir du mal à s’endormir « parfois », se réveiller la nuit à cause de cauchemars « souvent », penser à la mort « parfois » et avoir d’autres problèmes dont il voudrait parler. Son mal-être est profond.

« Absence de mesures proportionnées » de la part de l’établissement

Pour tenter d’expliquer ce mal-être, le recteur de l’académie de Versailles, qui ne conteste pas les faits de harcèlement, a avancé « une suspicion de trouble du déficit de l’attention ». Un argument jugé nul en l’absence de communication « d’élément circonstancié » à la cour.

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Reste un aspect probant selon le tribunal : l’établissement n’a produit « aucun élément sur les procédures ou sanctions disciplinaires qu’elle aurait engagées ou prises à l’égard des élèves auteurs, en particulier, de faits de violence ». « L’absence de mesures proportionnées à la gravité du harcèlement subi par l’élève est […] de nature à révéler un défaut d’organisation du service public de l’enseignement », a donc conclu la justice.

L’État, dont il est reconnu qu’il a commis une « faute », a été condamné à verser 65 000 euros aux parents de la victime, ainsi que 28 000 euros aux deux autres enfants du couple.



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