Le tribunal administratif de Marseille a condamné ce mardi 18 février l’État après l’agression mortelle, en mars 2022, d’Yvan Colonna par un autre détenu de la prison d’Arles.
Dans sa décision, transmise à actu Marseille, la 10e chambre du tribunal administrait retient « certains manquements fautifs de l’administration pénitentiaire ».
« Le préjudice propre subi par la victime »
Incarcéré à la prison d’Arles depuis 2013, le militant indépendantiste corse Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, est violemment agressé par un de ses codétenus le 2 mars 2022. Étranglé de longues minutes, il est transporté dans un état grave à l’hôpital du Nord, à Marseille, où il finit par décéder 19 jours plus tard.
Ses proches ont saisi le tribunal administratif de Marseille en réparation des préjudices qu’ils estiment avoir subis. Un accord à hauteur de 200 000 euros avait déjà été trouvé à leur sujet mais « restait en litige le préjudice propre subi par la victime », précise la juridiction dans un communiqué.
Le tribunal a relevé « des dysfonctionnements majeurs dans l’organisation et le fonctionnement » de la prison. Et, en conséquence, a décidé de « condamner l’État à verser aux ayants droit d’Yvan Colonna, soit à son épouse et à ses deux enfants, une somme totale de 75 000 euros en réparation des souffrances physiques et morales endurées ».
La radicalisation de l’agresseur en question
Dans sa décision, le tribunal administratif a notamment pointé « le défaut d’inscription du codétenu, auteur de l’agression, en quartier d’évaluation de la radicalisation ».
Yvan Colonna, seul dans la salle de sport de la prison le matin du 2 mars 2022, avait été violemment agressé par Franck Elong Abé, à l’époque classé détenu particulièrement signalé (DPS) et depuis fiché S.
« Le tribunal reconnaît que la victime a subi des souffrances physiques intenses au regard de la violence extrême de l’agression ainsi que des souffrances morales, Yvan Colonna ayant nécessairement éprouvé à la fois un préjudice lié à l’angoisse de sa mort imminente et un sentiment d’abandon de ne pouvoir ainsi échapper à son agresseur », avance le tribunal.
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