Les capitaines Xavier Houbart et Richard Mille, de la compagnie de gendarmerie de Vitré (Ille-et-Vilaine) rappellent que les cambriolages sont souvent une histoire « d’opportunités », et qu’il convient à chacun de rester vigilants.
Ils insistent aussi sur le fait que les voleurs fuient le plus souvent la confrontation, d’où la nécessité de monter dans la mesure du possible qu’un logement est actif. Entretien.
Vous indiquez que chacun doit être acteur de sa sécurité.
Tout le monde est susceptible d’être victime et doit se protéger en conséquence. Le fait de faire de la sécurité passive est un premier point. Quand on ne laisse pas entrer des gens chez soi, on se protège de beaucoup de problèmes. Il ne faut pas hésiter à demander la carte professionnelle, même à un gendarme.
Au quotidien, il y a certains bons réflexes à avoir ?
Lorsque vous avez des objets de valeur chez vous, il faut d’abord être capable de les lister, de les identifier avec une photo et leur numéro de série. La petite réserve d’argent, il ne faut pas la cacher au milieu des vêtements, car c’est connu et reconnu. C’est évident, mais il faut fermer toutes les fenêtres et les portes. Il faut aussi ne pas laisser sa boîte aux lettres déborder, ouvrir les volets régulièrement pour montrer qu’il y a du mouvement. Pour que les voleurs ne repèrent pas un logement inhabité.
Vous conseillez à chacun de s’équiper d’une alarme ?
On se rend compte qu’à partir du moment où on a une alarme hurlante dans une maison, ça fait plus rapidement fuir les cambrioleurs. Ça va alerter les voisins, et ça les met en insécurité. Soit ils vont partir, soit ils vont rester très peu de temps dans la maison, ce qui va limiter quand même le préjudice. Une fois que le cambriolage a eu lieu, il est primordial de ne toucher à rien, de laisser les éléments tels qu’ils sont et de nous laisser travailler, pour que l’on puisse relever les empreintes. Combien de fois on constate que les gens ont tout rangé, ou tout nettoyé…
Les cambriolages ont-ils lieu plutôt la nuit ou dans la journée ?
Ça dépend des périodes. Il y a beaucoup de gens qui sont absents la journée. Donc les voleurs en profitent parfois pour passer à l’action. En hiver, la période de nuit est plus importante. C’est plus facile de voir si une maison est inoccupée et il y a une recrudescence des cambriolages.
Que faut-il faire, en cas de confrontation nez à nez ?
En général, ils s’enfuient. Ils ne cherchent pas l’affrontement, c’est extrêmement rare. Les voleurs ne sont pas courageux. Si cela arrive, c’est souvent parce qu’ils croyaient qu’il n’y avait personne et ils sont entrés. Ils cherchent du vol rapide, tranquille, où ils ne sont pas identifiés, où ils vont pouvoir faire leurs petites affaires. Une bonne partie du temps, ils viennent, ils prennent le sac à main et les clés qui sont posées à côté de la porte. Et pas plus. C’est souvent des vols d’opportunités.
Il y a une forte problématique en bordure des grands axes…
La population qui commet des cambriolages, elle n’est pas que locale. On a aussi des bandes organisées qui viennent de plus loin, de Rennes, mais aussi de beaucoup, beaucoup plus loin, des pays de l’Est notamment. Comme ils ne sont pas très courageux et que le but est de ne pas se faire repérer, les cambrioleurs, ils prennent les grandes voies de circulation pour pouvoir aussi repartir le plus vite possible. Donc, toutes les communes qui sont en périphérie d’un grand axe sont forcément plus sujettes aux cambriolages.
On nous remonte aussi un certain nombre de cas de démarchage abusif…
Il y a plusieurs scénarios. Celui du faux démarcheur qui vient pour faire signer des contrats abusifs et commettre des escroqueries. Il y a le cambrioleur, qui vient toquer à la porte pour savoir si quelqu’un est dans la maison. Il a son scénario bien réglé, en fait, il n’a rien à proposer. Et si personne n’est là, il essaie d’entrer. Il faut faire attention.
La gendarmerie met-elle des choses en place de son côté, en parallèle des enquêtes ?
Il y a le protocole de participation citoyenne (une démarche de prévention de la délinquance qui associe la population et les gendarmes). Ce dispositif est mis en place sous convention par les communes qui le demandent. Et à l’heure actuelle, sur la compagnie, il n’y a que Châteaugiron, qui participe.
Il y a aussi l’opération tranquillité-vacances (OTV). Quand les gens s’absentent pendant plusieurs jours, ils viennent le signaler à la gendarmerie. C’est pris en compte lors des patrouilles, et on fait le tour des habitations signalées.
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