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les urgences du nouveau patron de la FDSEA à Houdan

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Propriétaire de la Fraiseraie de Houdan (Yvelines) et agriculteur en grandes cultures (céréales, mais aussi oléagineux et légumineuses – N.D.L.R.), Damien Vanhalst est le nouveau président du syndicat local de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles).

Élu le mercredi 8 janvier 2025, cet ingénieur agricole de formation est aussi candidat aux élections de la Chambre d’agriculture régionale dont les résultats seront connus dans les prochains jours. Interview.

« Une belle responsabilité », mais « chronophage »

Vous avez succédé à François Lecoq à la tête de la section houdanaise de la FDSEA. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Damien Vanhalst : Être président est une belle responsabilité, mais c’est chronophage. François Lecoq demeure membre du conseil d’administration. J’ai déjà été élu président des Jeunes agriculteurs pour le canton de Houdan. Au sens syndical, le canton est plus large qu’au sens administratif, nous avons des adhérents aux Bréviaires, par exemple. J’exploite des parcelles en Eure-et-Loir aussi, avec une réglementation différente sur certains points, car il s’agit d’un autre département et d’une autre région.

Le public vous connaît surtout pour la vente directe de fraises en mai, mais ce n’est pas votre seule activité professionnelle…

La production de fraises permet surtout à ma femme de travailler sur l’exploitation. Nous produisons avant tout de grandes cultures. En diversifiant les activités, nous avons aussi diversifié les soucis. Cela demande beaucoup de temps. Je dors peu et je réfléchis beaucoup. Je suis la troisième génération sur la ferme. Mon père est à la retraite depuis presque quinze ans, mais il est très présent pour m’aider avec trois autres salariés pendant les périodes intenses. Débarrassé des tâches administratives, qui représentent 20 à 30 % de notre temps de travail, mon père a retrouvé l’activité qu’il aime tant.

« Être la voix des agriculteurs au conseil municipal et à la communauté de communes »

Vous siégez aussi au conseil municipal de Houdan…

J’en suis à mon deuxième mandat. Néanmoins, cette fois, je n’ai pas de délégation, contrairement au premier. J’étais d’accord pour repartir, mais avec moins de responsabilités. Mon rôle est d’être la voix des agriculteurs au sein du conseil comme à la communauté de communes du Pays houdanais (CCPH). Je fais remonter les informations et les opinions des adhérents.

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Pistes cyclables et nuisance des corbeaux

En tant que responsable syndical, quel est votre principal axe de travail au niveau local ?

Les pistes cyclables dans les chemins ruraux, sans aucun doute. Nous maintenons notre volonté de voir poser un revêtement en grave calcaire. D’autres questions restent en suspens comme la capacité de drainage du bitume choisi par la CCPH ou la mise en cause de la responsabilité d’un agriculteur en cas de chute sur la piste parce qu’un tracteur y aurait laissé de la terre.
Nous partageons déjà les chemins avec les promeneurs, par exemple. Mais qu’en sera-t-il avec de nouveaux usagers ? On nous parle de rollers ou de trottinettes alors qu’il était question au départ de proposer une alternative à la voiture pour aller au travail ou faire les courses. Nous craignons enfin que la piste facilite l’accès pour les dépôts sauvages. Des réunions par tronçons avec les agriculteurs concernés sont en cours, le dossier n’est pas encore finalisé. Nous ne voulons pas nous louper car nous pensons que notre action peut faire jurisprudence en Île-de-France. Le second sujet, ce sont les corbeaux et les pigeons.

Pour quelles raisons ?

Ces deux espèces mangent les graines tout juste semées dans les champs. Les plants ne peuvent pas pousser. Les cultures de printemps, comme le maïs et le sorgho, sont particulièrement touchées. Les corbeaux et les pigeons se multiplient en zone périurbaine, surtout dans les domaines privés. Les particuliers commencent aussi à s’en plaindre. Nous sommes en lien, avec l’appui des mairies, depuis cet automne, avec une société spécialisée pour trouver une méthode de diminution de leurs populations. Il ne s’agit pas de les éradiquer, mais d’en réduire le nombre.

« Les politiques ayant voté la censure n’ont pas pensé à nous »

Et au niveau national…

Je m’en occupe beaucoup moins. La dissolution et la censure du gouvernement Barnier, surtout, nous ont beaucoup coûté. Des mesures très attendues, au niveau du renouvellement des générations ou du calcul des retraites notamment, étaient tout près d’aboutir. Les politiques ayant voté la censure n’ont pas pensé à nous. Le prochain Salon de l’agriculture (du samedi 22 février au dimanche 2 mars 2025 à Paris – N.D.L.R.) est l’échéance que nous avons fixée aux élus et aux parlementaires. Nous avons besoin de stabilité, comme tous les entrepreneurs.

Comment la récolte 2025 s’annonce-t-elle ?

Plus ça va, moins ça va. L’humidité et le temps pluvieux ne nous aident pas. La récolte de l’an dernier a déjà mis à mal les trésoreries des exploitations. Jusque-là, nous avons pu payer nos emprunts et financer une nouvelle campagne. Néanmoins, la fin du printemps s’annonce très compliquée et la récolte pas terrible.



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