Kervallon
Bien avant son rachat par Riou-Kerhallet, le site appartenait à Claude Ollivier, médecin de marine, qui le revendit au Marquis de Fayet en 1698. Il se situait hors des fortifications de Vauban, d’où sa destinée singulière de port dédié aux navires corsaires dont la Montespan fut actionnaire.
La Marine récupéra le domaine au XIXe siècle et y installa des entrepôts qui accueillirent des hôpitaux pendant la guerre 1914-1918. On y traversa même la Penfeld en bac !
Le Salou
Cette zone tire son nom d’une ferme établie sur une montagne de schiste haute de 25 m qui fut arasée au XIXe siècle pour construire les formes de radoub – cette tâche harassante fut confiée aux bagnards. On y fit même exploser une mine en l’honneur de Napoléon III et de l’impératrice !
La caserne du 2e dépôt
Nous avons déjà parlé de cette bâtisse surnommée La Cayenne que la Ville envisage de reprendre à la Marine : mais saviez-vous qu’en 2005, sa prison, appelée L’Aubette, accueillait encore des militaires punis ?
Le plateau des Capucins
Les frères mineurs capucins étaient déjà présents sur le plateau en 1695 quand Vauban y posa la première pierre de leur couvent, transformé deux fois en hôpital lors d’épidémies de typhus.
L’observateur actuel remarquera devant le plateau une mystérieuse arche : c’est le môle du viaduc, érigé au milieu du XIXe siècle pour supporter la grue revolver assurant la jonction entre les bateaux et les ateliers situés 25 m au-dessus des quais.
La rue du quartier-maître Bondon
Le 24 août 1890, les Brestois qui avaient assisté au pardon de Saint-Jean à Plougastel attendaient sur une passerelle le bateau qui devait les ramener en ville. Mais l’estacade s’effondra et entraîna à l’eau une centaine de personnes.
L’un des sauveteurs, le quartier-maître Bondon, ramena six rescapés à terre mais, à son septième plongeon, il se fracassa le crâne contre un rocher et coula : l’ancienne rue du Moulin porte son nom depuis 1907.
Le pont de Recouvrance
Jadis, la traversée de la Penfeld était risquée : le 15 août 1689, lors de la procession du vœu de Louis XIII, cinquante-deux personnes périrent noyées. Le pont tournant fut donc mis en service en 1861 : on a tendance à l’oublier, mais la manœuvre était manuelle et exécutée par les vétérans de la Marine ! Une tâche d’autant plus dure qu’il fallait aussi déboucher et reboucher les canalisations de gaz pour que le quartier reste éclairé.
La pointe des Blagueurs
Ne cherchez pas cette pointe qui devait son nom aux blagues à tabac des anciens de la Marine : elle ne résista pas longtemps aux travaux d’arasement entrepris en 1930 pour construire un terre-plein reliant l’arsenal à Laninon. À la fin de l’année suivante, elle n’était déjà plus qu’un souvenir ! On est peu de chose…
Benoît Quinquis
Source : Conférence organisée le 13 avril 2024 par Mémoire de Saint-Pierre.
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