Tandis que Montpellier accueille Saint-Étienne, ce dimanche 16 mars à 17h15 au stade de la Mosson, pour une rencontre décisive en vue du maintien en Ligue 1, le ministère de l’Intérieur interdit le déplacement des supporters stéphanois évoquant « un risque réel et sérieux d’affrontement entre les supporters des deux clubs ».
Des déplacements problématiques
Les deux équipes étant directement concernées par une éventuelle descente en Ligue 2, la réception de Saint-Étienne était déjà sportivement à haut risque. Une ambiance sécuritaire pèse désormais également sur la rencontre. Après un arrêté du 27 février 2025 du préfet de l’Hérault portant restriction de stationnement et de circulation sur la voie publique des supporters stéphanois, c’est au tour du ministère de l’Intérieur de prendre des dispositions. Un arrêté paru au Journal Officiel de ce mercredi 12 mars évoque en effet « un risque réel et sérieux d’affrontement entre les supporters des deux clubs existe à l’occasion de cette rencontre ».
Les Stéphanois sont d’abord pointés du doigt. « Les déplacements du club de l’Association sportive de Saint-Étienne (ASSE) sont très fréquemment source de troubles à l’ordre public » en listant sept déplacements cette saison ayant entraîné des violences. Les Montpelliérains ne sont par ailleurs pas épargnés. « Lors des rencontres organisées à domicile, certains supporters du club du Montpellier Hérault Sport Club adoptent fréquemment un comportement violent, manifesté aux abords et dans l’enceinte des stades » et cite cette saison plusieurs troubles survenus avant et pendant la réception de Marseille le 20 octobre ou des jets de projectiles sur le bus des supporters Rennais le 2 mars.
Des affrontements à l’aller
« Les relations entre supporters du MHSC et de l’ASSE sont empreintes d’animosité depuis de très nombreuses années. Ce fort antagonisme s’est traduit à plusieurs reprises par de graves affrontements nécessitant l’intervention des forces de l’ordre dont certains membres ont été blessés » observe le ministère de l’Intérieur qui s’appuie notamment sur le match aller déroulé le 23 novembre dernier à Saint-Étienne.
« En amont de la rencontre, lors de l’acheminement des supporters montpelliérains vers le stade, une rixe de grande ampleur a eu lieu entre supporters des deux équipes au cours de laquelle 260 supporters montpelliérains, pour certains munis d’armes par destination, ont affronté en pleine rue 300 à 400 supporters stéphanois » rappelle le Ministère qui souligne que « seule l’intervention des forces de l’ordre, qui ont fait usage de 170 moyens de défense et 5 600 litres d’eau via un engin lanceur d’eau, a permis de rétablir l’ordre ; que ces affrontements ont entraîné des blessures pour six supporters montpelliérains, dont un a été hospitalisé, et pour quatre membres des forces de l’ordre ».
En ajoutant que « afin d’éviter de nouveaux affrontements, les supporters montpelliérains sont remontés dans les bus et ont été escortés par les forces de l’ordre qui ont dû mobiliser en urgence deux nouvelles sections de CRS en renfort afin de repartir vers Montpellier avant même le début de la rencontre ; qu’au cours de la rencontre, les supporters stéphanois ont entonné des chants homophobes visant les montpelliérains et ont jeté une centaine de projectiles sur l’aire de jeu entraînant une interruption de la rencontre ».
Interdiction de déplacement
Estimant que « les mesures individuelles ne permettent pas la prévention des rixes et troubles graves à l’ordre public qui surviennent régulièrement en amont et en aval de la rencontre sur le trajet emprunté par les convois de bus des supporters visiteurs et aux abords du stade » et que « un risque réel et sérieux d’affrontement entre les supporters des deux clubs existe à l’occasion de cette rencontre », le ministère de l’Intérieur, argumentant également que, même si occupées sur d’autres missions, « la mobilisation des forces de l’ordre, ne sauraient davantage suffire à prévenir ces risques », prend donc la décision d’interdire le déplacement de « toute personne se prévalant de la qualité de supporter de l’Association sportive de Saint-Étienne ou se comportant comme tel, entre les communes du département de la Loire, d’une part, et la commune de Montpellier ».
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