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les élus expliquent la décision de la préfecture de la Manche

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L’annonce de la fermeture du Camping municipal de la Saline à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) valait bien une conférence de presse pour en détailler les raisons au grand public, après en avoir informé en priorité ses résidents.

Mercredi 29 janvier 2025, le service était assuré par Dominique Hébert, maire délégué d’Équeurdreville-Hainneville (commune déléguée de Cherbourg-en-Cotentin, Manche), et Bertrand Lefranc, adjoint qui était en charge du site précédemment.

Du changement dans la règlementation nationale

Il y a un an, en avril 2024, après le passage de la commission sécurité des services de la préfecture au camping, un avis défavorable a été émis avec un certain nombre d’observations en matière de gestion des risques nucléaires, incendie et submersion marine.

Dominique Hébert, maire délégué d’Équeurdreville-Hainneville

L’équipe municipale, engagée dans la préservation de ce lieu, ne voit rien d’insurmontable dans les points soulevés par les services de l’État. Certains sont même levés. Mais il y a un problème de taille : la réglementation nationale a changé.

« Le camping s’était retrouvé au sein de la zone nucléaire. Il faut donc, selon l’État, qu’un agent municipal soit présent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, donc la nuit », poursuit l’élu.

Jusqu’ici, seul un accueil de jour est assuré. Gonfler les effectifs pour couvrir la nuit représenterait un coût de 200 000 euros supplémentaires, soit le budget de fonctionnement annuel du site. La municipalité, qui n’est pas financièrement en mesure de passer de 1,5 équivalent temps plein à 5,5, voit mécaniquement son camping fermer le 15 avril 2024.

« C’est un crève-cœur pour nous »

On a pu obtenir une dérogation pour le maintien d’une ouverture temporaire, le temps de pouvoir répondre aux objections soulevées. Et à côté, on travaillait toujours sur notre projet de rénovation du site.

Dominique Hébert, maire délégué d’Équeurdreville-Hainneville

Des propositions sont faites par la Ville aux services de la préfecture, comme celle de prévoir une personne d’astreinte ou des résidents formés en lieu et place d’un gardien de nuit en cas d’accident nucléaire. En vain.

« Cela ne suffisait pas, car la personne en question devait être sur place, reprend l’élu. Et les deux incendies qui s’y sont déclarés ces dernières années n’ont sûrement rien arrangé. Au 28 janvier 2025, il n’y avait plus aucune reconduction possible de notre dérogation. Nous n’avons plus de solutions, on doit acter la fermeture. »

31 mai 2025

Le budget de 1 million d’euros prévu pour le projet de rénovation du site ne peut être mobilisé pour absorber le coût du gardiennage. « La loi nous bloque, explique Bertrand Lefranc. D’abord, un budget annexe doit être à l’équilibre. Ensuite, les budgets de 1 million d’euros et de 200 000 euros ne peuvent pas être mélangés. D’un côté, c’est un budget d’investissement, de l’autre, un budget de fonctionnement. On était volontaires, on y croyait, mais on s’est retrouvés complètement coincés. »

Depuis ce mardi 28 janvier 2025, le camping est théoriquement fermé. Seule une ultime négociation avec le préfet a pu être obtenue, un laps de temps de quatre mois pour trouver une solution pour les résidents.

C’est un crève-cœur pour nous. Un drame personnel. Le camping de la Saline, c’est sentimental. Il a toujours été là.

Bertrand Lefranc, adjoint à Cherbourg-en-Cotentin

Dominique Hébert précise également que, jusqu’au 31 mai 2025, à tout le moins jusqu’au départ du dernier résident, « le maire assume la responsabilité du site et donc tous les risques, y compris en matière pénale ».

Accompagnement individualisé

Une cellule dédiée est mise en place par les services de la mairie. « L’objectif, c’est que personne ne se retrouve dehors dans quatre mois. On prend toutes les attentes et les besoins individuels en compte, souligne Bertrand Lefranc, pour accompagner vers un relogement. On sera là humainement jusqu’au bout. »

Dominique Hébert ne ferme pas non plus la porte à « une indemnisation au cas par cas s’il le faut, ou à défaut une aide technique pour le transport ».

Quant à ce que deviendra ce terrain : « Aucune idée. Pour le moment, on ferme progressivement les emplacements. »



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