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les écologistes répondent à la vague de critiques

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Les deux élus en poste depuis 2020 à l’hôtel de ville donnent rendez-vous dans le 1er arrondissement de Lyon devant l’école élémentaire Robert-Doisneau à quelques pas de la célèbre fresque des Lyonnais. Ils en sont fiers : la rue devant l’établissement est depuis quelques mois entièrement piétonne et végétalisée. C’est une « rue aux enfants » parmi la centaine déjà aménagée dans la ville par les écologistes.
Un an avant les élections, et alors que la campagne démarre, Gautier Chapuis, adjoint au maire, et Philomène Récamier, tous les deux co-présidents du groupe écologiste au conseil municipal de Lyon, répondent. Un avant-goût du combat qui attend les Lyonnais…

« On a fait ce qu’on a promis »

Les deux élus assurent « avoir fait ce qu’on a promis » pendant la campagne de 2020, même si certains projets sont passés à la trappe ou sont remis à plus tard faute de financement. 

« On a fait beaucoup de choses concrètes, le rééquilibrage des mobilités, l’hébergement d’urgence, l’alimentation dans les cantines, l’éducation populaire, la végétalisation, au niveau des services publics, la revalorisation des salaires des agents et de la police municipale. Ce qu’on a annoncé, on l’a mis en place ou c’est en route », se satisfait Philomène Récamier.

Et « tout ça dans un contexte de crises, on commence avec le Covid, puis la guerre en Ukraine, la dissolution… », précise Gautier Chapuis. 

Les élus écologistes de Lyon défendent une végétalisation « massive » de la ville comme ici dans le 3e arrondissement. (©Nicolas Zaugra/ actu Lyon)

« Sur la communication, on pourrait faire mieux »

Les élus écologistes, bousculés dès le début du mandat, ne reconnaissent pas de faute majeure et renvoient vers les idées « simplistes » de leurs opposants sur plusieurs sujets comme la sécurité ou la voiture. Philomène Récamier reconnaît juste que « sur la communication, on pourrait faire mieux ».

Mais sur le fond, les deux écologistes martèlent le « bon sens » de leur politique. « Les retours que l’on a ce sont des gens globalement satisfaits, qui sont heureux des changements même s’il y a des travaux qui sont irritants », affirme la conseillère municipale qui « se méfie » des avis tranchés des réseaux sociaux et des sondages.

« Il y a des choses qu’on aurait pu faire plus vite et c’est pour ça qu’il nous faut un deuxième mandat », lance Philomène Récamier. Elle cite le projet de la rive droite du Rhône, la rénovation des écoles, l’adaptation des bâtiments publics aux handicapés, à la rénovation des gymnases qui vont encore s’étaler sur plusieurs années. 

C’est la première fois qu’une aussi grande ville avec la métropole basculent écologiste. C’est sans doute ça les polémiques, surtout au début sur la sécurité. On est une sorte de laboratoire des projets écologiques. On a un vrai projet et une doctrine sur la sécurité. En face, on a un discours qui est simple : plus de caméras, de numérique et ça fonctionne.

Gautier Chapuis, adjoint au maire de Lyon Végétalisation – Biodiversité – Condition animale – Alimentation

« On ne gagne jamais une élection sur un bilan mais un projet »

Gautier Chapuis en est persuadé : c’est un nouveau projet que les écologistes peuvent gagner en 2026 pour un deuxième mandat et pas uniquement sur leur bilan. 

Les écologistes assurent « ne pas craindre » une candidature de Jean-Michel Aulas à la mairie. Des premières répliques sont lancées : « Ce qu’il dit est faux » concernant ses critiques sur la sécurité, les finances de la Ville ou encore la pollution et les travaux.

« Mettre en avant l’usage de la voiture dans une grande métropole, c’est quand même étonnant. On ne va pas vers ça », déplore sa collègue co-présidente du groupe qui rappelle que l’ancien président de l’OL « est très content de rouler avec son 4X4 sur de larges voies ».

« Dans le sens de l’histoire » malgré les critiques

Face aux critiques, et elles ne manquent pas, y compris de leurs partenaires de gauche, les écologistes assurent aller « dans le sens de l’histoire » tout en « écoutant les critiques » lors de concertations. Les écologistes ont « divisé la société lyonnaise », attaque Nathalie Perrin-Gilbert, leur ancienne adjointe à la Culture.

« Dogmatiques » et « décroissants », déplore Pierre Oliver (LR), « sans vision » et des « Lyonnais qui souffrent », selon Jean-Michel Aulas.

Chez les socialistes, on demande au maire de Lyon « plus d’apaisement », les communistes déplorent des Verts « qui s’occupent des habitants du centre-ville » et les Insoumis pointent une « dérive vers l’extrême droite » avec le projet de nouvelles caméras.

« Est-ce que c’est n’est pas Pierre Oliver qui est dogmatique ? Sur la végétalisation, il nous dit qu’il veut le faire sur les trottoirs, c’est dogmatique. Il veut laisser sa place à la voiture sans rééquilibrer l’espace public ! », s’étrangle Gautier Chapuis.

Les écologistes estiment que la fin des chantiers apaisera les critiques et qu'une majorité sera satisfait des transformations.
Les écologistes estiment que la fin des chantiers apaisera les critiques et qu’une majorité sera satisfait des transformations. (©Nicolas Zaugra/ actu Lyon)

De nombreux chantiers à terminer

Les écologistes comptent désormais sur les nombreux chantiers à finir et inaugurer pour convaincre les Lyonnais agacés de la multiplication des travaux. 

Ils citent ateliers les Ateliers de la danse avec la future piscine du 8e arrondissement, la nouvelle avenue des Frères-Lumière, l’apaisement de la Presqu’île, la future œuvre place Bellecour, le début des travaux au Chalet du parc de la Tête d’or et la rénovation des serres, le parc Mandela fini, la nouvelle gare Part-Dieu et la forêt urbaine, le BHNS, les nouvelles lignes de tramways…

Suffisant pour décrocher un deuxième mandat ? Pas forcément, les écologistes commencent à travailler sur de nouveaux projets. Il leur reste un an pour convaincre la maximum d’habitants. Et ce n’est pas gagné d’avance.



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