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les communistes se verraient bien mener la liste de gauche

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Et si c’était l’un des siens qui menait la liste ? Alors que le bal des prétendants agite la campagne pour les Municipales 2026 à Toulouse, le Parti communiste français se pose en rassembleur d’une gauche qui peine à trouver le chemin de l’union. Avec une conviction : il y a une autre voie à prendre que la carte « solo » jouée par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui, d’après eux, envoie ses députés au casse-pipe.

Inès Goffre-Pedrosa et Pierre Lacaze, chefs de file au PCF

Mercredi 19 février 2025, le PCF a donc annoncé avoir investi « deux chefs de file à parité » pour 2026 : la conseillère départementale de la Haute-Garonne, Inès Goffre-Pedrosa, et le vice-président de la Région Occitanie, Pierre Lacaze. Avec leurs jeunes porte-parole Axel Loscertales et Emma Saves, ils entendent former un « quatuor de candidats » dans la perspective de la prochaine course au Capitole.

Candidats à « potentiellement conduire, l’un ou l’autre, la liste »

S’ils balaient d’un revers de la main la candidature de Nadia Pellefigue, qui est « hors parti », n’est « plus de gauche » et « n’est pas soutenue par Carole Delga », les communistes se hissent sur un pied d’égalité avec François Piquemal pour les insoumis, Régis Godec pour les écologistes, ou encore Isabelle Hardy pour Génération. s, en attendant que la fumée blanche sorte des locaux du Parti socialiste, après le renoncement de Carole Delga à se porter candidate. Et d’ici là, le PCF avance ses pions… et bombe le torse.

Car ses chefs de file sont destinés « potentiellement à conduire, l’un ou l’autre, une liste de rassemblement » de la gauche, « ou du Parti communiste si nous n’arrivons pas à l’unité », met en garde Pierre Lacaze, qui est aussi élu municipal PCF à Toulouse.

« La principale force politique de gauche en termes d’adhérents »

Les communistes s’estiment légitimes à prendre le leadership à gauche, et pas forcément voués à jouer les seconds couteaux : « Certains de nos partenaires considèrent qu’on n’a pas à diriger la liste, mais qu’on a plutôt à la soutenir, tout simplement parce qu’ils comptent tous sur notre force militante… »

Nous avons près de 400 adhérents à Toulouse, on est la principale force politique de gauche en terme d’adhérents. On pèse dans les quartiers, on a une histoire à Toulouse, une ville rouge et noire qui a été marquée par les républicains espagnols et le poids des communistes.

Pierre Lacaze
Conseiller municipal PCF de Toulouse, chef de file pour les Municipales 2026
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Selon Pierre Lacaze, par ailleurs responsable national des élections au PCF, « il y a aussi un débat entre les partis de gauche sur les villes de plus de 100 000 habitants » où les forces progressistes unies pourraient laisser le champ libre aux communistes. « Toulouse en fait partie, Le Havre ou Nîmes aussi ».

« Discuter avec toute la gauche », dit le PCF, qui déplore « la position de LFI »

Mais si le PCF se propose, il n’entend pas « imposer sa tête de liste », et va aller « sans oukase » discuter avec « toute la gauche, y compris les insoumis et les personnalités des quartiers ». Il entend ainsi se distinguer de François Piquemal, dont la candidature est vécue comme une initiative solitaire :

On regrette la position nationale de La France insoumise de ne pas travailler avec le Parti socialiste. Nous, on veut travailler avec le PS, comme avec toutes les forces de gauche.

Piierre Lacaze

A contrario, Pierre Lacaze a bon espoir de « faire le rassemblement sur un projet, pas sur le casting ». « En tant que communistes, on a une autre ambition pour Toulouse », développe Inès Goffre-Pedrosa. « On porte fortement la place des services publics, de l’aménagement du territoire, la question du logement et du pouvoir d’achat ».

Vers « la marginalisation de LFI sur Toulouse » ?

« Pour l’instant, le casting est trop mis en avant », insiste Pierre Lacaze, qui dézingue l’attitude du candidat LFI à Toulouse : « Sans attendre le travail sur le projet, François Piquemal souhaite mettre en avant sa candidature, se mettant ainsi dans les pas de Jean-Luc Mélenchon ». À ses yeux, une telle attitude, « ça court à l’échec et à la marginalisation de LFI sur Toulouse ».

Une « stratégie de suicide politique de tous ses députés »

« Il faut qu’il débatte avec nous », lance-t-il à l’égard de François Piquemal. Faisant allusion à l’échec du député (LFI) Louis Boyard à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), où l’impossible union avec la tête de liste communiste et ses alliés a été fatale à la gauche au second tour, il raille la « stratégie de suicide politique de tous ses députés » portée selon lui par Jean-Luc Mélenchon, qui a conduit à la défaite de la gauche « en refusant de soutenir un candidat communiste ». Il estime qu’à nouveau, « la France insoumise s’exclut du rassemblement » et se trompe de combat :

J’ai l’impression que Mélenchon suicide ses députés (…) On n’est pas là pour une Présidentielle ou une future Législative. En refusant le rassemblement, et en n’étant là que pour faire gagner Mélenchon, LFI renonce à gagner Toulouse.

Pierre Lacaze  

« À Toulouse, ce n’est pas possible de ne pas travailler avec le Parti socialiste », poursuit le conseiller municipal et régional. « Si la gauche gagne, elle devra aussi travailler avec les majorités départementale et régionale », toutes deux aux mains du PS, en union avec le PCF.

Haro sur François Piquemal, qui « s’autoproclame grand chef »

Secrétaire fédéral du PCF en Haute-Garonne, Luc Ripoll est plus offensif encore, dénonçant « la guerre des egos » et l’initiative « insupportable » de François Piquemal qui « se présente seul, ne discute pas » et « s’autoproclame comme le seul possible, le grand chef ».

« Nous, on veut vraiment l’unité », enchaîne Pierre Lacaze. « Nous ne gagnerons pas seuls, et personne n’y arrivera seul. On va voir avec nos partenaires, mais d’abord, on va parler projets 2025-2050 ».

La multiplication des listes qui se profile à gauche n’inquiète toutefois pas Pierre Lacaze, qui préfère rappeler « qu’en 2008, nous avons gagné la ville alors qu’il y avait trois listes à gauche ». Et il en est convaincu : « Cette élection n’est pas jouée ». À une condition près : « Contre Moudenc, c’est l’équipe qui va gagner, pas la tête de liste ».

« Le mandat de trop pour Jean-Luc Moudenc »

« C’est le mandat de trop pour Jean-Luc Moudenc », poursuit Pierre Lacaze. « Ça fait 40 ans qu’il est dans la gestion de la ville, ou qu’il la dirige. On sent beaucoup d’exaspération, y compris dans l’électorat de droite ».

On pense qu’il va échouer, il avait déjà failli y passer en 2020. Sans le Covid, on ne sait pas s’il aurait été réélu.

Pierre Lacaze

Une grande consultation populaire lancée

Les communistes ont aussi annoncé ce mercredi le lancement d’une « Consultation populaire toulousaine », qui vise à « recueillir les points de vue et attentes » de la vie quotidienne. Une consultation dans laquelle ils appellent les habitants à coucher leurs idées sur le papier, mais aussi à « cocher leurs priorités » parmi une douzaine de priorités triées sur le volet.

Que propose le Parti communiste ?

Car sur le programme, « nous avons une parole originale au Parti communiste », défend Pierre Lacaze. « On souhaite par exemple tendre vers la gratuité des transports, et débattre sur le sujet comme Montpellier l’a fait ». Considérant « qu’on ne sortira pas des bouchons à Toulouse si on n’associe pas le ferroviaire », il invoque aussi la création d’une « société publique locale des transports publics, associant la Ville, le Département et la Région ». Pour venir en aide aux habitants dans « une ville qui leur est de plus en plus chère », ils entendent aussi se mobiliser pour « l’encadrement des loyers ».

Les communistes, qui veulent « ouvrir le débat sur la cohérence de l’urbanisme à Toulouse », envisagent aussi la création d’une « délégation municipale sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Envisageant « l’installation de médiateurs de la police municipale », ils comptent être forces de proposition sur la sécurité, car « on n’est pas au rendez-vous à Toulouse ».

« Une fois qu’on aura le projet et l’équipe », conclut Pierre Lacaze, « on traitera ensemble la question du capitaine ». Et quelle question.



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