Le procès de Joël Le Scouarnec est ouvert depuis le 24 février 2025. C’est l’un des plus grands procès de pédocriminalité de France. Il est accusé d’avoir violé ou agressé sexuellement 299 victimes, souvent mineures. Les faits ont eu lieu pendant 30 ans de carrière. Mercredi 5 mars 2025, c’est le troisième jour de son interrogatoire. Suivez notre direct.
14 h 25 – L’avocat général prend la parole
Stéphane Kellenberger, avocat général, interroge l’accusé sur des comptes rendus de conversations téléphoniques en prison. « Si demain, on vous disait : vous sortez, vous allez dans votre logement. Tu dirais que tu es prêt ? Oui, maintenant, je suis prêt », indique l’avocat général, qui relate la conversation téléphonique avec son ex-épouse. « Oui, je me suis libéré de mes pulsions », déclare l’accusé.
14 h 20 – Pas de pensées suicidaires en prison
L’accusé parle de sa détention. « Quand toutes les personnes en détention m’ont demandé si j’avais des pensées suicidaires. J’ai répondu absolument pas. Je me dois d’être ici aujourd’hui pour répondre aux victimes. J’ai conscience que les blessures infligées sont impardonnables et irréparables », indique Joël Le Scouarnec.
14 h 10 – « Blessures irréparables »
Sur la reconstruction des victimes, Joël Le Scouarnec indique qu’il se « doit d’être ici aujourd’hui pour pouvoir répondre à ce que diront les victimes. J’espère en tout cas, je le souhaite pour elle, que mes réponses puissent leur apporter une certaine réparation. Même si je sais que les blessures sont impardonnables et irréparables ».
« Chacune et chacun [des victimes, NDLR] est important. Ce n’est pas un jugement global. Chaque personne est différente. Son ressenti est différent, et elle me l’exprimera au moment venu », explique l’accusé sur le fait d’aborder le cas des 299 victimes ces prochains jours lors de son procès.
13 h 50 – Ses carnets noirs
« Est-il possible que certains actes puissent ne pas avoir été retranscrits dans vos carnets ? », demande une avocate. « J’étais tellement possédé par le désir d’écrire qu’il est peu probable, que s’il s’est passé quelque chose, ce ne soit pas écrit », reconnaît l’accusé.
13 h 45 – Différences entre les victimes et les poupées
L’accusé est questionné sur sa relation avec ses poupées. « Les petites filles que j’ai agressées et violées, je ne les connaissais pas. C’était furtif. Ça n’avait aucune commune mesure avec les poupées que je voyais tous les jours », avance Joël Le Scouarnec.
13 h 40 – Questions des parties civiles
En 1996, Joël Le Scouarnec abuse avec sa nièce. « Vous portez beaucoup d’importance au fait qu’elle soit turbulente. Est-ce que si elle avait été sage, vous n’auriez pas été pédophile ? », demande une avocate. « Ce n’est pas qu’elle ait été turbulente. C’est parce qu’elle venait se réfugier contre moi. Qu’elle se blottissait contre moi », dévoile-t-il. « Votre nièce aurait pu avoir un comportement qualifié d’aguicheur ? », demande l’avocate ? Il répond que non.
13 h 30 – Changement en prison
L’accusé a avoué avoir changé de position sur plusieurs sujets. « Ce qui m’a fait changer ces derniers temps, c’est l’incarcération. Une tierce personne ? peut-être, si elle avait insisté. Ce qui m’a fait changer, c’est l’incarcération », précise-t-il.
13 h 25 – Le coût de ses activités
La cour criminelle demande à l’accusé le coût financier de ses activités pédophiles. C’est totalement dérisoire. Les sites que je fréquentais étaient gratuits« , répond-il.
13 h 10 – Des vols à l’hôpital
L’accusé de 74 ans est interrogé sur des vols d’affaires personnelles de patients. « C’est arrivé. Une fois. Une petite culotte. […] C’était en quelque sorte un trophée », indique-t-il.
13 h – L’audience reprend
Huitième jour du procès du chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec. C’est le troisième jour de son interrogatoire (personnalité, penchants pédophiles et sur les faits d’agression sexuelle et de viol). La veille, l’audience s’est tenue de 9 h à 21 h.
L’identité d’une victime dévoilée
Lundi 3 mars 2025, l’accusé a déclaré être « prêt à reconnaître certains faits de viols » qu’il niait jusqu’à présent. Le lendemain, le mardi 4 mars 2025, l’accusé est questionné sur une série de photos pédopornographiques sans visage. Les photos prises en 1988 sont diffusées par la présidente de la cour criminelle. « C’était la fille des propriétaires de notre maison à Loches. Elle devait être fatiguée. J’en ai profité pour faire des photos sous sa jupe », indique l’accusé.
Cette victime n’est pas dans l’ordonnance de mise en accusation de ce procès. La victime n’a pas été contactée par les forces de l’ordre quand l’affaire éclate.
Un cas de soumission chimique
L’accusé n’avait alors pas avoué publiquement avoir recours à la soumission chimique. Le 4 mars, il déclare :
Oui, en effet, j’ai utilisé à une seule reprise un produit anesthésiant pour une fillette. Cela s’est produit qu’une seule fois. Je me rappelle très bien des photos que j’ai prises à ce moment-là.
Dans ses écrits, à deux reprises, il indique avoir « endormi » cette fillette. La victime serait la fille d’une amie du couple. Les faits seraient prescrits.
Combien de victimes ?
L’âge moyen des victimes est de 11 ans. Les faits ont été commis sur « 158 victimes de sexe masculin et 141 de sexe féminin », d’après les éléments communiqués par Stéphane Kellenberger. Le procureur fait savoir que 256 étaient âgées de moins de 15 ans. « En tout, 111 faits sont susceptibles de recevoir une qualification criminelle de viol aggravée. Et 189, une qualification délictuelle d’agression sexuelle aggravée », ajoute le procureur.
« Les faits les plus anciens hors prescription remontent au mois de janvier 1989 et les plus récents, à janvier 2014 », détaille le procureur de la République.
Les dates clés de Joël Le Scouarnec :
Joël Le Scouarnec est né à Paris en 1950.
En 1985, il est diplômé de médecine de la faculté de Nantes. Chirurgien viscéral, il s’installe d’abord à Loches en Touraine.
En 1994, il travaille à la clinique du Sacré-Cœur à Vannes.
En 2004, il va dans le public. Il passe à l’hôpital de Lorient (Morbihan) puis est titularisé à Quimperlé (Finistère). Cette même année, le FBI trouve sa carte de crédit sur des sites pédopornographiques russes.
Il est condamné en octobre 2005 pour importation et détention d’images pédopornographiques, mais peut continuer à exercer et pratiquer des appendicectomies sur des enfants.
En 2006, un docteur de Quimperlé le signale au conseil départemental de l’ordre des médecins du Finistère.
En 2008, il travaille à l’hôpital de Jonzac. Une vingtaine de victimes présumées sont identifiées.
En 2017, ses voisins portent plainte pour viol. Pour cette affaire, en mars 2020, le septuagénaire a été condamné à 15 ans de prison pour des agressions sexuelles et viols sur quatre premières victimes.
En parallèle, en octobre 2020, il est mis en examen à Lorient pour viol et agression sexuelle de 312 personnes.
En 2021, Joël Le Scouarnec est placé au centre pénitentiaire de Ploemeur dans le Morbihan en décembre 2021 pour la suite de l’instruction. Début 2025, il est transféré à la maison d’arrêt de Vannes pour le procès qui s’ouvre le 24 février 2025.
Jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle
Poursuivi pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes, l’ancien chirurgien digestif encourt « une peine maximale de 20 années de réclusion criminelle, prévue par la loi pénale applicable », indique le procureur de la République de Lorient Stéphane Kellenberger.
En 2020, le septuagénaire avait déjà été condamné à une peine de 15 ans de prison pour des abus sexuels sur quatre mineures, notamment sur deux de ses nièces.
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