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l’entourage décrit « une relation toxique »



Une relation tumultueuse a conduit un homme et une femme en opposition au tribunal de Lille, fin janvier 2025. Un homme de 36 ans a été condamné à 2 ans de prison pour avoir violenté son ancienne maîtresse et avoir envoyé une vidéo intime à caractère sexuel à sa fille. Les proches de la victime ont décrit une « relation toxique ». 

Des soirées d’excès et une mesure d’éloignement

Monsieur B. et  Mme S. se sont rencontrés en 2018 à Fontan, dans les Alpes Maritimes. Ils se sont rapprochés, puis perdus de vue, pour se retrouver plus tard. Ils entament alors une relation, alors que M. est en concubinage. « Ça n’allait pas, il me disait qu’il restait avec elle pour l’argent », a relaté la victime présumée au tribunal. Leurs soirées ensemble sont synonymes d’excès, avec consommation excessive d’alcool et de cocaïne. Et des violences : verbales et physiques.

Lors de la première audience, renvoyée en raison de l’absence de Mme et de son avocate, le prévenu a évoqué ses addictions, qui lui ont fait « perdre beaucoup de choses ».
Avec sa maîtresse, quand ils se voient ils ne contrôlent rien. Leurs rencontres dégénèrent, de plus en plus, jusqu’à entraîner un contrôle judiciaire à l’été 2024.

Violences physiques, verbales et menaces

Ce qui fait tout basculer est une soirée de juillet 2024, pour laquelle ils se retrouvent à Villeneuve-d’Ascq. Le prévenu rejoint la victime chez elle, valise en main, disant qu’il a quitté sa compagne. Au cours de la soirée, les discussions sont houleuses, les violences verbales éclatent, puis commencent les violences physiques. Madame finit avec de nombreuses contusions, qui conduiront à une ITT de plus de 8 jours. Lui évoque une chute accidentelle et une tentative « de la contrôler, elle était complètement folle. Je la tenais pour l’empêcher de se faire mal. » La victime décrit des mots violents, puis les coups et une tentative de la brûler avec de huile mise sur le feu. Version démentie par le prévenu : « Je voulais juste cuisiner. »

Les proches de Mme S. décrivent « une relation toxique » aux enquêteurs. Les échanges de messages et d’images transmis en appui sont éloquents. L’été 2024, Monsieur B. est placé sous contrôle judiciaire, en attendant d’être jugé pour plusieurs faits courant sur 2023 et 2024. Il est contraint à une mesure d’éloignement, qu’il ne respecte pas, comme d’autres obligations du contrôle judiciaire.

« Elle ne veut pas qu’il ait d’ennuis »

Ce soir de juillet 2024, une fois la violente altercation passée, Mme S. se réfugie chez sa mère et appelle son frère à l’aide. La police constate rapidement ses blessures sur place. Elle indique sur le coup vouloir porter plainte, puis se ravise. « À ce moment, elle ne veut pas qu’il ait d’ennuis. Et la peur prend le dessus, car en réalité, elle est terrifiée », relate son l’avocate, s’appuyant sur des messages que la victime a échangés avec son frère. « Pourquoi ? Parce qu’elle, ainsi que sa famille, a reçu des menaces. »

L’homme admet ne pas savoir quoi faire dans cette relation qui le déstabilise. « Pourquoi avoir menacé d’envoyer des documents compromettants ? Pourquoi avoir envoyé cette vidéo à caractère sexuel à sa fille [en février 2023, NDLR] ? » « Parce que je ne savais pas quoi faire pour me sortir de là. Je me suis dit qu’en faisant ça, il n’y aurait pas de retour en arrière. » « Et vous pensez à cette jeune fille ? », relance la présidente. 

Une victime brisée

C’est une victime brisée, dos voûté, qui témoigne à l’audience. « Je veux juste que ça s’arrête », confie-t-elle à l’assistance, à bout de nerfs. Elle est d’ailleurs présentée comme fragile, encline à la dépression, une « proie facile » pour un « prédateur » comme Monsieur B., selon son avocate.

Elle était sous emprise. À ses côtés, elle est totalement dévalorisée, cassée. Il consulte son téléphone, l’isole de ses proches…

Avocate de la victime.

Et son opposant d’en « revenir aux simples faits. D’ailleurs la compagne de Monsieur dit qu’il n’a jamais été violent avec elle », appuie l’avocat.

2 ans de prison, avec la première année sous bracelet

La procureure a relevé des justifications bancales de la part du prévenu tout au long de l’audience. « On a l’impression que c’est le procès des dérives de Madame, si on écoute Monsieur. En réalité, elle est terrorisée parce qu’il a une vraie emprise sur elle depuis le début. » La représentante du ministère de la justice, rappelant que 4 des 12 mentions du casier du prévenu sont en lien avec des violences, a requis 30 mois d’emprisonnement dont 6 assortis d’un sursis probatoire, ainsi qu’un suivi en addictologie. Elle a demandé un maintien en détention pour « la protection de la victime », une interdiction de contact pendant 3 ans et une privation des droits d’éligibilité de 5 ans.

Le tribunal a statué : Monsieur B. a écopé d’une peine de 2 ans d’emprisonnement, avec un an en sursis probatoire partiel. La première partie de la peine se fera sous bracelet électronique. Il a également interdiction d’entrer en contact avec la victime.



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