Pour la deuxième année consécutive, c’est Matteo Jorgenson qui a remporté Paris-Nice 2025, ce dimanche 16 mars 2025. Il n’était pas le grand favori, mais il a réussi à être toujours bien positionné dans les moments clés et a profité du collectif de la Visma-Lease a Bike pour aller glaner une deuxième victoire sur la Promenade des Anglais.
Au-delà de ce succès, et à un peu moins de trois mois du Tour de France, c’est aussi l’occasion de tirer quelques enseignements de cette course sur les routes françaises.
Jonas Vingegaard se montre mais…
Après une saison 2024 marquée par sa chute et sa grosse blessure qui l’ont privé d’être à 100 % sur le Tour 2024, Jonas Vingegaard a besoin de se rassurer en ce début de saison. Il avait déjà remporté le Tour de l’Algarve en février, mais son premier gros morceau, c’était ce Paris-Nice.
Le double vainqueur de la Grande Boucle s’est montré à son avantage sur le contre-la-montre par équipes. Puis le lendemain, le Danois a attaqué fort dans La Loge des Gardes, montrant sa forme du moment. Mais il s’est fait dépasser dans les derniers hectomètres par Joao Almeida. Il enfilait quand même la tunique Jaune de leader de la course.
Mais au début de la cinquième étape, Jonas Vingegaard a chuté. Il s’est ensuite montré en difficulté et n’a terminé qu’à la 16ᵉ place, laissant le maillot Jaune à son coéquipier Matteo Jorgenson.
Il n’a pas pris le départ de la 6ᵉ étape, souffrant d’une contusion à la main gauche.
Malheureusement, Jonas Vingegaard ne prendra pas le départ de l’étape aujourd’hui. Notre staff médical a décidé qu’il était mieux pour lui qu’il récupère de sa chute d’hier à la maison et se concentre sur ses prochains objectifs.
Reste à savoir comment il récupérera. Jonas Vingegaard est attendu sur le Tour de Catalogne, lundi 24 mars.
La Visma-Lease a Bike prête pour le Tour ?
Si son leader pour le Tour de France a abandonné, cela n’a pas empêché la Visma-Lease a Bike d’être ultra-performante. Après une saison 2024 décevante et marquée par la malchance, les jaune et noir semblent à nouveau au sommet.
Déjà, dans le contre-la-montre par équipes, ils ont survolé les débats. Ensuite, ils ont parfaitement accompagné les deux leaders dans les étapes de montagne pour leur permettre d’être dans les meilleures conditions.
Mais surtout, on a vu la stratégie parfaitement rodée lors de la 6ᵉ étape, quand ils ont magistralement réussi un coup de bordure, en accélérant alors que le peloton était étiré, pour créer d’importantes cassures.
Pour le Tour de France, l’inconnue s’appelle évidemment Jonas Vingegaard qui paraît être le seul en mesure de contrecarrer la domination de Tadej Pogačar. Mais, au niveau du collectif, il y aura match sur les routes de juillet. Et ça s’annonce passionnant.
Lenny Martinez montre son talent (mais paie cash ses erreurs)

Une journée parfaite. Puis un lendemain cauchemardesque. Entre la cinquième étape, qu’il a remportée haut la main, et la sixième étape, où il s’est fait piéger par les bordures de Visma, Lenny Martinez a vécu un ascenseur émotionnel énorme.
Sa victoire en haut de la Côte Saint-André n’en demeure pas mois une magnifique victoire, « la plus belle de ma carrière », a-t-il assuré après avoir levé les bras.
Mais le lendemain, alors qu’il était en position de jouer un podium au général, il s’est fait avoir par la tactique.
C’est le jeune coureur (21 ans) de la Bahrain Victorious qui s’est mis seul dans de beaux draps en restant en queue de peloton, mal positionné. Celui qui a quitté en janvier la Groupama-FDJ pour de nouvelles couleurs en a d’ailleurs pris pour son grade par son directeur sportif, Roman Kreuziger, qui l’a particulièrement ciblé.
« C’est encore plus important de gagner une étape que de s’assurer une place dans le Top 10 », expliquait-il au soir de sa victoire. Il termine de toute façon à une anonyme 24ᵉ place.
Julian Alaphilippe sur le devant de la scène

C’est le chouchou du public. Et il avait à cœur de se montrer. Julian Alaphilippe, qui vient de rejoindre l’équipe Tudor, n’est pas dans la forme de sa vie. C’est sûr.
Il n’empêche qu’il a encore les cannes pour faire le show dans la première étape, en attaquant de loin. Ou encore pour s’accrocher avec les meilleurs dans la montée de la Côte Saint-André lors de la cinquième étape.
Et quand il sait qu’il ne peut pas gagner, il prend quand même l’échappée et roule dans la septième étape pour son coéquipier Michaël Storer, lui offrant de précieux relais avant la montée vers Aurons et permettant à son équipe de décrocher une victoire d’étape prestigieuse.
Ce n’est pas tous les jours qu’un double champion du monde roule pour vous dans l’échappée. Je suis extrêmement reconnaissant. […] Puis, c’était incroyable d’avoir Julian pour faire la jonction. Il n’avait même pas de radio aujourd’hui, mais c’est un coureur d’une intelligence rare. Il a senti l’opportunité et a été l’élément clé de notre victoire.
Le public l’attend sur les routes du Tour cet été. Il faudra pour cela que Tudor soit invitée par A.S.O, l’organisateur. L’équipe suisse ne court en effet qu’en deuxième division (Pro Team). Seules les équipes de première division (World Tour) sont assurées de participer à la Grande Boucle.
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