Alors qu’il passait une paisible vie de retraité depuis plusieurs années au Haras de la Cour, à Moyon (Manche), le crack trotteur Jag de Bellouet s’est éteint ce lundi 3 février 2025 dans sa 28e année.
C’est Emmanuelle Couétil, gérante du Haras de la Cour, qui a annoncé la triste nouvelle sur la page Facebook du haras.
« Jag de Bellouet est mort aujourd’hui [lundi] à 16 h 14. Ce matin, pour la première fois depuis très longtemps, il a mis un genou à terre et s’est laissé tomber au sol. Nous l’avons veillé jusqu’au bout, en hommage au formidable champion et superbe cheval qu’il était. Personne ne t’oubliera mon Chonchon », a écrit Emmanuelle Couétil.
Vainqueur du Prix d’Amérique 2005 et de trois « Cornulier »
Jag de Bellouet fut un des grands cracks de la race trotteur français, remportant 36 des 115 courses qu’il disputa pour un total de plus de 4 millions d’euros de gains. Il remporta le Prix d’Amérique 2005 et trois fois le Prix de Cornulier, l’équivalent au trot monté, de 2004 à 2006, à l’hippodrome de Vincennes.
Le doublé Prix de Cornulier-Prix d’Amérique réalisé en 2005 n’avait plus été réussi depuis Bellino II en 1975 et 1976.
Surnommé « Jag le cannibal » tant il dominait
Jag de Bellouet est né le 17 mai 1997 dans l’Orne, près d’Argentan, chez Jean-Claude Monthéan qui avait croisé une de ses poulinières, Vaunoise (fille de l’étalon manchois Nicos du Vivier), à l’étalon franco-américain Viking’s Way.
Il s’inscrivit aux ventes de yearlings de Deauville (Calvados) en septembre de l’année suivante. Alors jeune entraîneur, Christophe Gallier (du Loreur, entre Gavray et Granville, Manche) le repéra et conseilla à M. et Mme Izard, d’Agon-Coutanville, de l’acheter puis de louer la future carrière de course à son père Michel Gallier.
C’est ainsi que la casaque rayée blanc et bleu, manche et toque blanche devint célèbre. Dès l’âge de 3 ans, Jag de Bellouet atteignait le meilleur niveau de sa génération en France pour ne plus jamais le quitter. Il fut surnommé « Jag le cannibal » tant il dominait le trot français et européen.
Un très bon étalon pendant 17 ans
Christophe Gallier annonça la retraite sportive du crack le 14 novembre 2007. Mais il avait en parallèle commencé une carrière d’étalon en 2001, au Haras de la Cour.
Il fut un très bon étalon jusqu’en 2018, donnant naissance à 1 058 poulains et pouliches de 2002 à 2019. Parmi eux, plusieurs excellents chevaux dont Granvillaise Bleue (1,4 million d’euros de gains), Tornado Bello (1 million de gains et bon étalon), Tornade du Digeon, Chica de Joudes (placée d’un Prix d’Amérique), Uniflosa Bella, Paladin Bleu, Opus Viervil (775 000 € de gains, bon étalon, et qui défendait aussi la casaque et l’entraînement des Gallier père et fils), Soleil du Fossé, Vulcain de Vandel, Very Nice Marceaux, Réal de Lou (encore parmi les dix meilleurs étalons trotteurs en 2024) et bien d’autres.
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