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le vote du budget chauffe les élus d’Alençon

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Le vote du budget 2025 au dernier conseil municipal d’Alençon (Orne), lundi 24 mars, a pris des airs de mise en jambes pour la campagne 2026 qui se profile.

« Ce qui ne se sera pas réalisé »

Sophie Douvry, la cheffe de file de l’opposition de Droite, a d’emblée annoncé que les commentaires se feraient à deux voix. Elle a ouvert le bal en relevant que « le budget primitif est fidèle au débat d’orientations budgétaires, en effet, mais il serait bon aussi de communiquer sur ce qui ne se fera pas ». Elle a pointé une « faible dynamique » de la Ville « au regard de la faible affectation des impôts ».

« Des chèques en blanc »

Philippe Drillon a rebondi en dénonçant « le processus de construction du budget et l’absence de commission générale, une semaine avant le vote du budget qui permettrait à tous les élus d’avoir des détails, pour plus de transparence et de démocratie ».

Il compare ce fonctionnement au fait « de signer des chèques en blanc » en visant les autorisations de programme lancées dans ce budget ».

Puis il étend son propos à la Halle au Blé « pour laquelle vous ne ferez rien mais au regard des fuites de la coupole, ça met en cause son usage s’il pleut plus et on ne peut pas garantir qu’il ne pleuvra plus à Alençon ».

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Même constat pour le parking souterrain « qui est dans un état de délabrement ».

Les 3,5 M€ fléchés pour la voirie et le plan vélo lui font dire que « l’on sent que les élections se rapprochent pour tout le monde ».

Et Philippe Drillon de conclure au nom de son groupe qu’il votera contre ce budget « pour toutes ces raisons ».

« Entre les projets et le réalisé, il reste 5,8 M€» pointe Pascal Mesnil

Juste avant, Pascal Mesnil, pour le groupe de la gauche solidaire et écolo, avait signalé que « les autorisations de programme, en investissement, étaient de 14,65 M€» mais à la lecture des comptes administratifs 2021, 2022 et 2023, c’est un montant de 4,30 M€ qui ont été utilisés. Et 1,90 M€ était prévu pour 2024 et ce sont 2,38 M€ qui sont proposés pour 2025 soit un total de 8,58 M€ si l’ensemble des opérations sont réalisées. Il reste donc 5,8 M€ – une belle somme – soit un tiers environ de ce qui était prévu.

Sachant que trois autorisations de

programme s’arrêtent en 2026, l’ensemble de ce qui avait été prévu ne sera pas consommé. »

Les travaux d’aménagement de la piste cyclable Chemin de Maures est intégré dans l’investissement de 3,50 M€ fléché à la voirie et au plan vélo en 2025. ©L’Orne hebdo

Le coût des horodateurs et de la vidéoprotection

Sur les investissements, Marie-Noëlle Vonthron et lui approuvent le projet des deux centrales photovoltaïques et espèrent « connaître les économies attendues et ensuite réalisées ». Ils souhaitent que les économies réalisées grâce à cela « soient réinjectées dans de nouveaux investissements pour financer d’autres équipements de la transition écologique ».

Ils se disent « dans le flou » au sujet de l’aménagement voirie/plan vélo « de 3,56 M€ dont 1,50 M€ pour l’aménagement de la place Édith Bonnem. Pour quels travaux ? Et quel lien pour les aménagements avec le schéma directeur intercommunal ? »

Le changement des horodateurs « pour 152 400 € tout de même alors qu’ils ont été installés en 2017 et qui sont déjà à changer en raison de leur manque de fiabilité » les interroge. « Espérons que les prochains, dopés à l’électronique, seront plus fiables », lâche ironiquement Pascal Mesnil avant de rebondir, fidèle à sa position, sur « les 150 00 € d’équipement de vidéoprotection dont le coût global ne cesse d’augmenter d’autant plus que le marché de maintenance – 250 000 € par année d’exécution sur trois ans — qui doit arriver prochainement à terme devra être renouvelé ».

« Pourquoi ne pas recourir à l’emprunt ? »

L’élu d’opposition de gauche conclut sur la réticence de la Ville à emprunter « pour parvenir à financer les dépenses d’investissement si la totalité était réalisée. » Selon lui, « un emprunt de 7,36 M€ serait nécessaire mais il ne sera pas certainement pas sollicité, comme les années précédentes, au regard du faible taux de réalisation des années précédentes. Aussi faut-il continuer, malgré les besoins, à réduire l’investissement et ne pas emprunter ? »

« Ne nous accusez pas d’inertie ! »

Joaquim Pueyo a d’abord répondu à Philippe Drillon que « les commissions générales n’étaient pas obligatoires puisque le débat d’orientations budgétaires sert à cela ». Quant aux investissements, « on connaît nos points de vigilance », assure le maire qui cite la basilique Notre-Dame « pour laquelle une étude est en cours », tout comme pour la Halle au Blé.

Ahamada Dibo est, lui, monté dans les tours : « C’est trop facile de dire » Vous n’investissez pas « ! »

Un diagnostic a été réalisé pour la Halle au Blé sur le mandat 2014-2020 et qui a poussé à la roue pour qu’on engage les travaux ? Ses défauts vous les connaissez : ce n’est pas un problème d’étanchéité, c’est toute la toiture qui se scinde !

Ahamada Dibo, maire-adjoint aux finances.

Il complète que pour la basilique comme pour la Halle au Blé, les études sont menées avec l’Architecte des bâtiments de France et que les travaux seront faits « en fonction des moyens alloués par l’État ». Mais, tempête Ahamada Dibo, « ne nous accusez pas d’inertie ! »

« Trouver la technique qui va durer 25 à 30 ans »

Sur les investissements liés au développement durable, le maire adjoint aux finances signale que « la Ville investit pour alléger ses charges mais on nous plombe avec la TVA qui augmentera en août ! »

Joaquim Pueyo assure « qu’il fait trouver des financements et c’est prévu. Mais pour la Halle au Blé, l’étude nous avait dit qu’il fallait investir 6 M€ pour une technique qui ne tiendrait pas plus de six ans. On attend donc la technique qui va nous permettre d’investir pour 25 à 30 ans. »

L’opposition de la droite Renaissance (Ludovic Assier, Marie-Béatrice Levaux et Lucienne Forveille), soit trois voix, s’est abstenue sur ce budget 2025.

L’opposition de droite LR (Sophie Douvry, Philippe Drillon, Jean-Louis Galodé et Patricia Boisnard) ainsi que la gauche solidaire et écolo (Pascal Mesnil et Marie-Noëlle Vonthron), soit six voix, ont voté contre ce budget 2025.

Les gros investissements 2025

Les principaux investissements programmés dans ce budget 2025 portent sur l’aménagement de la voirie et le plan vélo (3,56 M€) « pour la continuité cyclable du Chemin de Maure, du carrefour de la route d’Argentan, des rues Ampère, Basingstoke et Quakenbrück », l’aménagement de la place Foch (1,50 M€), l’acquisition de matériel et mobilier pour la propreté (250 000 €), la végétalisation de la cour d’école Desnos (100 000 €), des aires de fitness (120 000 €), l’aménagement CM 35 (120 000 €) « pour développer le pôle dédié aux cultures urbaines », deux centrales photovoltaïques (850 000 €), la vidéo protection (150 000 €), le remplacement des horodateurs (152 400 €) ou encore l’informatisation des services (300 000 €).

Les taux de la Ville maintenus, ceux du Département « élevés »

Les taux d’imposition ont été maintenus (Foncier bâti : 38, 28 %, Foncier non bâti : 25,76 % et taxe d’habitation : 10,68 %). Les oppositions se sont abstenues sur ce vote.

Joaquim Pueyo a précisé que le taux n’avait pas augmenté depuis 2008, sous — entendu depuis son élection. « Il avait même baissé de 5 % en 2014 », poursuit-il avant d’expliquer que « dans ce que payent les Alençonnais, une grande partie est redonnée à l’État à cause des taux élevés sud Département et pour compenser la disparition de la taxe d’habitation. Les départements dans lesquels les taux sont plus faibles font que les villes de même taux reversent moins à l’État ».



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