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Le sorcier de la prison de Bois-d’Arcy roué de coups et laissé pour mort

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Il paraît que la vidéo est effrayante et d’une rare violence. La supposition de ce qui s’est passé dans la cour de promenade de la prison de Bois-d’Arcy (Yvelines) est une réalité. Un détenu a littéralement été roué de coups par cinq autres prisonniers, âgés de 20 à 26 ans. L’un lui a carrément sauté sur la tête à pieds joints. Il a frôlé la mort.

La bande sera jugée le 25 mars 2025 par le tribunal de Versailles. Et si tous battent désormais leur coulpe, regrettant à n’en plus finir, cet événement témoigne d’un manque flagrant de vigilance de la garde et d’une violence de plus en plus intense en détention. Voici une quinzaine de jours, un détenu a frappé son compagnon de cellule si violemment qu’il a été plongé dans le coma. Depuis, il est décédé.

Écrasé avec des Nike taille 47

L’affaire des cinq remontent pour sa part au dimanche 8 décembre 2024. En milieu d’après-midi, l’agent en poste à la guérite E signale un détenu allongé au sol et ne bougeant plus. « A l’ouverture de la cour, ce dernier s’est relevé en titubant, dépourvu de chaussures car elles auraient été balancées par les autres détenus. Il présentait une bosse au niveau du front, avait le visage en sang et déformé. Il a déclaré que tous les détenus de la cour du F lui sont tombés dessus », résume le rapport de détention que 78actu a consulté. Tous sauf deux qui sont venus le relever.

21 jours d’incapacité lui sont délivrés par le médecin. Sur les photos du dossier, son visage est en sang, complètement tuméfié. Il ne pourrait en être autrement lorsque l’on découvre que celui qui lui a sauté dessus à pieds joints avec sa paire de Nike bleue chausse du 47. Que la victime a été traînée et frappée au sol. Et ce, à deux reprises espacées de plusieurs minutes.

« Un pacte avec le diable, un sorcier »

Dette des stupéfiants ? De téléphone ? Rien de tout cela n’aurait motivé le groupe à se réunir dans ce passage à tabac. Selon les auditions, la victime aurait d’abord prétendu avoir passé un pacte avec le diable. « Il nous tenait des propos bizarres. Il nous parlait de sorcellerie. Il disait qu’il était voyant. Il disait qu’à Fleury-Mérogis, il avait fait de la sorcellerie, pour des gens, pour qu’ils sortent de prison. Il disait qu’il avait fait de la sorcellerie contre des gens. À ce moment-là, on se dit qu’on ne parle pas avec lui. On lui dit de faire son tour, mais ce jour-là il était bizarre », témoigne un des auteurs.

Vidéos :

Il promettait de violer mères, sœurs et femmes

Dans la foulée, le pseudo-sorcier aurait commencé à menacer les proches des autres détenus.

« Il a dit qu’il allait sortir bientôt et qu’il allait violer nos mères, nos sœurs, nos femmes qu’il avait vues au parloir. »

Un des cinq prévenus

Le tout en fournissant des détails sur les lieux de vie des proches désignés. De là sont partis les premiers coups.

Aujourd’hui rétablie, la victime âgée de 26 ans, nie en bloc. « Peut-être qu’ils entendent des voix. Et je n’insulte pas les gens, je leur ai dit vous êtes cons. »

En attendant le procès, tous ont été maintenus en détention.

Pourquoi la surveillante n’a rien vu ?

Parallèlement, une procédure pourrait être engagée contre la surveillante qui, selon certaines sources, se serait assoupie au moment de la bagarre.

Elle a assuré aux enquêteurs qu’elle « regardait ailleurs quand il a subi des violences. Je ne savais pas ce qu’il se passait. » Elle soutient qu’elle était concentrée sur les éventuels yoyos. Il s’agit d’un système qui permet aux détenus de se faire passer des objets d’une fenêtre à l’autre avec une ficelle.

« Et puis, la disposition de la guérite, des angles des murs et la position du fauteuil ne donnent pas la meilleure visibilité (sur cette cour). Quoi que l’on fasse, on ne peut rien changer. »

La surveillante dans son audition

L’alerte est sonnée depuis des années

L’ensemble témoigne de la fin de vie d’une prison vieille de 45 ans. Les derniers chiffres de la détention à Bois-d’Arcy montrent un taux d’occupation supérieure à 200 %. En décembre 2022, la contrôleuse générale avait demandé la suspension des incarcérations à cause de cette situation mais aussi pour des raisons d’hygiène et de sécurité.

En avril 2023, les barreaux d’Île-de-France avaient attaqué l’État en justice à cause de la vétusté des lieux.

Plus récemment, en juin 2024, le bâtonnier de Versailles, Raphaël Mayet, avait déclenché la sonnette d’alarme en termes de surpopulation carcérale à l’aube des Jeux olympiques.

Entretemps, le 27 novembre 2023, un détenu avait réussi à se faire la malle en se cachant dans un camion de jouets. Il avait profité d’une pause cigarette de deux surveillants pour se cacher à l’intérieur. L’agent chargé du contrôle à la sortie n’avait jeté qu’un coup d’œil. Il avait assuré ne pas avoir suivi la formation adaptée, notamment pour monter dans le camion pour vérifier derrière les cartons. C’est là que s’était caché l’évadé.

Au tribunal de Versailles, la maison d’arrêt est réputée auprès des avocats pour être un endroit où « l’on rentre avec un brevet des collèges en criminalité pour en ressortir avec un bac + 5. » Ils le plaident.




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