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le Secours populaire excédé de « l’indifférence »



Il y a des nouvelles qui glacent le sang. Pour le Secours populaire de Colomiers, elles révoltent autant qu’elles attristent. Mercredi 5 mars 2025, Cédric, 45 ans, a été retrouvé décédé dans sa voiture par un membre de l’association. Au sein de sa Citroën C3 Picasso dans laquelle il dormait chaque jour, sur le parking municipal de la place de Rouergue à Colomiers, devant le Super U, près de Toulouse. Son unique refuge. « Par manque de nouvelle, un ami à lui avait contacté le Secours populaire qui a ensuite appelé le 112 », indique une source policière. Sur place, l’unité de Colomiers du Secours populaire a trouvé son protégé sans vie. 


Une autopsie en cours

« On suppose qu’il était décédé deux jours avant, nous ne l’avions pas vu depuis le vendredi », déplore Benjamin Blanc, le secrétaire général du comité de Colomiers. Une autopsie est en cours pour déterminer la date exacte de la mort du prénommé Cédrick.

«  Il est mort seul. Seul dans sa voiture. Seul dans l’indifférence générale », s’indigne le Secours populaire de Colomiers, qui en prenait soin depuis près d’un an. « Cédrick est venu nous voir en mai 2024. Ici, il pouvait souffler, se doucher, se raser, manger avec nous, se sentir un peu humain », explique l’association.

Un homme abîmé par ses crises d’épilepsie

L’ancien cariste avait perdu son emploi l’an passé, « notamment à cause de sa maladie », explique Benjamin Blanc à Actu Toulouse. Depuis, il ne voyait plus son fils qui habite à Colomiers avec son ex-compagne. Ses uniques relations étaient devenues celles des travailleurs et bénévoles du Secours Populaire avec qui il mangeait et restait l’après-midi au moins deux fois par semaine.

Et en l’espace de dix mois, « nous avons vu son état se dégrader sous nos yeux : ses jambes qui gonflaient, ses crises d’épilepsie qui se multipliaient », raconte l’association. Et c’est là que la colère monte…

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« Les dossiers sont en cours » : la réponse qui rend colère du Secours populaire

« Nous l’avons emmené chez les médecins. Nous avons alerté, supplié, signalé son cas aux services sociaux. Toujours la même réponse glaciale : ‘Nous connaissons la situation de Monsieur. Les dossiers sont en cours. Appelez le 115′. » Le 115, débordé, saturé. Les dossiers, toujours en cours…

L’association poursuit : « Cédrick ne voulait plus des foyers où la violence, l’alcool et les vols dévorent ce qu’il reste d’espoir. Il voulait juste un toit, un espace où respirer sans avoir peur. Il voulait revoir son fils, lui offrir un peu de stabilité, même fragile. » Sa situation avait même suscité un élan de solidarité chez les habitants de Colomiers, auprès de qui il avait crié sa détresse sur les réseaux sociaux. Couvertures et nourriture lui avaient été apportées. 

« Mais ce rêve s’est éteint, comme lui, sur le siège d’une voiture glaciale. »

« Des Cédrick, on en a malheureusement plein d’autres ! »

Après dix mois de démarches vaines pour s’en sortir, Cédrick a vécu son dernier souffle mercredi 5 mars. « Et des Cédrick, malheureusement, on en a plein ! » s’exclame Benjamin Blanc. Las de cette situation devenue, dit-il, « trop banalisée ». « J’ai des Nathalie, des Youness qui vivent en voiture… » Connaîtront-ils le même sort ?

Pris de désarroi, le Secours Populaire interroge  alors : « Combien faudra-t-il de Cédrick pour que les choses changent ? Combien d’hommes et de femmes doivent mourir dans l’indifférence avant que l’on réagisse  ? » L’association reproche notamment « aux institutions de rester sourdes ». Jusqu’à combien de Cédrick ? 



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