Près de 20 000 euros ont été découverts dans les Yvelines, dans un sac de sport siglé de la franchise Basic-Fit. Cette belle somme d’argent n’est pas tombée dans l’escarcelle d’un promeneur mais dans celle des Douanes.
Dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 février 2025, les agents sont de faction à la barrière de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines. Vers 3h, une Audi A1 Sportback arrive à eux. Ils décident du contrôle. Et ils ne vont pas être déçus. D’abord par la somme précise de 19 280 euros. Et ensuite par les explications du conducteur.
Il lave les voitures et les canapés
Selon l’homme, ce pactole serait le fruit de ses économies. Celles accumulées par son travail non déclaré de laveur de voitures. Mais pas que : « Je nettoie aussi les canapés et tout ce qui se lave. »
Le premier problème est, qu’au-delà de 10 000 euros transportés, il est obligatoire de se signaler aux douaniers. Pourtant, Jessie leur a répété plusieurs fois : « Rien à déclarer. »
Deuxième difficulté : l’analyse des billets a révélé une concentration supérieure à la normale de cocaïne, de morphine, de cannabis et encore d’amphétamine. C’est toujours le cas pour de l’argent qui circule dans les transactions de drogue, un peu en vase clos.
Enfin, le passé de ce Guyanais n’a pas plaidé en sa faveur. Il a écopé de 2 ans à Cayenne en 2016 pour le transport de 2 kg de cocaïne. Puis de 30 mois à Paris pour trafic de stupéfiants.
« Je ne vais pas vous torturer… »
Confronté à ces charges, Jessie n’a pas démordu de sa version face au tribunal de Versailles. « Cet argent, c’est pour construire ma maison en Guyane ! » Le président s’étonne :
« Mais pourquoi ne le mettez-vous pas sur votre compte ? On a bien vu sur votre téléphone des dépôts d’espèces… Je ne vais pas vous torturer car ce n’est pas dans mon habitude. Mais vous trouvez ça normal de trimballer vos économies comme ça ? »
Le prévenu ne se démonte pas. « Je n’ai pas fait attention. C’était déjà dans la voiture, comme ça. »
Jessie campe également sur le motif de son trajet du jour : Valenciennes – Airvault (Deux-Sèvres) – Saint-Arnoult-en-Yvelines. Au total, il a donc parcouru près de 900 kilomètres pour aller voir une amie avec laquelle il serait resté moins de 30 minutes. C’est la géolocalisation de son téléphone qui le dit à sa place.
Big Boss du Suriname
Et que dire de ces deux indicatifs d’appels : + 594 et + 597 ? Le premier est celui de la Guyane. Le second du Suriname, pays frontalier et surtout plateforme du trafic de cocaïne. « Ce qui est intéressant, c’est qu’au numéro +597 est accolé le nom de Big Boss. Par expérience, on sait qu’il s’agit du surnom que l’on donne au patron d’un trafic au Suriname », précise le juge.
Plus ça va, moins ça va pour Jessie qui ne livre plus aucune explication. Pas même lorsque le tribunal résume la situation : « Quel que soit ce que vous avez fait, transporter vos économies ou celles des autres, vous êtes coupable. Nous sommes d’accord ? » Un simple signe de tête donne la réponse.
Aux 3 ans demandés par le parquet, la justice a répondu par une peine plus sévère : 4 ans avec incarcération immédiate.
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