Première source de déchets en Île-de-France, le BTP (bâtiment et travaux publics) génère des quantités astronomiques de déblais : plus de 27 millions de tonnes en 2022. Près de 20 % de ces flux de terres et de gravats sont expédiés dans les régions voisines – Normandie en tête – où ils servent à remblayer des carrières en fin d’exploitation.
Chantiers du Grand Paris : des déchets « inertes » ?
Ces déchets sont dits « inertes » : ils ne sont pas censés se dégrader ni causer de dommages à l’environnement ou à la santé humaine. Pourtant, leur accueil suscite localement des levées de bouclier parmi les élus, riverains et associations environnementales, inquiets des nuisances (bruit, poussière, camions, etc.) et des risques de pollution des sols et des eaux. Ces opposants refusent que leur territoire devienne « la poubelle de l’Île-de-France ».
Où se trouvent les carrières concernées ? Comment les entreprises et les services de l’État contrôlent-ils la traçabilité et la qualité des terres exportées ? Quelles sont les failles identifiées ? Réponses dans notre enquête en deux parties.
- Chapitre 1 : la carte des carrières situées hors de l’Île-de-France, qui sont remblayées avec des déchets inertes de région parisienne. Nous avons identifié 41 sites, principalement en Normandie, Centre-Val de Loire et dans les Hauts-de-France. Un quart présente des entorses à la réglementation.
- Chapitre 2 : Le dilemme d’un village face aux déblais du Grand Paris. À Muids, petite commune de l’Eure située en bord de Seine, un vaste projet de remblaiement fait polémique : opération « écologique » ou « dépotoir », affaire de gros sous ? Un exemple révélateur des dissensions autour de l’accueil des déchets de chantier franciliens.
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