Home Faits Divers le procès de ce directeur d’école accusé par plusieurs collègues

le procès de ce directeur d’école accusé par plusieurs collègues

28
0



« Ça s’appelle une prise d’otage ». La présidente du tribunal de Lille (Nord) ne mâche pas ses mots en évoquant une situation pour le moins surprenante. Ni le prévenu, ni son avocat ne sont présents au procès ce jeudi 27 février 2025, pour faire face aux trois femmes présentes qui accusent ce directeur d’école de harcèlement moral et sexuel. Si dans un mail envoyé la veille, son avocat soumet un certificat médical le déclarant dans l’incapacité de venir, la présidente rappelle à l’intention de l’audience que ce certificat a été établi au mois de décembre, soit deux mois auparavant. Pourtant, les faits qui lui sont reprochés sont particulièrement graves, puisque celui-ci est accusé par toutes de harcèlement moral et par certaines de harcèlement sexuel, le tout sur leur lieu de travail et le temps personnel.

Un directeur d’école accusé de harcèlement jugé à Lille

Les faits qui lui sont reprochés se seraient déroulés de 2016 à 2022. Au total, quatre femmes ont porté plainte contre le directeur d’école, mais seulement trois étaient présentes le jour de l’audience. La quatrième ne se sentait pas de faire face à l’accusé, finalement absent. Les plaignantes, toutes entendues par la police auparavant, décrivent un même mode opératoire : « dès qu’une nouvelle enseignante arrivait, il proposait son aide et se montrait amical, puis ne les lâchait plus ». En effet, les trois plaignantes présentes étaient nouvelles dans l’établissement quand les faits ont débuté.

Des messages et des appels de plus en plus intrusifs

L’accusé aurait au début proposé son aide, n’hésitant pas à se montrer entreprenant pour construire des projets ou alléger la charge de travail… quitte à faire des interruptions constantes dans la salle de classe, à tel point que des élèves auraient demandé à l’une des enseignantes : « Il est amoureux de toi le directeur ? ». En parallèle, toutes expliquent recevoir des messages et des appels sur leur temps personnel. S’ils sont d’abord professionnels, rapidement le directeur commence à leur parler de sa vie personnelle, allant jusqu’à parler de ses conquêtes.

Devenant de plus en plus insistant, toutes ont fini par lui demander d’arrêter. C’est à ce moment-là qu’elles décrivent avoir découvert une nouvelle partie de sa personnalité. Le ton amical devenait froid, voire glacial. Les interruptions continuaient, mais cette fois-ci toujours accompagnées de reproches et d’humiliations. Son comportement devenait de plus en plus rabaissant jusqu’à les faire craquer. Plusieurs présentent encore aujourd’hui des signes d’anxiété et de dépression.

Remarques, blagues et gestes déplacés

Jugé aussi pour des faits de harcèlement sexuel, le directeur de l’école aurait notamment à de nombreuses reprises été l’auteur de violences sexistes et sexuelles. Blagues, remarques et gestes déplacés, si une seule des plaignantes l’accuse de harcèlement sexuel, toutes dénoncent son comportement. L’une évoque ses blagues qu’elle qualifie de « salaces », une autre évoque les remarques perpétuelles sur ses tenues. La présidente du tribunal raconte aussi une scène évoquée par l’enseignante absente à la police. Un soir au « pot de l’amitié » organisé avec l’association de parents d’élèves, elle est allée dans sa salle pour récupérer des affaires. Il serait alors arrivé et aurait fermé la porte et essayé de l’embrasser avant d’exercer une pression pour une relation sexuelle en l’empêchant de s’enfuir. C’est finalement l’intervention de la présidente des parents d’élèves, qui «  connaissait le profil  » du directeur, qui l’a stoppé.

En remontant avant les faits de 2016 décrits par la première plaignante, il s’avère que le directeur d’école avait déjà été muté pour un « dossier très lourd ». Un rapport de l’inspecteur académique qui date de 2011, décrit un enseignant « en totale perte de repères professionnels ». La situation est telle qu’il finit par obtenir une « mutation prioritaire » qui lui permet d’arriver dans la métropole lilloise.

Une interdiction définitive de travailler dans un établissement scolaire requise

L’expertise du psychiatre révèle des troubles obsessionnels, une recherche perpétuelle d’autorité et un syndrome dépressif. Pour éviter une réitération des faits qui lui sont reprochés, les deux avocats des plaignantes, requièrent l’interdiction définitive de travailler dans un établissement scolaire. Une demande partagée par le parquet de Lille, qui plaide également pour un an d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une obligation de soins.

La sentence devrait être prononcée dans le courant du mois de mars. Affaire à suivre.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here